Dobes Lyons badge Thibault

Choix de premier tour des Nordiques de Québec au repêchage de 1993, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est aujourd’hui actionnaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il collabore depuis plusieurs années avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 32 filets de la Ligue.
 
Il est probablement un peu tôt pour parler de « printemps Dobes », mais qui sait, on est peut-être en train d’assister à une histoire similaire à celle de 2010.

Jakub Dobes a été excellent dans l’ensemble de la série contre le Lightning de Tampa Bay, mais il s’est surtout levé au moment où ça comptait le plus. Dans les trois derniers matchs de la série, il a conservé un taux d’efficacité de ,961 et une moyenne de buts alloués de 1,27 (contrairement à ,883 et 2,60 pour les quatre premiers matchs). C’est exceptionnel.

Il va de soi que les Canadiens ne méritaient pas de remporter le match no 7. Sauf que pour l’ensemble de la série, le CH méritait de sortir gagnant. Sans dire que je n’ai pas été impressionné par le Lightning, je crois vraiment que Montréal a eu le dessus de façon générale. Dans l’ensemble des sept rencontres, Dobes a été meilleur qu’Andrei Vasilevskiy, tout comme la défensive et l’attaque du Tricolore ont été supérieures à celles du Lightning.

Pour Dobes, avoir remporté son duel face à Vasilevskiy ne pourra que faire augmenter son niveau de confiance déjà très élevé. Le jeune homme est « dans sa zone » présentement, et il n’y a aucune hésitation dans son jeu. Quand on combine ça à sa combativité et ses excellentes lectures de jeux, la recette est gagnante.

Pour reprendre la désormais célèbre citation de Martin St-Louis, il apporte sa game dans la game. Il fait ses lectures et il réagit, tout simplement. Ça peut paraître anodin, mais c’est le signe d’un gardien en confiance. Être dans le moment présent, lire et réagir sans réfléchir.

C’est l’ensemble de ces facteurs qui me fait pencher légèrement en faveur de Dobes pour sa confrontation à venir face à Alex Lyon. Il ne faut toutefois pas sous-estimer l’apport du vétéran gardien des Sabres de Buffalo.

Lyon a trimé dur tout au long de sa carrière pour obtenir des occasions de se faire valoir, et il a finalement réussi à se faire un nom en 2022-23 quand il a mené les Panthers de la Floride en séries éliminatoires alors que Sergei Bobrovsky était sur la liste des blessés en fin de saison. Ce fut en quelque sorte le début de la dynastie des Panthers.  

Dobes et Lyon sont deux gardiens similaires sur le plan du caractère et de la combativité. Lyon est plus mobile et plus technique que Dobes, mais je crois que le momentum du moment présent joue en faveur du portier en bleu-blanc-rouge.

Ce qui est dangereux avec les Sabres, c’est qu’ils ne donnent presque rien à 5-contre-5. Parmi les équipes toujours en vie en séries, ils sont au premier rang autant pour le nombre de chances de marquer accordées à 5-contre-5 que pour le pourcentage de chances de marquer obtenues à forces égales. Buffalo compte sur de gros défenseurs physiques et sur beaucoup de poids à l’attaque. Le CH devra absolument profiter de ses chances, particulièrement en avantage numérique.

Ce sera une série très serrée, mais je crois que les Canadiens vont venir à bout des Sabres. Il se passe quelque chose avec cette équipe-là. J’ai vraiment l’impression qu’ils ont au moins une autre ronde à franchir.

Et l’autre élément qui me pousse à favoriser Montréal, c’est Martin St-Louis. À mon sens, il a un énorme impact. On ne peut pas l’enlever de l’équation.

J’ai beaucoup de respect pour Lindy Ruff – je l’ai d’ailleurs eu comme entraîneur à ma dernière saison dans la LNH à Buffalo en 2007-08 – mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer les capacités de St-Louis. Il semble être passé maître dans l’art de préparer ses hommes à affronter chaque situation et à dire les bonnes choses aux bons moments. St-Louis est un leader exceptionnel, et il nous a prouvé qu’il est capable d’apporter des ajustements entre les matchs ou même pendant un match.

Il ne semble pas y avoir d’entraîneurs comparables au chapitre des compétences et de la capacité à motiver un groupe dans les moments cruciaux. Son apport dans une série fait assurément une différence.

Les gens pourront dire qu’il se passe aussi quelque chose avec les Sabres. C’est vrai, mais je ne gagerais pas contre Martin St-Louis. Ma prédiction : Canadiens en 6.

Bonne deuxième ronde à tous!

- Propos recueillis par Philippe Landry, pupitreur LNH.com

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