Celebrini joue avec un autre très bon jeune ailier en Will Smith, le quatrième choix au total au repêchage de 2023. Si Smith a un grand potentiel, il n’a pas encore atteint le statut d’un ailier d’impact.
À la mi-mars, les Sharks ont présentement une place en séries éliminatoires. Avant les matchs de vendredi soir dans la LNH, ils se retrouvent comme la deuxième équipe repêchée dans l’Association de l’Ouest. Pour moi, il s’agit de la plus belle surprise dans la Ligue. Et cette surprise n’existerait pas sans la magie de Celebrini.
Aux Jeux olympiques de Milano Cortina 2026, Celebrini a montré sur une immense scène son talent unique. Il a terminé au deuxième rang des marqueurs avec 10 points (cinq buts, cinq passes) en six matchs. Avec Connor McDavid, qui a fini au sommet avec 13 points, Celebrini était le meilleur attaquant de l’équipe canadienne. Dans le match pour la médaille d’or où les États-Unis l’ont emporté 2-1, Celebrini a cogné plus d’une fois à la porte de Connor Hellebuyck.
Je n’ai pas peur de me mouiller. Si les Sharks participent aux séries éliminatoires, Celebrini doit gagner le trophée Hart, qui est remis au joueur le plus utile à son équipe. Celebrini incarne cette définition.
Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Nikita Kucherov obtiendront aussi plusieurs votes. Mais McDavid joue avec Leon Draisaitl, MacKinnon joue avec Cale Makar et Martin Necas, alors que Kucherov joue avec Brayden Point, Brandon Hagel et Jake Guentzel.
Une maturité mentale
Il n’existera jamais une potion secrète pour créer un jeune phénomène dans la LNH. Mais il y a des ingrédients qui reviennent d’un grand à un autre. Dans ma génération, Crosby et Alexander Ovechkin étaient les deux prodiges. Après Sid et Ovi, il y a eu Nathan MacKinnon, Connor McDavid et Connor Bedard.
Bedard n’a pas encore répondu aux immenses attentes, mais il s’y rapproche avec une mauvaise équipe à Chicago. Celebrini passait plus dans l’ombre, même s’il est un premier de classe au repêchage de 2024. Il n’a pas attiré autant l’attention à l’année de son repêchage. Mais il est déjà devenu un phénomène. Ça sort de l’ordinaire quand tu analyses sa domination à un aussi jeune âge.
Les prodiges dans la LNH ont des qualités communes : une grande intelligence et une maturité sociale. Dans le cas de maturité sociale, je parle d’une capacité à porter la pression et les attentes. Ils sont capables de fracasser toutes les barrières sur leur chemin.
Celebrini n’a pas juste un talent fou. Il est aussi déjà un bon meneur. C’est lui qui mène les Sharks. C’est lui qui conduit présentement les Sharks en séries. Il le fait même s’il est toujours le joueur marqué par les autres équipes. Et c’est encore plus difficile puisqu’il n’y a pas deux joueurs étoiles chez les Sharks.