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William Villeneuve croyait bien que sa saison était terminée pour de bon quand les Sea Dogs de Saint-Jean ont été éliminés des séries éliminatoires de la LHJMQ, il y a quelques semaines. Il comptait s'accorder deux semaines de repos avant d'amorcer son entraînement estival.

Mais voilà que le défenseur de 19 ans a maintenant un premier match professionnel derrière la cravate avec les Marlies de Toronto. Au Centre Bell. Contre Carey Price et Brendan Gallagher. Rien de moins.
« C'est encore dur à réaliser un peu », a-t-il lancé au bout du fil, mardi, au lendemain d'un gain de 2-0 des siens face au Rocket de Laval. « Ce n'était pas la LNH, mais c'est un rêve en quelque sorte de jouer au Centre Bell dans un match professionnel. Ç'a bien été en général, et je suis bien content.
« Je savais déjà que je jouais quand les Canadiens ont annoncé que Price et Gallagher allaient disputer le match. Ç'a apporté une motivation supplémentaire. Ce sont des gars que je regardais, il n'y a pas si longtemps, et qui étaient des idoles. C'était spécial de jouer contre eux. »
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C'est que son téléphone a sonné, il y a quelques jours, et on l'a informé que les Maple Leafs souhaitaient lui offrir un essai amateur et lui permettre de rejoindre les Marlies pour la fin de la campagne. Sélectionné au quatrième tour au dernier encan, il a donc une occasion en or de se familiariser avec l'organisation pour encore deux matchs.
Il a surtout une chance de laisser une belle carte de visite, à l'aube de la dernière saison dont il bénéficie pour convaincre la formation torontoise de lui octroyer un contrat de recrue. Ce n'est pas un privilège qui est donné à tout le monde, surtout dans une saison aussi complexe que celle-ci.
« Je sais que c'est plus difficile de le faire à cause de la pandémie et des restrictions, et je suis reconnaissant que les Marlies aient entrepris les démarches pour m'amener avec l'équipe », a fait valoir celui qui a dû faire une courte quarantaine à Montréal et se soumettre à plusieurs tests de dépistage à la COVID-19.
« L'objectif est de me donner de l'expérience et de voir où j'en suis rendu dans mon développement. C'est une belle marque de confiance et un pas dans la bonne direction pour moi. J'ai encore beaucoup de travail à faire, mais je veux laisser une bonne impression ici. »
Défenseur le plus productif du circuit junior québécois grâce à une récolte de 58 points, dont neuf buts, en 64 rencontres l'an dernier, Villeneuve a enchaîné avec une campagne un peu moins productive. Il a amassé trois buts et 17 aides en 33 matchs et a conclu avec un différentiel de plus-7.
Il affirme tout de même être plus satisfait de la qualité de son jeu dans son ensemble, et croit s'être approché de son objectif ultime.
« Je suis vraiment content des progrès que j'ai faits dans tous les aspects du jeu, a dit le Sherbrookois. J'ai été beaucoup plus efficace sur 200 pieds, et je crois avoir amélioré mon jeu avec mon bâton et mon positionnement en zone défensive. Ç'a été mon focus cette saison. »
Faire plus avec moins
Ces progrès ne lui ont toutefois pas été offerts sur un plateau d'argent. S'il a eu la chance de disputer des matchs grâce à l'acharnement de la LHJMQ, les équipes du Nouveau-Brunswick ont été mises au repos forcé pendant près de quatre mois, en plein coeur de la saison, en raison de la situation sanitaire dans la province.
Elles n'ont pas pu jouer de matchs, mais elles ont pu s'entraîner. De son côté, Villeneuve en a fait encore davantage en s'entraînant deux fois par semaine avec l'entraîneur adjoint des Sea Dogs, Stefan Legein, selon un plan établi par Stéphane Robidas, le directeur du développement des joueurs des Maple Leafs - ce dernier a depuis laissé son poste pour devenir entraîneur-chef des Cantonniers de Magog.
« J'ai beaucoup travaillé avec Stéphane par Zoom, on a fait du vidéo et tout ça, a expliqué le défenseur. Il nous envoyait des exercices et des choses à améliorer et on venait à l'aréna en soirée pour travailler sur ce qu'il avait identifié. Ça m'a beaucoup aidé dans mon développement.
« Le fait de pouvoir travailler sur mes habiletés individuelles a amené mon jeu à un autre niveau. Ç'a été payant. »