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Retour sur les débuts de Crosby avec les Penguins… 999 matchs plus tard

Brodeur, Olczyk, Emrick et plusieurs autres reviennent sur la façon dont le capitaine de Pittsburgh a amorcé sa carrière

par Mike Zeisberger @Zeisberger / Journaliste NHL.com

La route de Sidney Crosby jusqu'au plateau des 1000 matchs dans la LNH avec les Penguins de Pittsburgh a été un parcours mémorable qui s'est amorcé contre les Devils du New Jersey le 5 octobre 2005 à East Rutherford, au New Jersey.

Le joueur de centre, le premier choix au total du Repêchage 2005 de la LNH, va disputer son 1000e match dans la LNH contre les Islanders de New York au PPG Paints Arena, samedi (19 h HE; ATTSN-PT, MSG+, NHL.TV), 5617 jours après avoir donné ses premiers coups de patin dans la Ligue.

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Avec 1276 points (468 buts, 808 passes) et trois conquêtes de la Coupe Stanley (2009, 2016, 2017) sur son curriculum vitae, le capitaine des Penguins a fait beaucoup de chemin depuis cette première partie, une défaite de 5-1 au Continental Airlines Arena.

Crosby, qui avait joué 15:50 et décoché trois tirs ce soir-là, avait également obtenu son premier point dans la LNH, la passe primaire sur un but en troisième période de Mark Recchi, aujourd'hui membre du Temple de la renommée du hockey.

Mais c'est plutôt un arrêt d'un autre membre du Temple de la renommée, le gardien Martin Brodeur, lors de la première présence sur la glace de Crosby dans la LNH qui est resté gravé dans la mémoire des deux joueurs.

« Je me rappelle que ça ne m'avait même pas dérangé de ne pas marquer », a raconté Crosby dans une vidéo intitulée Welcome to the NHL Moment : Sidney Crosby. « Je pense que c'est la première fois de ma vie que ça ne me dérangeait pas de ne pas avoir trouvé le fond du filet.

« C'était génial parce qu'à ce moment précis, tu es simplement heureux d'être dans la LNH. Martin Brodeur vient de stopper mon tir. Tu sais que ta vie va bien quand ça t'arrive. »

Crosby tentait de reproduire l'exploit de la légende des Penguins Mario Lemieux, qui a marqué à sa première présence dans la LNH lors d'une défaite de 4-3 contre les Bruins de Boston le 11 octobre 1984. Lemieux, désormais propriétaire des Penguins, a joué lors du premier match de Crosby, alors qu'il disputait sa dernière saison dans la LNH.

Brodeur s'est assuré que Crosby n'imite pas Lemieux en repoussant son lancer du revers à 1:19 de la première période, au grand plaisir des 18 101 partisans réunis pour le match d'ouverture des deux équipes.

« Je me rappelle que tout le monde parlait de lui comme du prochain prodige. Il jouait son premier match et j'étais déterminé à ne pas le laisser marquer », s'est remémoré Brodeur cette semaine. « Je ne voulais pas me retrouver dans tous les segments à la télévision, donc j'allais plonger pour le stopper s'il le fallait, même si c'était pour offrir un filet ouvert à l'un de ses coéquipiers par la suite.

« C'est génial d'y repenser, surtout avec la carrière extraordinaire qu'il a connue. »

LNH.com s'est entretenu avec Brodeur et plusieurs autres qui ont assisté de près aux débuts de Crosby.

Crosby, natif de Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, a été sélectionné au premier rang total après que les Penguins eurent remporté la loterie du Repêchage de 2005. Il était incontestablement le meilleur joueur de la cuvée 2005 après avoir amassé 303 points (120 buts, 183 aides) en 121 rencontres réparties sur deux saisons avec Rimouski, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), et avoir été nommé joueur de l'année dans les rangs juniors canadiens en 2004 et 2005.

