Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.
Aujourd'hui, on leur a posé la question suivante : Ben Bishop a été forcé de mettre un terme à sa carrière en raison d'une blessure à un genou cette semaine. Dans toute l'histoire de la LNH, quel joueur auriez-vous aimé voir poursuivre sa carrière en santé?
Table ronde : Quel joueur auriez-vous voulu voir éviter les blessures?
Notre panel discute de joueurs dont la carrière a été minée par leur état de santé

John Ciolfi, producteur senior LNH.com
J'ai grandi en Nouvelle-Angleterre, alors même si les Penguins de Pittsburgh ont été mon équipe préférée au début des années 1990, j'ai toujours trouvé que Cam Neely était une véritable force de la nature. À mon avis, il demeure l'attaquant de puissance parfait.
Neely était incroyablement fougueux et une vraie menace dans les coins, mais il s'avérait également l'un des meilleurs buteurs de son époque (et dans cette ère de la LNH, ça en dit long). Je me rappelle surtout la saison 1993-94, quand Neely a atteint le plateau des 50 buts, même s'il n'a joué que 44 parties. Et c'est la manière dont Neely a marqué ces buts qui m'a considérablement impressionné: il pouvait battre les gardiens sur un retour ou au milieu des bousculades devant le filet, mais il faisait également preuve d'une certaine finesse qui lui permettait de se moquer de ses adversaires à tout moment.
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J'étais tellement heureux de le voir être intronisé au Temple de la renommée du hockey en 2005, malgré sa carrière écourtée. Je crois que s'il avait pu demeurer en santé, il aurait été considéré comme l'un des plus grands joueurs de son époque. Il possédait toutes les aptitudes d'un attaquant d'élite : la touche offensive, la puissance et la tenacité. J'estime que mêmes mes chers collègues de Montréal auraient aimé en voir plus du numéro 8 des Bruins…
Robert Laflamme, journaliste principal LNH.com
Un que j'aurais pris plaisir à voir jouer pendant beaucoup plus longtemps, c'est Mike Bossy. Le Alex Ovechkin de la fin des années 1970 et des années 1980 était parti pour connaître 15 saisons d'affilée de 50 buts ou plus.
L'ailier droit étoile des Islanders de New York a dû se résoudre à accrocher ses patins à l'âge de 30 ans seulement, au terme de sa 10e saison en 1986-87 - la première au cours de laquelle il n'a pas atteint les 50 buts - en raison de maux de dos chroniques.
Le Québécois natif de Laval a tout de même terminé sa carrière avec 573 buts au compteur! Ça, en seulement 752 matchs. C'est sans compter les 85 autres filets qu'il a obtenus en 129 rencontres en séries éliminatoires.
Bossy a été la machine à scorer des buts de son époque. Il aurait flirté avec le plateau des 800 buts, s'il était resté en santé.
On a beau dire que les buts étaient plus faciles à marquer dans ces années-là pour toutes sortes de raisons, incluant la qualité des gardiens. En contrepartie, les habiles attaquants comme Bossy qui n'hésitaient pas à s'approcher des filets adverses devaient payer le prix de coups de bâton ou de sévères doubles-échecs dans le dos.
Bossy a été rudoyé plus souvent qu'à son tour, malheureusement pour lui et les amateurs de hockey qui auraient aimé le voir à l'œuvre pendant plusieurs autres saisons.
Bossy a reçu une mauvaise nouvelle sur le plan de la santé en 2021. À l'approche de la période des Fêtes, je saisis l'occasion, en mon nom et en celui des amateurs de hockey, pour lui envoyer le plus d'ondes positives dans la lutte qu'il mène.
Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com
Une des grandes ironies de l'histoire de la LNH est que deux des trois meilleurs joueurs de l'histoire du circuit, Mario Lemieux et Bobby Orr, ont vu leur carrière être raccourcie par les blessures, ce qui laisse toujours un certain point d'interrogation lorsqu'on se demande si Wayne Gretzky est réellement le plus grand des grands.
