Marner Eichel Leafs Knights

Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.

Aujourd'hui, on leur a proposé l'énoncé suivant : depuis la dernière expansion de la LNH en 1967, 19 équipes ont soulevé la Coupe Stanley à au moins une occasion. Parmi les 15 meilleures équipes du classement général de la ligue en ce moment, on retrouve cinq équipes dont le nom ne se trouve toujours pas sur le Saint-Graal du hockey : les Maple Leafs de Toronto, le Kraken de Seattle, les Golden Knights de Vegas, les Jets de Winnipeg et les Panthers de la Floride.
Quelle équipe qui n'a toujours pas connu l'ivresse d'une conquête de la Coupe Stanley a le plus de chance de mettre fin à sa disette cette saison?

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

Les amateurs de hockey entretenaient beaucoup de doutes à propos des Golden Knights de Vegas en début de saison, mais jusqu'à présent, ils ne déçoivent pas.
La majorité de ces doutes étaient en lien avec la situation devant le filet en raison de l'absence de Robin Lehner pour toute la saison, lui qui est blessé à la hanche. En relève, Logan Thompson fait très bien, et même si l'échantillon est encore petit, il semble posséder les compétences nécessaires pour amener son équipe en séries éliminatoires, et peut-être même jusqu'au bout.
Une fois la question du gardien réglée, on se rend compte que les Golden Knights ont une solide équipe, et que le fait qu'ils aient raté les séries éliminatoires en 2021-22 n'était qu'un accident de parcours lié aux nombreux joueurs blessés. Vegas possède deux solides premiers trios et une profondeur intéressante. En défensive, peu de clubs peuvent se vanter d'avoir des Alex Pietrangelo et Shea Theodore comme arrières numéro un et deux.
Surtout, les Golden Knights possèdent l'expérience du hockey de printemps. L'équipe n'a peut-être que six années d'existence, mais elle a disputé un total de 66 matchs de séries depuis 2017-18, au troisième rang de toute la LNH. En plus, l'entraîneur-chef Bruce Cassidy, qui en est à sa première saison au Nevada, a dirigé 73 matchs éliminatoires depuis 2015-16 - au deuxième rang de la LNH - et il a atteint la finale de la Coupe Stanley en 2018-19.
Avec une telle recette, la sauce risque de prendre.

Gabriel Duhamel, pupitreur LNH.com

Lorsque je me suis prêté au jeu des prédictions en début d'automne, j'estimais que les Maple Leafs de Toronto étaient prêts à passer à l'étape supérieure. Non seulement en gagnant enfin une ronde éliminatoire, chose qu'ils n'ont pas faite depuis 2004, mais également en se rendant jusqu'au bout.
À vrai dire, mettre ces 18 années de disette derrière soi pourrait être l'élément déclencheur du véritable déblocage de cette équipe qui, sur papier, n'a rien à envier à qui que ce soit. Après tout, c'est la troupe de Sheldon Keefe qui a de loin donné le plus fil à retordre au Lightning de Tampa Bay en route vers sa présence en finale de la Coupe Stanley, le printemps dernier.
N'empêche, le début de saison des Torontois (4-4-2 en octobre) m'a rapidement fait douter que l'équipe avait le je-ne-sais-quoi nécessaire pour renverser la malédiction des dernières années. Mais depuis, ils représentent possiblement la meilleure formation du circuit.
Les principales vedettes offensives se signalent, à commencer par Mitchell Marner dont la séquence actuelle de matchs avec au moins un point constitue un record d'équipe. Le noyau défensif, lorsqu'en santé, est également intéressant. La tenue des gardiens est probablement la plus grande plus-value de l'édition actuelle des Maple Leafs en opposition aux précédentes. Matt Murray et Ilya Samsonov donnent véritablement la chance aux Torontois de gagner des matchs autrement que par la bouche de leurs canons offensifs. Par exemple, c'est le brio de Murray (34 arrêts sur 35 tirs) qui leur a permis de freiner la séquence de 13 victoires des Devils du New Jersey, le 23 novembre. C'est ce même Murray qui a été juste assez efficace pour aider les Penguins de Pittsburgh à remporter deux fois la Coupe Stanley en 2016 et 2017.

TOR@MIN: Murray vole Kaprizov en fin de 3e période

Dans une section où le Lightning semble avoir perdu un peu d'éclat, et une association qui comprend la mystérieuse section Métropolitaine, le chemin des Maple Leafs pourrait se tracer de lui-même.