Ed Olczyk, entraîneur des Penguins : « L'engouement était du jamais-vu. Nous avions le sentiment que ce joueur-là deviendrait le pilier de notre concession pour les 20 prochaines années. Il y avait une effervescence monstre entourant ce match. »

Troy Crosby, père de Sidney : « Je ne sais plus trop pourquoi, mais mon épouse Trina et moi avions logé à Manhattan. C'était un peu trop gros pour nous à l'époque, car nous venions de Cole Harbour. Je m'étais rendu dans de grandes villes canadiennes comme Toronto et Montréal à quelques reprises, mais New York, c'est un autre niveau. Tu arrives là-bas et tu es ébahi par la Grosse Pomme. Nous y sommes allés à plusieurs reprises depuis et nous sommes plus à l'aise maintenant. Mais à l'époque, voir des endroits comme Times Square et aller à son premier match, c'était plutôt génial. »

Mike « Doc » Emrick, descripteur des matchs des Devils : « L'hôtel Embassy Suites de Secaucus est l'endroit où je logeais pour les parties à domicile, et c'était justement l'hôtel des Penguins. Le soir avant la rencontre, ils ont organisé une conférence de presse avec Sidney. Ce sont des choses que l'on voit régulièrement maintenant, mais à l'époque, une conférence de presse la veille d'un match reflétait tout l'engouement. »

Tom McMillan, vice-président aux communications des Penguins : « C'était très inhabituel à cette époque, mais ça démontre tout l'intérêt qu'il y avait envers lui. Tu veux tirer le maximum de cette publicité, mais en même temps, tu dois réaliser qu'il s'agit d'un jeune de 18 ans qui s'apprête à jouer son premier match dans la LNH. »

Jocelyn Thibault, gardien des Penguins : « Il n'était pas un jeune de 18 ans comme les autres. Dès le premier jour du camp d'entraînement, on sentait qu'il était un joueur de 30 ans dans le corps d'un jeune de 18 ans. Sa manière de se comporter, l'attention qu'il portait aux détails comme sa nutrition, son éthique de travail ou sa relation avec les médias... Je voyais bien qu'il était prêt, incluant lors de l'entraînement matinal. »

Troy Crosby : « Trina et moi ne connaissions rien de la manière de se déplacer à New York, donc nous avons pris un autobus jusqu'au New Jersey pour l'entraînement matinal. L'aréna à Meadowlands était au beau milieu de nulle part, et nous sommes débarqués de l'autobus un arrêt trop tôt. Nous avons fait le reste du chemin à pied le long de l'autoroute en essayant de ne pas être happés par une voiture. »

Emrick : « Bien sûr, nous sommes heureux que ses parents se soient rendus sains et saufs. Je me souviens de les avoir vus après l'entraînement. Ils étaient entourés de journalistes. »

McMillan : « Sid est sorti du vestiaire, et quand il a vu que sa mère était en entrevue, il m'a pris à part et m'a demandé d'aller vérifier que tout se passait bien pour elle. C'était le cas. »

Troy Crosby : « Il y avait beaucoup de journalistes. Mais vous savez ce qui m'a fait réaliser que c'était gros? Ils avaient envoyé un journaliste de la Nouvelle-Écosse pour couvrir le match. Ça voulait tout dire. »

Thibault : « Oui, c'était énorme. Mais s'il était nerveux, il ne nous l'a jamais montré. Comme gardien, tu as une sorte de sixième sens et tu le sais quand un joueur est différent, même durant la période d'échauffement. On pouvait voir qu'il était prêt pour ce moment, pour n'importe quoi. Ce n'était pas trop gros pour lui. »

Olczyk : « Tout ce qui a mené au match était surréel. Il y avait le propriétaire de l'équipe, Mario Lemieux, qui allait disputer sa dernière saison dans la LNH. Il y avait Sid, déjà considéré comme un joueur unique. Nous l'avons fait commencer à l'aile afin qu'il s'acclimate et que nous n'ayons pas trop à nous en faire. »

Troy Crosby : « J'étais nerveux. Mario et Brodeur participaient au match. C'est comme un rêve. Est-ce que c'est vraiment réel? Puis, il a presque marqué à sa première présence. C'était plutôt surréel. »

Lemieux, Recchi et Brodeur étaient chacun en route vers le Temple de la renommée du hockey, et chaque formation était composée de joueurs au sommet de leur carrière respective, comme John LeClair et Sergei Gonchar avec Pittsburgh ainsi qu'Alexander Mogilny et Brian Rafalski avec le New Jersey. C'est toutefois le prodige de 18 ans qui a été responsable du premier moment fort de la rencontre. Acceptant une passe de LeClair, Crosby est ressorti du coin à la droite de Brodeur et il a battu le défenseur des Devils Richard Matvichuk pour atteindre le devant du filet. Mais Brodeur a repoussé son tir du revers avec sa jambière pour obtenir le premier de 36 arrêts dans la partie.