Offensivement, les chiffres de Gretzky sont incroyables, mais ceux de Lemieux le sont tout autant, lui qui est passé à un maigre de point d'atteindre le cap des 200 en 1988-89, alors qu'il avait raté quatre parties. Et que dire de sa saison 1992-93, lorsqu'il avait combattu la maladie d'Hodgkin, un cancer des ganglions, et qu'il avait maintenu une moyenne de points par match de 2,67, la troisième meilleure de l'histoire, en 60 parties. S'il en avait disputé 84, comme il était prévu au calendrier lors de cette saison, il aurait logiquement battu le record de tous les temps de Gretzky en une saison, qui est de 215 points.
Gretzky a connu ses meilleures années au début des années 1980, probablement l'époque où les gardiens ont été les moins efficaces de l'histoire de la Ligue, et où les systèmes défensifs n'avaient rien de très élaboré. Lemieux a dû tenter de se signaler au début des années 1990, au royaume de l'accrochage et des gros bonhommes.
Malheureusement, Lemieux n'aura jamais même pu s'approcher des chiffres de Gretzky en raison des nombreuses parties qu'il n'a pas été en mesure de disputer. Il aura raté un total de 272 matchs entre le début de sa carrière, en 1984-85, et l'annonce de sa retraite, au terme de la saison 1996-97. Il était alors hanté par des problèmes au dos qui l'avait même poussé à prendre une pause, lors de la saison 1994-95. Avec une moyenne de 2,01 points par match ce moment, c'est donc 547 points qui manquent à sa fiche seulement lors de cette période.
Lemieux a ainsi vu ses années qui auraient dû être les plus productives lui être volées en partie par les blessures. Il est revenu au jeu lors de la saison 2001-02, à l'âge de 35 ans. Encore une fois, les blessures ont été au rendez-vous, et son âge avancé l'a ralenti jusqu'à sa retraite à 40 ans, après la saison 2005-06. Malgré tout, il a maintenu la cinquième meilleure moyenne de points par match de toute la LNH lors de ce retour, devancé, entre autres, par deux recrues qui épataient à leur première saison dans la LNH - et la dernière de Lemieux : Sidney Crosby et Alex Ovechkin.
La carrière de Lemieux, aussi spectaculaire soit-elle, aura été un rendez-vous raté avec l'histoire.
Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com
De mon côté, j'opte pour un joueur qui a dû être opéré plus d'une vingtaine de fois au cours de sa carrière, ce qui ne l'a pas empêché d'afficher des statistiques ahurissantes, et j'ai nommé Peter Forsberg.
Nommez une partie du corps, et il y a une chance que Forsberg ait déjà été blessé à cet endroit au cours de sa carrière. Blessure à l'épaule, côtes fracturées, commotions cérébrales, rupture de la rate, problèmes chroniques à un pied. Si les médecins avaient offert des cartes de fidélité, le Suédois aurait probablement obtenu une ou deux interventions gratuites.
Ironiquement, Forsberg a probablement été l'un des joueurs parmi les plus tolérants à la douleur. Il a disputé le match no 7 de la deuxième ronde des séries éliminatoires sans savoir qu'il avait subi une rupture de la rate. Cette blessure lui fait rater le reste des séries, ainsi que toute la saison régulière 2001-02. Il est revenu au jeu à temps pour le premier match du tournoi printanier... et il a remporté le titre des pointeurs en séries avec 27 points en 20 matchs, disputant notamment les deux derniers matchs avec une fracture à un doigt!
C'est finalement sa blessure à un pied qui a eu raison de sa carrière. Après avoir subi de nombreuses opérations et essayé plus de 200 paires de patins, il a été contraint de prendre sa retraite. Il a été limité à 708 matchs de saison régulière, mais il s'est bâti une feuille de route avec laquelle très peu de joueurs peuvent rivaliser au cours de ces 708 parties.
Trophée Calder à titre de recrue de l'année, trophée Art-Ross à titre de meilleur pointeur, trophée Hart à titre de joueur le plus utile. Deux titres de la Coupe Stanley. Deux médailles d'or olympiques. Deux médailles d'or au Championnat du monde. Intronisation au Temple de la renommée du hockey.
Sa moyenne de 1,25 point par match, en saison régulière lui confère le neuvième rang de l'histoire de la LNH, et le septième parmi les joueurs à la retraite.
Imaginez ce qu'il aurait pu accomplir si son corps ne l'avait pas trahi de la sorte!

















