Brady Tkachuk vient à peine de compléter une des saisons les plus chargées et difficiles de sa carrière. Il plonge tête première vers une nouvelle saison, l’été, qui ne sera pas moins chaotique. À la suite de la naissance de sa fille, Layla, il est maintenant le capitaine d’une petite famille qui compte quatre personnes.
Tkachuk et sa conjointe Layla ont accueilli la petite Layla dimanche matin, 14 heures après l’élimination subie par les Sénateurs en première ronde des séries éliminatoires de la coupe Stanley. Lundi soir, Tkachuk est revenu à Ottawa dans le but d’obtenir sa rencontre de fin d’année avec l’entraîneur-chef Travis Green. Il en a profité pour discuter avec les représentants des médias.
« Eh bien, j’aurais préféré que la saison morte débute un peu plus tard. J’aimerais que notre équipe soit toujours dans la course », a-t-il déclaré d’emblée.
« Je suis privilégié d’être un père de famille et d’appartenir à une famille de quatre personnes. J’ai eu la chance de goûter à cette nouvelle vie pendant quelques heures, lundi, avant de prendre un vol vers Ottawa. Je crois que ce sera un été très chaotique. J’en suis très heureux. Sinon, durant l’été, je devrai faire comme chaque année et utiliser ce que j’ai appris au cours de la dernière saison pour m’améliorer. Je vais tout faire pour atteindre le prochain niveau, comme j’en suis capable. Je suis convaincu que je peux atteindre cet objectif. Je vais bientôt me mettre au travail pour revenir encore plus fort physiquement et mentalement. »
Tkachuk dit que les spéculations en ce qui a trait à son avenir à Ottawa, en ligne et dans les médias, devient frustrant. Il reste deux années à écouler au contrat de l’ailier de 26 ans. Il ne pourra pas signer une prolongation de contrat avant le 1er juillet 2027.
« Je crois bien vous l’avoir dit une centaine de fois auparavant. Je n’ai jamais parlé d’un désir de partir et l’équipe n’a jamais rien dit en ce sens non plus. J’ai toujours cru au potentiel de cette équipe. J’ai toujours cru que je pouvais jouer pour cette ville. La ville a toujours été très bonne pour moi », dit Tkachuk.
« Je ne peux pas vraiment parler d’une prolongation de contrat puisque cette prolongation ne sera pas accessible avant un an. Je ne peux rien faire à court terme », ajoute le joueur, qui compte bien rencontrer le directeur général Steve Staios à son retour de voyage. Staios est présentement en Europe, où il assiste au Championnat mondial des moins de 18 ans de l’IIHF. Il profitera de cette rencontre pour discuter de façons d’améliorer l’équipe. Tkachuk cherchera également à savoir ce qu’il peut faire pour être un meilleur joueur et un meilleur capitaine.
« C’est difficile. De nos jours, avec les algorithmes, on ne contrôle pas tout. Les rumeurs nous sautent au visage. La seule chose que je peux faire, c’est me tenir le plus loin possible de Twitter. C’est probablement la plateforme où ces rumeurs se propagent le plus facilement. C’est pourquoi j’ai pris la décision de me débarrasser de Twitter. Chacun a droit à son opinion. Et on ne peut pas contrôler l’opinion des autres. Je veux juste dire que je crois en moi. Je connais mes valeurs. Je connais mes intentions, chaque jour, et c’est tout ce que je peux faire. »
Alors, à quoi pense Tkachuk, quand il prépare sa neuvième saison dans la LNH?
Dans le passé, le capitaine a parlé de son désir de prendre part à des matchs importants — comme à la Confrontation des 4 Nations, aux Jeux olympiques et dans les séries de la coupe Stanley — pour ajouter à sa motivation en tant que joueur. C’est pourquoi la sortie hâtive des Sénateurs en séries lui fait particulièrement mal.
« Je ne pense pas que quiconque ait plus d’attentes envers moi que moi-même. Je veux dire, je pense avoir démontré par le passé que ce sont justement ces matchs-là où je me montre à la hauteur, où je joue bien et où je laisse ma marque, et je ne pense pas que quiconque soit plus frustré que moi par la façon dont les choses se sont déroulées. En fin de compte, je n’ai pas assez bien joué », a déclaré Tkachuk.
« Et j’ai essayé de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour relancer mon jeu, pour avoir un impact. J’avais juste l’impression que rien ne marchait, que rien n’entrait, que rien n’allait dans mon sens. Mais je vis avec ça, et c’est ce qui est difficile, en tant que joueur, pour moi-même : je crois que je peux être ce joueur-là, et j’en ai toujours été fier. »
Malgré la déception liée à la difficile fin de saison, Tkachuk peut se targuer d’avoir connu sa deuxième meilleure saison sur le plan statistique. Ses chiffres en défensive n’ont jamais été aussi bons. Il dit que sa perspective a changé quand il a été appelé à se frotter au meilleur trio d’Équipe Canada, qui était composé de Nathan MacKinnon, Macklin Celebrini et Connor McDavid.
« J'ai adoré ça. J'adore affronter les meilleurs joueurs du monde. Et pour moi, ça me permet de m'améliorer et, je suppose, de gagner en confiance pour y arriver jour après jour, tout en ayant confiance en mon propre jeu dans ce processus. Et j’adore simplement être sur la glace face aux meilleurs joueurs, et je suppose que voir qui sera le meilleur joueur sur la glace ce soir-là, je pense que c’est toujours un défi stimulant », a déclaré Tkachuk.
« Je peux apprendre beaucoup d’un joueur comme Shane Pinto, d’un joueur comme Claude Giroux, qui a fait ça toute sa carrière. Jake Sanderson, Artem Zub et tous ces gars qui affrontent les meilleurs chaque soir… Je peux apprendre d’eux non seulement leur approche, mais aussi comment leur jeu a évolué… Ils ont tous fait un excellent travail face à ces adversaires. Donc, renforcer ma confiance dans ces situations, c’est quelque chose sur quoi je veux continuer à travailler. »
Avant de quitter le podium, Tkachuk a tenu à lancer un message aux partisans des Sénateurs.
« Nous n’avons pas vraiment pris le temps de parler des partisans des Sens durant cette conférence de presse, mais j’aimerais les remercier du fond de mon cœur. Je suis reconnaissant pour tout ce qu’ils font pour notre équipe, pour moi, pour ma famille, année après année. J’aimerais vraiment qu’on soit encore en train de jouer pour eux. Les partisans nous donnent beaucoup d’énergie, beaucoup d’amour. Tout ça rend la défaite de cette année encore plus douloureuse. Je veux quand même remercier tous nos fans. Merci d’être là pour nous. »


















