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Pettersson plus à l'aise à l'aube de sa deuxième saison avec les Canucks

L'attaquant apprend à apprécier être sous les projecteurs après avoir remporté le trophée Calder

par Mike Zeisberger @Zeisberger / Journaliste NHL.com

STOCKHOLM - Elias Pettersson tente aujourd'hui d'apprécier les projecteurs qu'il craignait, il n'y a pas si longtemps.

Lorsque l'attaquant des Canucks de Vancouver va sauter sur la glace à l'occasion de son deuxième camp d'entraînement dans la LNH au Save-On-Foods Memorial Centre de Victoria, en Colombie-Britannique, vendredi, il admet qu'il sera beaucoup mieux préparé à l'attention constante dont il fait l'objet en étant l'un des meilleurs joueurs de l'équipe.

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« Je tente simplement de m'amuser », a déclaré Pettersson le mois dernier au cours de la Tournée européenne des médias des joueurs de la LNH. « Je vis une vie de rêve. Je tente simplement d'en profiter au maximum. »

Sur la glace, il n'y a jamais eu de problème pour Pettersson. Il s'y est toujours senti comme si c'était un deuxième chez-soi. Qu'il s'agisse d'esquiver un défenseur qui tente de l'aplatir contre la rampe, ou de composer avec l'espace réduit des patinoires nord-américaines, il s'est adapté de manière magistrale à sa première saison avec Vancouver, remportant le trophée Calder en 2019 à titre de meilleure recrue de la LNH.

Pettersson a mené toutes les recrues de la Ligue avec 66 points (28 buts, 38 passes) en 71 parties, 21 points de plus que l'attaquant des Sénateurs d'Ottawa Brady Tkachuk, qui a terminé au deuxième rang des pointeurs parmi les joueurs de première année. Le Suédois a établi un record pour le plus grand nombre de points par une recrue des Canucks, éclipsant la marque de 60 points (34 buts, 26 passes) qui appartenait à Pavel Pure depuis 1991-92. Pettersson est aussi devenu le premier joueur depuis Artemi Panarin, des Blackhawks de Chicago, en 2015-16 à terminer premier dans la LNH parmi les recrues au chapitre des buts, des passes et des points.

À l'extérieur de la patinoire, ce fut cependant une transition plus difficile pour le joueur de 20 ans. 

Nouveau pays. Nouvelle langue. Nouvelles attentes. Nouveau statut de joueur vedette dans un marché où le hockey est roi. C'était beaucoup pour un jeune natif de Ange, une ville d'environ 3000 âmes au centre de la Suède.

« C'était assurément nouveau, et comme l'équipe est située au Canada, l'attention des médias a surpassé tout ce à quoi j'étais habitué, a indiqué Pettersson. M'habituer à tout ça a vraiment été difficile pour moi, alors que j'utilisais ma deuxième langue. »

La plupart des problèmes d'adaptation de Pettersson étaient liés à la barrière de la langue, a-t-il souligné. Il a admis qu'il avait peur de dire certaines choses qui auraient pu mal sortir en anglais. En résumé, il ne voulait pas avoir l'air stupide.

« Je me souviens qu'à l'école, je n'étais pas très bon en anglais, a raconté Pettersson. À ma première entrevue en anglais, je maîtrisais à peine la langue, j'avais de la difficulté à prononcer un mot.

« Je crois que mon anglais est maintenant très bon. Déménager à Vancouver et le parler tous les jours a vraiment aidé. »

Rasmus Dahlin comprend tout à fait son compatriote.

Le défenseur des Sabres de Buffalo, sélectionné au tout premier rang du Repêchage 2018 de la LNH, a été au centre de beaucoup d'attention la saison dernière, tout comme Pettersson. 

« Je comprends ce que [Pettersson] veut dire, a reconnu Dahlin. Vous ne pouvez exprimer votre véritable personnalité parce que vous ne maîtrisez pas bien la langue. De mon côté, ç'a donné l'impression à mes coéquipiers et à tous ceux que je côtoyais que j'étais très gêné, mais c'était simplement parce que je ne connaissais pas la langue. »

La langue ne représentait toutefois pas la seule barrière. 

Pettersson, après tout, était un adolescent lorsqu'il est débarqué dans la LNH. Il a eu à s'occuper de plusieurs tâches dévolues aux adultes dès son arrivée, notamment trouver un endroit où loger, obtenir un permis de conduire et assimiler une nouvelle culture. 

« Il a vraiment acquis beaucoup de maturité l'an dernier, a assuré le défenseur des Canucks Erik Gudbranson. Il est un bon jeune qui vient d'une bonne famille. Mais il demeure un jeune homme. Ça ne lui enlève rien. Il a le droit d'être jeune. Mais pour une personne de son âge qui a été placé dans une situation comme celle qu'il a vécue, il s'en est tiré admirablement bien. 

