TAMPA – Jon Cooper a fait un calcul assez facile en insérant Scott Sabourin dans sa formation, mardi.
Avec l’aide d’un matamore de 6 pieds 3 pouces et 205 livres, reconnu surtout pour ses talents de pugilat, les joueurs du Lightning allaient pouvoir s’en permettre un peu plus contre les Canadiens. Et c’est ce qui s’est produit.
« Mon travail comme entraîneur est de donner à mon équipe la meilleure chance de gagner », a-t-il répondu après la victoire en prolongation des siens qui a nivelé les chances dans la série. « Sabourin a un rôle bien défini dans cette équipe. Il inscrit son nom sur la feuille de match, dans d’autres colonnes.
« L’équipe joue plus gros quand il est dans la formation. Il est exceptionnel sur le banc, et pendant 58 minutes, il est resté à l’intérieur des limites. Il y a certaines choses que je ne contrôle pas. »
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Dès sa première présence, Sabourin s’est mis en mode intimidation à l’endroit de Josh Anderson. Ç’a donné le ton à une longue soirée au cours de laquelle il s’est cherché un partenaire de danse – sans succès – et n’a pas cessé de se faire aller le mâche-patate. Sur la glace, et aussi au banc des siens.
« Je voulais laisser savoir à Anderson que l’on n’avait pas apprécié son coup à l’endroit de Charle-Édouard D’Astous au dernier match, a expliqué le natif d’Orléans. […] Je crois que Coop aime cette confrontation. Il sait que je joue dur, comme Anderson. On fait jeu égal au chapitre du jeu physique. »
Sabourin a distribué cinq coups d’épaule, comme Anderson. Tout ça, sans jamais franchir la ligne. Jusqu’à sa dernière présence en temps réglementaire.
Avec un peu plus de deux minutes à faire, et une marque égale de 2-2, il est allé frapper son rival dans le dos en zone neutre alors que plusieurs se demandaient ce qu’il faisait toujours sur la glace avec un enjeu aussi élevé. Résultat : un avantage numérique au Tricolore en fin de rencontre.
Qui vit par l’épée périra par l’épée. Cooper et le Lightning sont passés bien près d’apprendre la signification de ce proverbe, mais les coéquipiers de Sabourin l’ont tiré d’ennui en écoulant sa pénalité.
J.J. Moser a ensuite fait oublier cette mésaventure en touchant la cible en prolongation.
« Je ressentais beaucoup de peur et d’anxiété au cachot, pour être honnête, a raconté Sabourin. Les gars ont racheté mon erreur en allant à la guerre sur cette infériorité. Nous avons toute une équipe avec beaucoup de caractère. J’avais confiance qu’ils feraient le travail, mais ce n’est pas le meilleur sentiment. »
Sabourin devra apprendre à marcher sur la ligne. Le patineur de 33 ans a beau en être à sa 13e saison chez les professionnels, il n’a disputé que 73 matchs dans la grande ligue, et il s’agissait de son premier match en séries éliminatoires.
« C’est difficile de trouver l’équilibre, a-t-il reconnu. Vous l’avez vu, j’ai fait mal à mon équipe à la fin. Les émotions sont fortes en séries, alors il faut être prudents. J’ai commis une erreur ce soir avec cette punition et ç’aurait pu nous coûter le match. Je vais tenter d’éviter ça à l’avenir. »


















