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TAMPA – Corey Perry a trouvé une façon bien efficace de résumer l’apport de Brandon Hagel jusqu’ici dans cette série face aux Canadiens de Montréal.

« Le kid fait tout, a lancé le vétéran. Il peut tout faire. C’est notre leader émotionnel. »

L’attaquant a tout simplement apposé sa signature sur la victoire de 3-2 des siens en prolongation, mardi, lors du deuxième match de la série entre le Lightning de Tampa Bay et le Tricolore. Il a marqué le premier but de la rencontre, il a mis la table pour le but égalisateur de Nikita Kucherov en troisième période et il a laissé tomber les gants face à Juraj Slafkovsky.

Il a ainsi complété le premier tour du chapeau à la Gordie Howe en séries éliminatoires dans l’histoire du Lightning. Quand Perry dit que son coéquipier fait tout, il ne ment pas.

« Je ne m’attendais pas à ça, a expliqué le principal intéressé, qui a déjà trois buts dans cette série. Il faut faire tout ce qu’il faut pour gagner. Parfois, ça prend une bagarre. Parfois, ça prend des buts. »

Et souvent, surtout en séries, ça prend des émotions. Depuis le revers des siens dans le premier match, on sentait que Jon Cooper voulait revoir de la hargne et du papier sablé dans le jeu de son équipe. Le message du pilote avait été assez clair, surtout quand il a inséré le dur à cuire Scott Sabourin dans sa formation.

C’est toutefois Hagel – on aurait dû s’en douter – qui a livré un char et puis une barge d’émotions.

Il l’a d’abord fait par l’entremise de son but, en milieu de première, qui a allumé la foule un peu éteinte du Benchmark International Arena. Le pugnace patineur a ensuite mis le feu à la place en se chamaillant avec Josh Anderson pendant une très longue échauffourée après un coup de sifflet.

MTL@TBL: Hagel brise l'impasse avec un laser

Il a patiné vers le cachot en faisant signe à la foule de se lever, et a poursuivi la discussion avec l’attaquant du Tricolore au banc des pénalités, se moquant de sa coupure sous l’œil.

« Tout le monde dans le vestiaire sait que ce sont les émotions qui nous allument, a plaidé Hagel. Ce n’était pas juste moi. Mais je me donne comme mission d’amener les autres dans la bataille. Ç’a visiblement fonctionné ce soir. C’est un bon sentiment d’avoir obtenu cette victoire. »

À partir de cette longue mêlée, en deuxième moitié de première, le Lightning s’est mis à marcher sur un très mince fil de fer entre la robustesse, l’arrogance et l’indiscipline. Il a trébuché à quelques occasions, oubliant parfois de jouer au hockey, mais a somme toute su limiter les dégâts.

Cette montée rapide d’émotions a atteint son apogée avec le combat d’Hagel et de Slafkovsky en début de deuxième période. On a ensuite pu se concentrer sur le hockey. Mais pas avant que la petite peste du Lightning ne se moque de son rival en l’invitant au pays des rêves après l’avoir atteint solidement au menton.

« Ça fait partie de la façon dont on a construit notre identité en saison régulière, et on continue de la même façon en séries, a souligné Yanni Gourde. C’est important pour nous. Ça fait partie de notre identité et on ne la changera pas. On ne s’en laisse pas imposer par personne. »

Un problème en devenir

Tant qu’il reste dans la relative discipline et qu’il demeure concentré sur son match, le Lightning joue mieux avec cette petite dose d’arrogance.

« Il faut bien que quelqu’un joue le vilain, a philosophé Cooper. J’imagine que nous acceptons ce rôle. Les gars forment un groupe déterminé. Quand il y a des obstacles sur leur chemin, ils vont essayer de les surmonter de n’importe quelle façon. Si ça veut dire de se battre, ce sera ça.

« C’est ce qui se produit, et ça nous a bien servis. Ça nous a menés jusqu’en séries. »

Hagel n’est pas différent du reste de ses coéquipiers. Il se nourrit peut-être même encore plus des émotions d’un match – on l’a d’ailleurs vu à l’œuvre au Centre Bell lors de la Confrontation des 4 nations. Il pourrait devenir un gros problème pour le Tricolore, s’il ne l’est pas déjà.

Surtout qu’à son retour dans l’amphithéâtre montréalais, il risque d’être pris pour cible par les partisans des Canadiens. Pour un joueur aussi émotif, ce sera un autre type de carburant.

« Je ne pense pas que j’aurai le même accueil qu’aux 4 nations, mais je suis très excité, a reconnu Hagel en riant. C’est tout un amphithéâtre. Ce n’est pas grave si on est du côté des visiteurs, on doit profiter de l’occasion. C’est le rêve de tout joueur de jouer dans une ambiance semblable. »

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