Slafkovsky badge Chaumont

BROSSARD – Juraj Slafkovsky a toujours une belle fraîcheur et candeur dans ses propos. De retour à l’aile droite du premier trio des Canadiens de Montréal avec ses vieux complices, Nick Suzuki et Cole Caufield, le Slovaque a appris un élément important de son long passage à l’aile gauche de la deuxième unité, où il servait plus de moteur offensif avec Oliver Kapanen et Ivan Demidov.

« Je contrôlais plus la rondelle et j’ai gagné en confiance », a dit Slafkovsky à la veille du passage des Maple Leafs de Toronto au Centre Bell (19 h HE; RDS, SNE, SNO, SNP). « Dans le passé, je cherchais parfois trop à repérer Nick ou Cole. Maintenant, je peux devenir un peu plus égoïste. Mais s’ils sont dans une meilleure position, je leur donnerai la rondelle. Je peux parfois attirer deux joueurs et libérer un coéquipier. »

À son dernier match contre les Kings de Los Angeles, Slafkovsky a misé sur cet aspect plus égoïste dans son jeu pour transporter l’attaque des siens avec deux buts et une passe dans un gain de 4-3 samedi dans la ville de Marcel Dionne. Il ressemblait à l’ailier dominant qui portait les couleurs de la Slovaquie aux Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026.

Encerclé par une dizaine de journalistes après l’entraînement du CH lundi en début d’après-midi, le premier de classe du repêchage de 2022 ne comprenait pas trop pourquoi les journalistes lui parlaient de sa capacité à dominer un match. 

« Il y a tellement de questions sur le contrôle d’un match », a-t-il répliqué avec son sourire habituel. « Mais je dirais que pour y arriver, je dois jouer de la bonne façon. J’ai besoin de prendre de bonnes décisions avec la rondelle. Je dois aussi bouger mes pieds afin de me libérer et créer des jeux. C’est facile à dire, mais moins facile à faire. »

Face aux Leafs mardi soir, Slafkovsky jouera un troisième match d’affilée avec Suzuki et Caufield. Avant ça, le numéro 20 avait patiné pour 38 des 42 dernières rencontres à l’aile gauche du deuxième trio avec Kapanen et Demidov. Durant cette période, il a amassé 38 points (15 buts, 23 passes). 

Maintenant qu’il est de retour à l’aile de la première unité, Slafkovsky a un plan assez simple. 

« Je veux jouer de la même façon, a-t-il mentionné. Je dois être la meilleure version de moi-même afin d’aider mon trio, mais aussi mon équipe. Mes coéquipiers peuvent aussi m’aider. »

Après 62 matchs cette saison, Slafkovsky a déjà atteint des sommets personnels avec 23 buts et 52 points. S’il maintient la même cadence d’ici la fin de l’année, il frôlera le plateau des 70 points.

MTL@LAK: Slafkovsky revient vers le centre et décoche un bon tir

Martin St-Louis a utilisé des mots semblables au principal intéressé pour décrire la recette de ses succès. 

« Il doit être combatif sur la glace », a rappelé l’entraîneur en chef. « Pour Slaf, tout part avec ses pieds. Quand il patine bien, il devient plus combatif et il peut apporter sa pesanteur. Il a des outils pour naviguer sur la glace. Il peut réaliser de belles choses offensivement. Mais Slaf doit aussi bloquer des tirs. Pour moi, je veux le voir combatif dans les deux sens de la patinoire. »

Depuis le retour de Milan, Slafkovsky a écrit son nom sur la feuille de pointage à sept reprises (deux buts, cinq passes) en cinq matchs. Il a toutefois eu besoin de temps pour reprendre son souffle après un tournoi émotif où la Slovaquie a perdu le match pour la médaille de bronze contre la Finlande. 

« C’était très rapide comme retour au jeu, a-t-il affirmé. À mes deux premiers matchs, je trouvais que j’étais éteint. J’ai eu besoin de retrouver ma cadence. Je voulais offrir un bon rendement, mais je ne jouais pas bien. Je regagne mon rythme. J’espère poursuivre sur cette lancée. »

Les yeux sur la rondelle

De retour d’un voyage de trois matchs en Californie (1-1-1), le CH devra resserrer son jeu défensivement. À ses trois dernières rencontres, le Tricolore a marqué 14 fois, mais concédé 15 buts. Un grand sage dira que c’est trop de buts accordés. 

Si Jakub Dobes n’a pas rencontré les médias lundi, Samuel Montembeault l’a fait. Défait 6-5 en tirs de barrage contre les Ducks vendredi à Anaheim, le Québécois a identifié un chantier important pour lui et son entraîneur des gardiens, Marco Marciano. Il veut mieux gérer les tirs en provenance d’une longue distance. 

« C’est ce qu’on regarde le plus depuis mon retour de Laval, a dit Montembeault. C’est vraiment la partie que j’ai le plus de misère durant les matchs: les tirs voilés. On travaille beaucoup là-dessus. Je dois mettre mes yeux rapidement sur la rondelle et me battre pour la trouver à travers le trafic. »

Mais il n’y a pas juste les gardiens à blâmer pour la chute du jeu défensif. St-Louis l’a justement rappelé en conférence de presse. 

« Ça commence loin de ta zone pour aider ton gardien, a affirmé l’entraîneur. Les revirements en zone offensive, si tu as un bon échec avant à cinq, tu vas récupérer la rondelle et tu n’auras pas à te défendre. Ce n’est pas une action, mais il faut être combatif, sans la rondelle, pour aider nos gardiens.

« Pour nos trois matchs lors du voyage, nous avons donné trop de buts. À San Jose et Anaheim, nous étions plus têtus en zone neutre. Ça ne peut pas être une tendance d’être têtus en zone neutre à ce temps-ci de l’année. »

Sur un autre sujet, Dobes sera le gardien partant mardi soir contre les Maple Leafs. Absent à l’entraînement lundi, Oliver Kapanen sera à son poste. Le Finlandais a simplement profité d’une journée de repos pour soigner de petits bobos.