Martin Brodeur, gardien des Devils : « Il a eu une bonne chance de marquer dès le départ. Tu pouvais voir qu'il était spécial. On avait vu les faits saillants de ses matchs avec le Canada au Championnat mondial junior. Je connaissais un peu ses tendances, comme le fait qu'il aimait tirer du revers, mais je ne l'avais pas trop étudié avant le match. C'est à peu près tout ce que je connaissais de lui. Pour moi, tout est une question de mémoire. Je regarde beaucoup de hockey, et j'aime savoir ce que mes adversaires aiment faire. »

John LeClair, attaquant des Penguins : « Il comprenait tellement bien le jeu. Il voyait des choses se développer avant beaucoup de joueurs qui étaient dans la Ligue depuis des années. Il savait comment se créer de l'espace dans des situations où d'autres joueurs auraient été nerveux. Il avait la confiance pour faire ça. Il n'était pas arrogant, il avait simplement confiance en lui-même d'une bonne façon. On voit ça chez les supervedettes, et on l'a tout de suite vu chez lui. »

Brodeur : « À ce moment-là, tu n'avais pas le choix d'utiliser ton instinct contre lui, car tu ne l'avais jamais affronté. À force de l'affronter, j'ai compris des choses, comme sa manière de dégainer rapidement lorsqu'il s'amène. Ou lorsqu'il se positionne sur le côté du but, tu dois coller ton poteau, car ses coéquipiers tentent de le rejoindre. Des joueurs comme Mario Lemieux et Brett Hull, tu dois toujours savoir où ils sont. Dans le cas de Sidney, ce n'est pas difficile de le trouver, car il a toujours la rondelle, donc tu le suis. Les gars comme Hull se font oublier quelque part en attendant la rondelle. »

Les Penguins, qui tiraient de l'arrière 4-0, évoluaient en avantage numérique quand LeClair a enlevé la rondelle à Matvichuk pour la pousser vers Crosby, dont la passe transversale a été complétée par Recchi sur un but à 5:36 de la troisième période, le premier point dans la LNH de Crosby.

LeClair : « J'étais simplement heureux d'être sur la glace avec ces joueurs-là. Je ne voulais pas que la rondelle soit sur ma palette, mais bien sur la sienne. »

Troy Crosby : « Nous étions tellement heureux pour lui qu'il ait pu obtenir ce point à son premier match. Il avait travaillé tellement fort pour atteindre ce point. »

McMillan : « Nous avons perdu la partie, mais il avait tellement d'assurance avec les médias après. Ça en dit long sur qui il était. À l'époque, on m'a demandé si nous avions appris quelque chose de la façon dont les Steelers de Pittsburgh avaient géré le quart-arrière Ben Roethlisberger à son année recrue en 2004. C'était différent. Ben avait vécu l'expérience des rangs universitaires. Sid est débarqué directement des rangs juniors. Malgré cela, il pouvait composer avec tout. »

Brodeur : « Après le match, j'ai appris que Sid avait demandé à avoir un de mes bâtons, donc je lui en ai envoyé un. Il m'avait beaucoup impressionné. Dans le monde du hockey, on veut toujours savoir qui sera la prochaine supervedette. C'est beaucoup de pression, mais il a démarré sa carrière de manière exceptionnelle et ça s'est poursuivi. Il n'a jamais déçu. »

Les Penguins ont connu des difficultés lors de la première saison de Crosby, conservant un dossier de 22-46-14. Leurs 58 points ont représenté le deuxième plus bas total dans la LNH, un de plus que les Blues de St. Louis. Mais Crosby se donnait en spectacle partout où il allait, alors qu'il a amassé 102 points (39 buts, 63 aides) en 81 rencontres, le début d'une séquence de cinq saisons au cours de laquelle il a récolté plus de 100 points à quatre reprises.

Mike Lange, descripteur des matchs des Penguins : « Cette première année a été difficile pour l'équipe. Durant l'un de nos vols, je me suis assis près de lui et je lui ai dit : "Ça va finir par aller mieux." C'est tout ce que j'ai dit. On peut dire que c'est exactement ce qui s'est produit, pas vrai? »

Brodeur est maintenant vice-président principal et conseiller aux opérations hockey des Devils. Thibault est vice-président des opérations hockey avec Sherbrooke, dans la LHJMQ. LeClair est président de la fondation John LeClair, qui offre des subventions à des organismes à but non lucratif du Vermont qui mettent en place des programmes pour les enfants. Olczyk est analyste à NBC et pour les Blackhawks de Chicago. Emrick a pris sa retraite le 19 octobre 2020 après une carrière de 47 ans dans la diffusion de matchs de hockey professionnel.

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