« Il est simplement un jeune qui veut se présenter à l'aréna pour jouer au hockey, marquer des buts et réaliser de beaux jeux. Il y a toutefois un autre côté à tout ça. Vous obtenez votre premier chèque de paie. J'avais des petits boulots d'été quand j'étais jeune, mais rien qui ne s'approchait de ces chèques. Il faut trouver un endroit où habiter, prendre soin de sa voiture, et s'occuper de tous ces petits éléments de la vie de tous les jours. Il y a un décalage horaire de neuf heures avec le pays d'où il vient et où se trouvent sa famille et ses amis. C'est très loin. Ce n'est pas comme s'il s'était contenté de se présenter dans un nouvel endroit et qu'il n'avait qu'à jouer au hockey. Il y a plusieurs facettes que les gens ne voient pas. » 

Des choses très simples, comme sortir pour aller souper, sont devenues de plus en plus compliquées pour Pettersson à mesure que sa notoriété grandissait. Il a avoué qu'il lui avait fallu un moment pour s'habituer à être reconnu dès qu'il quittait l'aréna, et que cette réalité le rendait mal à l'aise. 

« Je n'étais pas du tout habitué à ça, a noté Pettersson. Je ne suis probablement pas encore habitué à être l'idole d'autres personnes qui demeurent réveillées très tard pour me regarder jouer au hockey. C'est tout simplement fou.

« Ça se produit même ici en Suède. Je me souviens avoir marché après avoir mangé au restaurant ici à Stockholm, et quelqu'un est venu me voir pour me féliciter pour ma saison, avant de repartir. Nous sommes à [Stockholm]… ce n'est pas ma ville natale, c'est la capitale de la Suède.

« Rendre les enfants heureux est la meilleure chose qui découle de tout ça. Le fait que je puisse faire la journée de quelqu'un en apposant mon horrible autographe sur quelque chose, bon peut-être pas si horrible que ça, c'est fantastique. Je sais ce que c'est, j'ai déjà été cet enfant moi aussi. »

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Quand il était un jeune garçon, Pettersson a été « cet enfant » lorsqu'il a rencontré Nicklas Lidstrom, le défenseur des Red Wings de Detroit qui a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 2015, dans le cadre d'un camp de hockey auquel prenait part son frère aîné, Emil, en Suède.

« J'étais trop nerveux pour aller le voir et simplement lui dire "Salut Nicklas, est-ce que je peux avoir ton autographe?". J'ai toujours ce souvenir à l'esprit quand les gens viennent me voir. Ils vont se souvenir de la courte conversation qu'ils ont eue avec moi, alors je tente de les rendre heureux. »

Dans le cadre de sa préparation en vue de sa deuxième saison dans la LNH, Pettersson a pris de la masse au cours de l'été, mais il semble encore fragile avec sa charpente de 6 pieds 4 pouces et 175 livres. 

Dans son esprit, toutefois, ça ne l'inquiète pas. Alors pourquoi les autres devraient-ils s'en inquiéter?

« J'ai toujours été petit et léger. Maintenant, je suis grand et léger, a-t-il lancé en riant. J'ai toujours été comme ça. »

« Regardez Johnny Gaudreau (Flames de Calgary). Je suis plus lourd que lui, et il s'en sort très bien. J'affiche aussi le même poids que Patrick Kane (Blackhawks de Chicago), et il s'en sort aussi plutôt bien. »

Bien que Pettersson ait connu des débuts fulgurants dans la LNH la saison dernière, inscrivant 10 buts et 16 points à ses 10 premiers matchs, l'usure d'un calendrier de 82 matchs a commencé à le rattraper. Il a raté six parties en raison d'une commotion cérébrale, et cinq de plus un peu plus tard en raison d'une blessure à la jambe subie à la suite d'un contact avec l'attaquant recrue des Canadiens de Montréal Jesperi Kotkaniemi.

Il admet qu'il a commencé à manquer d'essence vers la fin de la saison, obtenant 10 points (deux buts, huit passes) à ses 19 dernières parties, et il a réalisé que ses adversaires le surveillaient d'un peu plus près. Il croit toutefois que les Canucks pourraient utiliser cette tactique à leur avantage.

« Les autres joueurs ont tenté de me déconcentrer, de jouer de manière plus robuste à mon endroit, a expliqué Pettersson. Je pense toutefois que c'est une bonne chose, parce qu'ils portent trop attention à moi, et que je peux leur échapper, nous pouvons obtenir des situations à 2-contre-1, des choses comme ça, ou un de mes coéquipiers pourrait se libérer.

« J'ai tellement appris l'an dernier. Sur la glace, je ne me fixe pas d'objectifs personnels au chapitre des statistiques. Je veux simplement que l'équipe joue bien. Je crois en moi, et ce sera toujours le cas. Si quelqu'un ne possède pas ce genre de confiance en soi, il aura toujours des problèmes à bien faire.

« Je n'aurais pas pu être repêché à un meilleur endroit. J'adore Vancouver. »

Malgré tous les projecteurs qui s'y trouvent.

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