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MONTRÉAL – Personne ne s’attendait à voir Macklin Celebrini et les Sharks de San Jose au plus fort de la course pour une place en séries éliminatoires, avec un mois à faire à la saison.

Cet objectif, autrefois illusoire, est toutefois devenu une réalité bien concrète.

Avec 19 rencontres à faire au calendrier – dont la prochaine face aux Canadiens de Montréal au Centre Bell, samedi – la formation californienne est à un petit point de la deuxième place de quatrième as dans l’Association de l’Ouest, avec deux matchs de plus à disputer.

« C’est génial. C’est dans cette position que nous voulons nous retrouver, a lancé l’attaquant de 19 ans, principal responsable des succès des Sharks. La course est serrée, très serrée. À ce point-ci, tout peut arriver. Nous allons tout donner pour tenter de nous faire une place. »

Le hockey est un jeu d’équipe, mais le sort des Sharks repose en grande partie entre les mains du jeune prodige. Celebrini a jusqu’ici récolté 33 buts et 91 points en 63 matchs. C’est 14 buts et 46 points de plus que son éternel complice Will Smith, son plus proche poursuivant chez les Sharks. 

Ces chiffres témoignent bien de son importance. Ils sont nettement suffisants pour expliquer le fait que le nom de Celebrini soit évoqué quand il est question des candidats sérieux à l’obtention du trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe. Et il y a plus que ça.

« On parle des points, mais il est le leader de cette équipe, a commenté le défenseur Vincent Desharnais. C’est lui qui se lève quand il y a quelque chose qui ne va pas. Il va faire un gros jeu, marquer un gros but, faire un gros repli, s’impliquer physiquement... Il va montrer des émotions.

« Il veut gagner. Il y a une hargne en lui. Je suis sûr qu’il aimerait avoir un trophée, mais son plus gros but est de participer aux séries éliminatoires. »

Celebrini n’a plus à prouver l’impact qu’il peut avoir sur les résultats collectifs. Il doit cependant démontrer qu’il est en mesure de poursuivre sur sa lancée dans un contexte de course aux séries éliminatoires. Il doit montrer la voie à un noyau de jeunes joueurs qui n’ont pas plus d’expérience que lui dans cette situation.

SJS@BUF: Celebrini inscrit les Sharks au tableau

Dans la formation des Sharks qui a signé un gain de 4-2 face aux Bruins de Boston, jeudi, il n’y avait que cinq attaquants, trois défenseurs et un gardien avec de l’expérience éliminatoire. Malgré la présence de bons vétérans, les jeunes du noyau devront eux-mêmes apprendre sur le tas.

Cet apprentissage, on le sait bien à Montréal, n’est pas nécessairement linéaire.

« Si nous voulons demeurer dans cette course, nous devons jouer d’une certaine façon de manière constante, a expliqué l’entraîneur-chef Ryan Warsofsky. Est-ce que ce sera parfait tous les soirs? Non. Est-ce qu’on aura notre lot de problèmes, certains soirs? Assurément.

« On doit prendre les bonnes décisions avec la rondelle. On doit tirer des leçons de notre gestion de match. Si le vent change de côté, on doit continuer à jouer de la bonne façon pour gagner ces matchs. »

Sans pression

La beauté de la chose, c’est que le niveau de pression est plutôt bas chez les Sharks même si les attentes ont été rehaussées depuis le début de la campagne. Cette équipe est encore au beau milieu de sa reconstruction, et ce ne serait pas un drame si elle se battait jusqu’au bout sans participer aux séries.

« Ça peut ajouter un peu de pression, c’est sûr, a reconnu Desharnais. En revenant de la pause, on parlait beaucoup des séries et on voyait loin. On a vite changé ça pour nous concentrer sur un match à la fois. Au bout de la ligne, les attentes n’ont pas changé. Il n’y en a pas d’attentes.

« Nous, on a un but. On ne l’atteindra pas aujourd’hui. Il reste 19 matchs à la saison. Chaque match a tellement d’importance, il y a tellement d’émotions. Que les jeunes puissent vivre ça, c’est malade. »

Les vétérans, eux, devront s’assurer que leurs jeunes comparses gardent les yeux sur l’objectif. Les Sharks comptent tout de même sur trois champions de la Coupe Stanley – Tyler Toffoli, Barclay Goodrow (2) et Dmitry Orlov – et sur deux arrières qui ont déjà pris part à la finale – John Klingberg (2) et Desharnais.

Il ne faut pas sous-estimer leur apport en des temps aussi tendus.

« Il faut garder une constance dans notre jeu et comprendre l’importance de chaque petit point, a conclu Toffoli. Si on joue de la bonne façon tous les soirs, on va parvenir à notre objectif. »