patrick roy2

Patrick Roy avait affirmé en juin dernier qu’il avait encore le désir d’effectuer un retour dans la LNH, mais qu’il ne passerait pas son temps à se morfondre dans l’attente d’un coup de fil.

Quelques mois ont passé, puis l’appel est finalement venu. C’est avec les Islanders de New York qu’il relèvera son prochain défi, et non le moindre. Le pilote québécois a été embauché par le directeur général Lou Lamoriello samedi, à la suite du congédiement de Lane Lambert. Son premier mandat sera d’aider la formation new-yorkaise à sortir de sa torpeur.

À LIRE : Patrick Roy devient l'entraîneur-chef des Islanders

Les Islanders (19-15-11) ont perdu leurs quatre derniers matchs et n’ont signé que deux victoires à leurs 10 dernières rencontres. Leur revers de 4-3 en prolongation aux mains des Blackkawks de Chicago, vendredi, a sonné l’alarme pour Lamoriello.

Roy prend les rênes d’une équipe qui accuse actuellement deux points de retard sur les Red Wings de Detroit et la deuxième place de quatrième as dans l’Est.

Un passionné

Roy est un mordu de hockey. Peu de temps après sa retraite comme joueur, il s’implique chez les Remparts de Québec, qu’il avait sauvé du naufrage en compagnie d’un groupe d’investisseurs au milieu de la saison 1996-97. Dès sa première saison comme entraîneur et directeur général, en 2005-06, il mène les Remparts jusqu’à la conquête de la Coupe Memorial. Il passe les sept saisons suivantes à la tête de l’équipe de la LHJMQ, avant d’être nommé entraîneur et vice-président des opérations hockey de l’Avalanche pour la saison 2013-14.

Roy remporte le trophée Jack-Adams, comme entraîneur par excellence, dès sa première saison grâce à la récolte en saison de 112 points de l’Avalanche.

L’équipe rate toutefois les séries éliminatoires au cours des deux saisons suivantes et Roy plie bagage sans crier gare avant le début de la saison 2016-17. Il remet sa démission le 11 août, peu de temps avant l’ouverture du camp d’entraînement. En trois saisons à la barre, il s’est forgé un dossier de 130-92-24.

« C'est difficile pour moi d'obtenir un emploi (dans la LNH) en raison de la manière dont j'ai quitté le Colorado », avait reconnu Roy en juin.

« Je sais que j'ai fait de mauvais choix. Je sais que la manière dont je suis parti – et tout ce que j'ai fait – pourrait avoir un impact sur la perspective qu'on a de moi aujourd'hui. Je dois vivre avec ça. Je sais que j'ai appris de mes erreurs. Le passé appartient au passé, mais il arrive qu'on doive vivre avec son passé. Je comprends la situation. »

Après avoir pris une pause, il reprend du service avec les Remparts pour la saison 2018-19, en nourrissant l’espoir d’un retour dans la LNH.

Un féroce compétiteur

Roy a été l’épitome d’un gagnant au cours de sa carrière de 19 saisons comme joueur, qu’il a jalonnée de quatre conquêtes de la Coupe Stanley et de trois titres de joueur par excellence en séries éliminatoires (1986, 1993, 2001) – un record dans la LNH. Il a ajouté à son palmarès trois fois le trophée Vézina, à titre de meilleur gardien en saison régulière (1989, 1990, 1992).

Un des grands gardiens de l’histoire de la LNH et un de ses plus féroces compétiteurs, Roy totalisait le plus de victoires en saison régulière, soit 551, et en séries éliminatoires, 151, au moment de prendre sa retraite le 28 mai 2003. Martin Brodeur a surpassé sa marque en saison régulière en 2009 et il trône au sommet avec 691 victoires. Marc-André Fleury vient également tout juste de passer devant Roy, ayant signé sa 552e victoire en carrière, le 15 janvier.

Le célèbre numéro 33 a signé 200 gains et plus avec les deux équipes pour lesquelles il a évolué – les Canadiens et l’Avalanche.

Pour l’ensemble des 1029 rencontres qu’il a disputées, il a subi 315 revers et obtenu 131 verdicts nuls, tout en affichant une moyenne de buts accordés par match de 2,54 et un pourcentage d’arrêts de ,910. Soixante-six de ses victoires l’ont été par voie de blanchissage. Il a ajouté 23 jeux blancs en séries, ce qui était un record jusqu’à ce que Brodeur réalise un 24e blanchissage.

« Ç’a été une formidable carrière », avait affirmé Roy au moment de son intronisation au Temple de la renommée en 2006. « Ç’a été le ‘fun’. J’ai savouré chaque moment et je suis heureux d’être toujours associé au hockey. Le hockey c’est ma passion. »

Né à Québec le 5 octobre 1965, Roy était un partisan des Nordiques de Québec et du gardien Daniel Bouchard au début de l’adolescence, avant que les Canadiens le réclament en troisième ronde (51e au total) en 1984.

Il a connu une rentrée fracassante chez les Canadiens en 1986, conduisant l’équipe vers les grands honneurs à l’âge de 20 ans seulement. En 20 matchs en séries, il a maintenu une excellente moyenne de 1,92 but permis par rencontre.

Il s’est établi comme un gardien élite à compter de la saison 1988-89, remportant le trophée Vézina à trois reprises en l’espace de quatre saisons. Il a de plus joué un rôle important dans la 24e conquête de la Coupe Stanley du Tricolore en 1993.

Les relations entre Roy et les Canadiens se sont embrouillées à la suite du congédiement du directeur général Serge Savard et de l’entraîneur Jacques Demers, au début de la saison 1995-96.

Le 2 décembre 1995, le nouvel entraîneur Mario Tremblay le laisse se faire démolir par les Red Wings de Detroit au Centre Bell. Quand il le retire de l’action en deuxième période, après le neuvième but des Red Wings, Roy annonce au président de l’équipe, assis tout juste derrière le banc, qu’il vient de jouer son dernier match avec les Canadiens.

Quatre jours plus tard, Roy passe à l’Avalanche dans une transaction qui marquera l’histoire de l’organisation comme ayant été une des pires.

Roy ne mettra pas de temps avant de faire sa marque avec sa nouvelle équipe, qu’il aide à remporter la Coupe Stanley au terme de la saison 1995-96 – la première saison des « anciens Nordiques » au Colorado.

Roy savourera sa quatrième conquête cinq ans plus tard, en 2001, permettant à Raymond Bourque de goûter au champagne de la victoire pour la première fois de son illustre carrière.

L’Avalanche se retrouvant au bord du précipice avant le match no 6 de la finale contre les Devils du New Jersey, Roy lance à l’entraîneur Bob Hartley qu’il doit trouver une façon d’obtenir un but parce qu’il n’en accordera pas.

On connaît la suite : l’Avalanche gagne le match 4-0 et enlève les honneurs du septième match, présenté au Colorado, par la marque de 3-1.

Encore une fois, le féroce compétiteur s’était levé.

Avec la collaboration du journaliste de LNH.com Robert Laflamme et du chroniqueur de NHL.com Dave Stubbs