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LAS VEGAS – William Carrier avait déjà vécu tout ça : les gants dans les airs, les longues accolades, les célébrations grandioses et la Coupe Stanley au bout des bras. Sur cette même glace, dans l’uniforme des Golden Knights de Vegas, en 2023.

Mais dès le moment où il a renoué avec le trophée tant désiré au terme du triomphe en six matchs des Hurricanes de la Caroline, il a su qu’il passerait exactement par la même gamme d’émotions.

« Le feeling est pareil », a-t-il lancé en hochant la tête, comme s’il n’y croyait pas. « Je ne pensais jamais me rendre ici. Quand tu en gagnes une, tout arrive vite. Là, j’en ai une deuxième. Je trouve ça incroyable. »

La plus grande différence, c’est que Carrier a pu apprécier davantage les moments qui ont mené à ce grand soir de fête. Plus mature et expérimenté, il a pris le temps de profiter de toutes les étapes du parcours de siens – une fiche de 16-3 – en voyant bien qu’il se profilait quelque chose de spécial à l’horizon.

« Je prends le temps de la savourer celle-là, a-t-il renchéri. La première, ça va vite, il y a beaucoup de choses qui se passent et c’est de l’inconnu. […] Dans ce vestiaire, on dit toujours qu’il faut gagner la journée. C’est de même depuis le début du camp d’entraînement. On gagne la journée et on va de l’avant. »

CAR@VGK: La Caroline reçoit la Coupe Stanley

C’est exactement cette mentalité qui a rapidement fait croire à ses parents André et Marlène qu’ils allaient peut-être avoir la chance de revivre une autre conquête, presque trois ans jour pour jour après la première – et huit ans après la défaite crève-cœur de Carrier et des Golden Knights en finale, en 2018.

« C’est un peu différent, mais on savait qu’on s’en allait vers quelque chose de bien en regardant leur parcours, a souligné son père, les yeux aussi humides qu’en 2023. C’est une équipe tissée serrée qui a joué de façon tellement disciplinée que ça devenait une évidence (qu’ils allaient gagner). »

« C’est aussi émotif, a confirmé sa mère après les retrouvailles avec William. La première, on ne savait pas où on s’en allait. Pour la deuxième, on a pu mieux apprécier les efforts et la persévérance que ç’a pris pour aller jusqu’au bout. Deux fois champion de la Coupe Stanley, tu ne peux même pas penser à ça. 

« Avec une, on était comblés. Avec deux, c’est vraiment génial. »

Des fêtards de plus

Et cette fois, la petite Stella – 6 ans – et son frère Zachary – 4 ans – ont eux aussi pu apprécier le parcours. Ils ont accompagné leur mère Caroline à Montréal, en finale de l’Est, et ils étaient de retour au T-Mobile Arena pour prendre part aux célébrations de façon beaucoup plus consciente que la première fois.

Stella s’est amusée à lancer des confettis aux couleurs des Hurricanes sur son papa pendant qu’il était en entrevue, et Zachary a nagé dans ceux-ci, étendu sur la glace, après la victoire.

Carrier confettis

« Ils m’en ont parlé, ils n’ont pas arrêté de m’en parler, a rigolé Carrier. Ils savent très bien ce qui se passe, ce soir. Ils sont plus vieux. J’ai hâte de le partager avec eux. »

Il a également pu partager ces précieux moments avec ses frères Alexandre et Gabriel. Ce dernier a d’ailleurs fait amende honorable après avoir raté la première conquête en raison d’un voyage en Suisse, il y a trois ans. Cette fois, toute la famille était réunie pour lancer un autre été de festivités.

« Je me souviens encore qu’on jouait au hockey en arrière, les trois ensemble, a raconté Gabriel, le cadet. J’ai toujours eu du plaisir à suivre mes frères dans le hockey. Depuis qu’il est tout petit, c’est le rêve de Will. Je n’aurais jamais pu penser qu’il serait un double champion de la Coupe Stanley un jour. »