Tynan Lawrence badge Ducharme

Le Repêchage 2026 de la LNH Upper Deck se tiendra les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo. Le premier tour se tiendra le 26 juin (19 h HE; ESPN, ESPN+, SN, TVAS) tandis que les tours 2 à 7 auront lieu le 27 juin (11 h HE; NHLN, ESPN+, SN, SN1). LNH.com vous aide à vous préparer en vue de ce repêchage en vous offrant des profils des principaux espoirs admissibles à l'encan, grâce à des entrevues réalisées dans le cadre de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH (Combine) au KeyBank Center, qui s’est tenue du 1er au 6 juin.

Beaucoup d’observateurs ont souligné que même pour un espoir comme Gavin McKenna, le saut entre les rangs juniors et la NCAA est immense et nécessite une période d’adaptation en début de campagne. Ce saut, Tynan Lawrence a décidé de le faire au beau milieu de la saison.

Lawrence aurait pu amorcer la saison dans la NCAA, lui qui s’est entendu avec l’Université de Boston en septembre 2024, mais les deux parties ont jugé qu’il était préférable pour l’attaquant de 17 ans de demeurer dans la USHL pour une deuxième campagne avec les Lumberjacks de Muskegon. Le natif de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, venait d’amasser 54 points (25 buts, 29 passes) à l’âge de 16 ans avec l’équipe, en plus d’être nommé joueur le plus utile des séries éliminatoires.

Mais voilà, les Terriers ont été frappés par les blessures en première portion de campagne, et ils avaient besoin d’aide. L’option d’amener Lawrence, le septième meilleur espoir nord-américain selon le Bureau central de dépistage de la LNH (BCD), est devenue une évidence pour l’entraîneur-chef Jay Pandolfo durant la pause du temps des Fêtes. 

Une décision qui a fait du polyvalent attaquant le deuxième plus jeune joueur de la NCAA.

« Tynan avait déjà été admis par l’Université, donc tout ça était déjà réglé, ce qui a facilité son arrivée », a expliqué l’ancien défenseur des Devils du New Jersey, qui dirige les Terriers depuis quatre ans. « Au début, on se disait que c’était mieux qu’il demeure à Muskegon (cette année), mais les choses ont progressé à la mi-décembre et en janvier.  Nous avons mutuellement décidé que ça allait être une bonne chose pour lui de s’amener et d’amorcer sa carrière universitaire. »

Il s’agissait d’un énorme défi pour le joueur de centre de 6 pieds 1 pouce et 183 livres. Il allait non seulement devoir s’adapter au niveau de jeu de la NCAA, mais également découvrir les réalités de la vie universitaire. Il y avait un risque pour Lawrence de se perdre dans la masse, ce qui est tout sauf idéal lors d’une année de repêchage.

« Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, parce qu’au niveau universitaire, toutes les équipes sont bonnes, a expliqué Lawrence. Je savais que l’entraîneur n’allait pas me faire confiance dès mon arrivée. Je devais le mériter. À partir du moment où l’entraîneur a commencé à me faire confiance, et que j’ai appris à connaître mes coéquipiers et mes compagnons de trio, tout s’est mis à mieux aller. »

Tynan Lawrence profil French

Lawrence a effectivement eu besoin de temps pour se mettre en marche, puisqu’il n’a amassé qu’un but et une passe au cours de ses 13 premières rencontres avec les Terriers. Il maintient qu’il n’a pas paniqué malgré cette traversée du désert.

« Je savais que je devais faire confiance au processus, faire les petites choses de la bonne façon, m’occuper des détails, avoir de bonnes habitudes et m’accrocher, parce qu’éventuellement, ça allait finir par rapporter », a souligné le jeune homme.

Pandolfo non plus ne s’en faisait pas. De l’arrière du banc, il voyait de très belles choses de la part de l’espoir de 18 ans, reconnu pour son intelligence et son talent de fabricant de jeux. Il ne restait plus qu’à assembler toutes les pièces du casse-tête.

« L’équipe ne jouait vraiment pas bien, et on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’il la transporte sur ses épaules, a rappelé Pandolfo. Il a eu besoin d’un ajustement, mais il jouait bien dès le début. Toutefois, la production offensive n’était pas au rendez-vous aussi facilement que ce qu’il avait pu connaître dans sa carrière jusqu’ici. Mais c’était probablement le seul aspect manquant, parce qu’il a progressé dès le moment où il a fait ses débuts. »

Tout a finalement cliqué en fin de saison. Lawrence a obtenu de plus en plus de responsabilités, et il a amassé cinq points lors de ses cinq dernières parties de la campagne – dont une soirée d’un but et une passe lors des quarts de finale de la conférence Hockey East, une défaite de 5-3 contre l’Université du Connecticut qui a mis fin à la saison des Terriers. 

Selon Pandolfo, Lawrence, qui a terminé la saison avec sept points (deux buts, cinq passes) en 18 parties, « était probablement notre meilleur attaquant durant les deux derniers matchs éliminatoires. »

« J’ai senti que je pouvais jouer comme je sais le faire, a raconté Lawrence à propos de ces deux rencontres. Je me suis mis à jouer avec confiance, car je croyais en moi et je savais que je pouvais être le meilleur joueur sur la glace, faire parler mes habiletés et montrer ce que je sais faire. C’était une belle façon de terminer la saison, même si c’est dommage qu’elle ait pris fin trop tôt. »

La décision de Lawrence de faire le saut dans la NCAA lui a-t-elle fait mal aux yeux des dépisteurs?  On peut croire que non, puisque le BCD l’a classé à la même position sur sa liste finale qu’à la mi-saison.

« Je pense que le fait qu’il a fait le saut à la mi-saison a soulevé quelques questions, a expliqué le dépisteur du BCD Jean-François Damphousse. Mais il faut en prendre et en laisser dans ces situations-là. S’il y avait eu des matchs où il n’était vraiment pas de calibre, ça aurait été autre chose. La production offensive n’est pas venue rapidement, mais je l’ai vu jouer un de ses premiers matchs à BU, et il était très, très bon. Tu pouvais voir qu’il contribuait partout sur la glace. »

Lawrence a d’ailleurs démontré ce qu’il savait faire au sein de son groupe d’âge à la fin du mois d’avril quand il a représenté le Canada au Championnat du monde des moins de 18 ans en Slovaquie. Il a terminé la compétition avec six points (deux buts, quatre passes) en cinq matchs, à égalité au deuxième rang des marqueurs du pays. 

Est-ce que ce sera suffisant pour convaincre les équipes de la LNH de le sélectionner devant Caleb Malhotra, son futur coéquipier l’an prochain à Boston, qui est classé sixième chez les espoirs nord-américains par le BCD?

« Comme (Malhotra), c’est un autre joueur qui peut contribuer dans toutes les facettes du jeu, a dit Damphousse. J’aime sa ‘drive’, j’aime son moteur. Il est le troisième joueur à être nommé joueur le plus utile des séries de la USHL à l’âge de 16 ans, après Adam Fantilli et Macklin Celebrini. Tu ne peux pas ‘faker’ ça. »