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Nic, tu soulignes que les Golden Knights ont l'expérience nécessaire pour aller loin en séries éliminatoires, et c'est vrai… jusqu'à un certain point. J'aimerais te rappeler que deux des piliers de l'équipe cette saison - Jack Eichel et Thompson - n'ont jamais joué un match des séries depuis le début de leur carrière. C'est ce qui fait en sorte que je me range derrière le collègue Gab sur la question, même si je ne tomberais pas en bas de ma chaise en voyant les Golden Knights tout rafler.
Pour moi, parmi les équipes qui n'ont pas gagné la Coupe Stanley depuis 1967, les Maple Leafs sont le choix le plus logique pour aller jusqu'au bout cette saison. Je conviens toutefois qu'il y a de légitimes questionnements quant au caractère de cette équipe et à sa capacité de gagner quand ça compte vraiment.
Néanmoins, on a beau critiquer les Maple Leafs et leurs meilleurs joueurs, j'ai vraiment senti quelque chose de différent en séries éliminatoires la saison dernière. J'avais prédit que le Lightning l'emporterait et j'ai vraiment cru que j'allais me tromper.
Les Maple Leafs ont donné énormément de fil à retordre à Tampa Bay, et pour une fois, leurs leaders ont été leurs meilleurs joueurs, ce qui n'avait pas été le cas en 2021 face aux Canadiens de Montréal au premier tour. Si Nicholas Paul n'avait pas connu l'un des meilleurs matchs de sa carrière lors du match no 7 contre le Lightning, c'est peut-être Toronto qui aurait atteint la finale contre l'Avalanche du Colorado. On aurait alors un discours fort différent en ce moment, j'en suis convaincu.
Je n'ai d'autre choix que de leur laisser une ultime chance. On peut douter des Maple Leafs, mais qui ne voudrait pas avoir leur actuel noyau de joueurs? Je n'ai pas le choix de faire confiance au talent. On dit que la crème finit toujours par remonter à la surface. Il faudrait simplement s'assurer de l'utiliser avant qu'elle ne soit périmée...

Philippe Landry, pupitreur LNH.com

J'aurais bien aimé faire preuve d'originalité en défendant le Kraken ou les Panthers, mais je n'ai guère le choix de me ranger derrière vos arguments, les gars.
Comme j'ai prédit une présence en finale de la Coupe Stanley aux Maple Leafs en début de saison, je vais être conséquent et dire que c'est eux qui ont les meilleures chances de soulever la Coupe Stanley pour la première fois depuis 1967. La loi de la moyenne, même si elle tarde à s'imposer dans le cas présent, finira par jouer en faveur de Toronto en séries éliminatoires.
Pour moi, ce n'est ni Marner ni Matthews qui auront le plus gros impact au printemps prochain. En fait, Matt Murray aura plus que son mot à dire dans le parcours des Maple Leafs. Un gardien qui a goûté aux grands honneurs à deux occasions sait comment gérer la pression qui vient avec des attentes élevées.
Reste que les récents succès de Marner, qui a récolté au moins un point dans 19 matchs consécutifs, me convainquent de plus en plus qu'il est le cœur et l'âme de cette équipe torontoise, n'en déplaise aux grands amateurs d'Auston Matthews. Mais je m'éloigne du sujet…

TOR@TBL: Marner prolonge sa séquence à 19 match

Mon deuxième choix s'arrêterait sur Winnipeg. J'ai de la difficulté à comprendre pourquoi les Jets connaissent si peu de succès en séries. Ils ont le même noyau depuis plusieurs saisons, une attaque au potentiel dévastateur, et ils comptent sur un des meilleurs gardiens de la Ligue. Les éléments sont là, ça prend simplement une symbiose au moment opportun.

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

Tu as bien raison Phil, il est difficile de comprendre pourquoi les Jets ne sont pas capables d'aller plus loin en séries… et je pense que cette année pourrait être la bonne pour eux.
Leur improbable fiche de 15-7-1 s'explique de plusieurs manières, mais la principale raison de leur présence tout près du sommet du classement de la section Centrale a pour nom Connor Hellebuyck. Le gardien de 29 ans joue du hockey inspiré, ce qui le place parmi les favoris pour le trophée Vézina, et qui pourrait même lui valoir quelques votes pour le trophée Hart.
À la ligne bleue, Josh Morrissey se prend pour Cale Makar, et même s'il ne parvient pas à maintenir sa moyenne supérieure à un point par match d'ici la fin du calendrier, des joueurs comme Neal Pionk et Nate Schmidt sont capables d'en donner un peu plus offensivement.
À l'attaque, les Jets se maintiennent en milieu de peloton pour les buts marqués, mais il faut souligner qu'ils sont privés de l'excellent Nikolaj Ehlers depuis le début de la saison ou presque. Son retour au jeu au début de l'année 2023 devrait donner un nouvel élan à l'offensive de Winnipeg, qui mise toujours sur les vétérans Blake Wheeler, Pierre-Luc Dubois, Mark Scheifele, Kyle Connor et Adam Lowry. Le jeune Cole Perfetti a été greffé à ce noyau cette année, ce qui va donner aux Jets trois trios capables de faire du dommage au retour de Ehlers.

WPG@DAL: Perfetti fait 1-0 avec une belle feinte

Peut-être est-ce la nouvelle voix derrière le banc, celle de Rick Bowness, qui permet aux Jets de jouer à la hauteur de leur talent. Et une fois en séries avec un gardien qui fait les arrêts, tout peut arriver… comme on l'a entendu si souvent au cours des dernières saisons.