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PLYMOUTH, Michigan – Pas besoin de regarder les fiches de statistiques pour comprendre ce que Cole Eiserman préfère quand il enfile les patins. On n’a qu’à voir la joie qu’il exprime chaque fois qu’il fait scintiller la lumière rouge – ce qui se produit très souvent.

« J’aime tellement ça, lance-t-il avec le sourire, en entrevue avec LNH.com. J’ai toujours aimé ça, c’est ma passion. C’est probablement le meilleur sentiment que je peux avoir, et je ne m’en tanne pas. »

Non, il ne s’en tanne pas. L’attaquant de l’équipe des moins de 18 ans du programme de développement de USA Hockey (NTDP) a inscrit 38 buts en 37 rencontres, cette saison, et il en totalise 107 en 99 matchs depuis son arrivée au sein du réputé programme.

C’est 19 de moins que ce qu’avait réussi, lors de son passage de deux saisons, un certain Cole Caufield, détenteur du record de tous les temps au NTDP. Un record évidemment dans la mire de l’autre Cole, étiqueté comme le meilleur franc-tireur de sa cohorte en vue du prochain repêchage. 

« Je crois que c’est possible de l’atteindre si je reste en santé, assure Eiserman. Ça signifierait beaucoup pour moi. J’ai toujours aimé le regarder jouer et sa manière de décocher. On partage la même passion. »

Nick Fohr a comme une impression de déjà-vu. Il dirige désormais Eiserman comme entraîneur-chef, mais il était adjoint dans les années de Caufield au Michigan. Certes, à 6 pieds et 196 livres, le narratif autour du plus jeune n’est pas le même, mais l’amour des deux Cole pour les buts se ressemble grandement.

« Cole veut marquer, ça fait partie de son ADN, a dit le pilote au sujet de son protégé actuel. C’est son identité depuis qu’il a commencé à jouer au hockey. Il a toujours été en mesure de remplir le filet. C’est ce qu’il cherche toujours à faire et il est très bon pour y parvenir.

« En ce sens, ils sont similaires. Mais ils marquent de façons différentes. Eiserman y va au volume, il a ses espaces habituels, il sait se démarquer et il a un tir puissant qui passe à travers les gardiens. Caufield était plus un tireur précis. Il n’avait pas besoin de beaucoup d’espace pour trouver cette toute petite ouverture. »

Malgré tout ça, Eiserman est probablement l’espoir le plus polarisant de cette cuvée.

À tort ou à raison, plusieurs lui reprochent son assiduité en zone défensive et sa manière de défendre. On se demandait, en début de saison, s’il serait en mesure de déloger Macklin Celebrini au premier rang au total. Plusieurs se demandent maintenant s’il sera réclamé dans le top-10.

« Il est vrai que son jeu sans la rondelle fait parfois défaut, et les observateurs le voient, a amorcé Fohr. Il y a place à l’amélioration, et ils ont aussi raison à ce sujet. On travaille beaucoup là-dessus, lui et moi, et l’amélioration est au rendez-vous. Il y en a beaucoup depuis le début de la saison.

« Est-ce qu’il est rendu efficace au point où des équipes voudraient le repêcher au premier rang? Probablement pas encore. Mais suis-je sûr qu’il atteindra un point où il sera efficace dans cet aspect dans la LNH? Absolument. »

Un processus

Caufield, lui-même, n’était pas un modèle de fiabilité défensive à ses années au sein du programme. Ça ne l’a pas empêché de devenir efficace sous les ordres de Martin St-Louis, à Montréal. Tout en continuant de faire ce qu’il fait de mieux, évidemment.

« Ce sont des marqueurs, a tempéré Fohr. Ils ont un impact autrement. Ce qu’ils font est spécial. Cole Eiserman a un talent spécial. Il n’a pas eu à se concentrer sur cet aspect de son jeu avant cette saison parce qu’il compensait à l’attaque. C’est un processus d’apprentissage et ça prend du temps. »

« S’il peut mettre la rondelle dans le filet de cette manière, je ne vois pas pourquoi les gens sont si inquiets de son jeu défensif, a souligné Caufield. C’est dur de marquer des buts, et il y a une valeur à ça. En plus qu’il le fait régulièrement depuis un bon bout de temps. Il va réussir à s’en tirer. »

Reste qu’à 17 ans, Eiserman n’a pas encore l’armure assez solide pour rester impassible face à ces commentaires négatifs et à ces classements omniprésents. Il s’est assis plusieurs fois dans le bureau de Fohr en cours de saison pour réaligner ses objectifs et faire taire le bruit extérieur.

« C’est difficile, mais il faut s’y habituer si l’on veut devenir un athlète professionnel, a dit Eiserman. Les gens ont plusieurs opinions. Personnellement, je ne crois pas jouer différemment que par le passé. Ce que les gens pensent n’a pas trop d’importance pour moi. Les gars dans le vestiaire sont ceux qui importent. »

Le natif du Massachusetts sait que ce sont ultimement les résultats sur la glace et le travail qu’il accomplira pour s’établir comme un franc-tireur dans la LNH qui feront foi de tout.

« Ce n’est pas une question de me servir de ça comme motivation, a-t-il conclu. C’est une question de jouer au meilleur de mes capacités pour aider l’équipe à atteindre ces objectifs. En faisant ça, j’ai l’impression que je fais taire mes détracteurs de toute façon. »