NSH Filip forsberg

STOCKHOLM – À la fin du match, quand les festivités étaient terminées, Filip Forsberg a rassemblé ses coéquipiers pour leur livrer un message : il souhaitait les remercier.

Il savait bien que ce n’est pas facile de s’envoler pour Stockholm au beau milieu de la saison et que certains de ses coéquipiers ont combattu le décalage horaire et goûté à des plats qu’ils n’auraient jamais pu imaginer.

Mais pour lui, ces matchs avaient une énorme signification. Ils ont probablement été ses préférés depuis le début de sa carrière dans la LNH.

« Ç’a été incroyable », a dit Forsberg, qui a grandi à environ trois heures au nord de Stockholm à Leksand, en Suède. « Ç’a été tellement plaisant. Mes grands-parents des deux côtés étaient ici. Certains membres de ma famille que je vois seulement une ou deux semaines pendant l’été ont vu leur premier match de la LNH en personne. Nous avons probablement mangé plus de boulettes que quiconque dans cette équipe aurait pu imaginer. Je pense que nous ne mangerons pas de boulettes avant un bout de temps. »

C’est la raison pour laquelle il s’est assuré de remercier ses coéquipiers des Predators de Nashville.

« C’est spécial. On pouvait voir ce que ça signifiait pour eux », a mentionné le joueur de centre des Predators Ryan O’Reilly. « Même après le match, Fil a dit quelques mots au groupe. C’était bien. Il a remercié tout le monde pour leurs efforts en venant ici. C’était gentil de sa part. On pouvait voir que ça signifiait beaucoup pour ces gars-là. »

Forsberg et Adam Wilsby, les deux Suédois des Predators, ont organisé une semaine inoubliable pour leurs coéquipiers, tirant le maximum de chaque moment des six jours qu’ils ont passés dans leur pays natal. Même si la semaine ne s’est pas terminée comme ils l’auraient souhaité – ils ont perdu 4-0 contre les Penguins de Pittsburgh dimanche au Avicii Arena de Stockholm après avoir gagné 2-1 en prolongation vendredi – ils étaient ravis de ce qu’ils venaient de vivre.

« Je parle pour moi, mais je suis certain que “Willy” ressent la même chose : nous aurions aimé reprendre l’avion vers la maison avec une autre victoire, mais en général, ç’a été une belle semaine », a ajouté Forsberg, pour qui le match de dimanche était son 800e dans la LNH.

Le meilleur moment, pour Forsberg et les Predators, est survenu vendredi soir, avec 70 secondes à jouer en temps réglementaire. C’est à ce moment que Forsberg a créé l’égalité dans le match, soulevant le banc des siens et tout l’Avicii Arena.

PIT@NSH: Forsberg envoie tout le monde à prolongation à Stockholm

Les Predators ont ensuite gagné en prolongation, mettant fin à une série de cinq défaites, grâce à un but de Steven Stamkos.

« Les buts vainqueur et égalisateur du dernier match vont être difficiles à battre, mais nous avons eu beaucoup de plaisir hors de la glace également », a souligné Forsberg, quand on l’a questionné sur son meilleur moment.

Parmi les autres beaux moments, il y a eu la visite, mercredi, de l’hôpital universitaire Karolinska à Stockholm, où Forsberg et O’Reilly ont rencontré de jeunes patients atteints d’un cancer. Ils ont aussi signé des autographes, et O’Reilly a même joué un peu de guitare.

La semaine a été remplie d’expériences chères à Forsberg, qui a notamment invité à Stockholm un groupe de 100 personnes – 63 jeunes – de sa ville natale de Leksand pour assister à l’entraînement des Predators ouvert au public samedi. L’Association des joueurs de la LNH (AJLNH), la LNH et Forsberg ont annoncé un don de 20 000$ en équipement de hockey sur glace et de hockey de rue à l’équipe de la ville natale de Forsberg dans le cadre du programme Goals & Dreams de l’AJLNH.

Wilsby a ressenti les mêmes émotions que Forsberg, lui qui a grandi à Stockholm et qui possède un appartement dans la ville où sa famille habite toujours.

« Ç’a été génial pour moi, surtout après les matchs parce que j’ai pu voir ma famille et partager ces moments avec eux, a affirmé Wilsby.

« Je trouve que c’est une très bonne façon de redonner aux partisans européens. Et évidemment, c’est spécial pour nous, les joueurs. »

Et pas seulement pour les joueurs suédois.

« Il s’agit d’une expérience extraordinaire pour tout le monde, pour la ville de Stockholm, la Suède et les joueurs qui sont natifs d’ici », a dit l’entraîneur de Nashville Andrew Brunette. « […] Je pense que les gars en ont profité pour tisser des liens et qu’ils étaient heureux d'être tous ensemble.

« Nous avons vécu l’engouement de la victoire l’autre soir et la déception de la défaite aujourd’hui, mais on ne peut pas nier que c’est une expérience géniale que nous n’oublierons jamais. »

Une expérience que les joueurs aimeraient bien répéter, à Stockholm ou ailleurs.

« C’est un grand pays de hockey et c’était beau de voir le soutien pour eux », a mentionné O’Reilly au sujet de ses coéquipiers. « Nous n’étions pas à notre mieux ce soir, mais j’ai quand même trouvé que le soutien des partisans et l’hospitalité à travers la ville ont été extraordinaires. La LNH a fait du bon travail pour organiser ça. J’espère qu’il y en aura plus dans les prochaines années. »

Le match en soi a été décevant. Ce n’est pas de cette façon que les Predators souhaitaient conclure leur périple en Suède, qu’ils espéraient transformer en occasion d’appuyer sur le bouton réinitialisation.

Mais ils ne repartent pas les mains vides, avec deux points sur une possibilité de quatre.

« Nous avons laissé aller le momentum que nous avions gagné, surtout en première période, a martelé Brunette. Toutes les choses que nous avons faites vendredi et dont nous avons parlé, nous ne les avons pas exécutées. Et nous savions que le sentiment d’urgence allait être présent de leur côté. »

Mais ce n’est pas à ça que pensait Forsberg après le match. Pour lui, cette semaine a été beaucoup plus que deux matchs, plus que deux points au classement.

« C’est énorme, a lancé Forsberg. Pour moi, ce sont les meilleurs matchs de saison régulière de ma vie. Pouvoir redonner aux gens, rencontrer les jeunes de Leksand hier après l’entraînement et tout le reste… Ça n’aurait pas été possible si nous n’étions pas venus en Suède. Je suis très reconnaissant pour ça. »