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Patrice Brisebois avait 22 ans lorsqu'il a soulevé la Coupe Stanley en 1993, à sa première saison complète avec les Canadiens de Montréal, qui savouraient alors leur 24e conquête, mais aussi leur dernière, qui remonte à presque 30 ans.

Aujourd'hui, Brisebois déambule dans les loges corporatives du Centre Bell les soirs de matchs en vertu de son nouveau rôle d'ambassadeur des Canadiens. Il adore ce que démontre la jeune brigade défensive de l'équipe, et il entrevoit un potentiel très élevé pour ces jeunes arrières dans le futur.
« Personne ne savait vraiment à quoi s'attendre de la part des Canadiens au début de la saison », a déclaré l'ancien défenseur au Scotiabank Arena de Toronto dimanche, à l'extérieur du vestiaire d'Équipe Sundin entre les deux périodes de la Classique des Légendes Hyundai du Temple de la renommée.
En effet, après avoir atteint la finale de la Coupe Stanley 2021, les Canadiens ont dégringolé au classement avec la pire saison de 82 matchs de leur histoire. Leur fiche de 22-49-11 en 2021-22 leur a procuré 55 points, et le 32e et dernier rang de la LNH.
Avec le vice-président des opérations hockey Jeff Gorton et le directeur général Kent Hughes aux commandes, le personnel de dépisteurs qui a regarni la banque d'espoirs de l'équipe au repêchage 2022 et Martin St-Louis à sa première saison complète derrière le banc comme entraîneur, les Canadiens et les partisans regardent vers l'avenir, et non vers le passé.
La séquence de trois victoires de suite de Montréal a pris fin à domicile mardi avec un revers de 5-1 aux mains des Devils du New Jersey, qui signaient ainsi un 10e gain de suite. Les Canadiens affichent toutefois une fiche égale après 17 parties (8-8-1), ce qui place l'équipe au sixième rang de la section Atlantique.
Il y avait plus de points d'interrogation que de points d'exclamation qui entouraient l'équipe à l'aube de la saison 2022-23.
En tête de lice, le gardien vedette Carey Price était à l'écart du jeu en raison d'une blessure au genou, ce qui a propulsé Jake Allen dans le rôle de gardien numéro un et Samuel Montembeault, fort d'une expérience de 63 matchs dans la LNH, dans le rôle d'auxiliaire.
« Pour le moment, les gardiens font le travail soir après soir, a noté Brisebois. Ils se poussent l'un et l'autre, ils jouent avec confiance, et ils donnent à l'équipe une chance de gagner chaque soir.
« C'est la même chose avec leur jeune brigade défensive. Tout le monde disait que ça allait être difficile, mais regardez ce qu'ils ont accompli jusqu'ici. C'est incroyable. »
Trois des six défenseurs des Canadiens qui étaient en uniforme contre les Devils - Kaiden Guhle, 20 ans; Arber Xhekaj, 21 ans; et Jordan Harris, 22 ans - ont le même âge ou sont plus jeunes que l'était Brisebois lorsqu'il a soulevé la Coupe Stanley en 1993. Ils possèdent une expérience combinée de 61 matchs dans la LNH.
« À l'attaque, il manque certains morceaux, a reconnu Brisebois. Mais [Nick] Suzuki, [Cole] Caufield, [Mike] Hoffman et [Kirby] Dach […] c'est bien de voir ce qu'ils accomplissent, parce que c'est un peu inattendu.
« Pour l'instant, tout le monde est heureux, et la question est maintenant de savoir s'ils peuvent participer aux séries. C'est une longue saison, mais ils ont connu un bon départ. Je suis persuadé que Kent Hughes, St-Louis et toute l'organisation des Canadiens sont ravis de la manière dont ils jouent. Souhaitons qu'ils puissent continuer comme ça. »
Brisebois a disputé 1009 matchs en 18 saisons dans la LNH (1991-2009), dont 896 au cours de ses deux séjours avec les Canadiens et 113 avec l'Avalanche du Colorado entre 2005 et 2007.
Il y a quatre mois, les Canadiens ont annoncé que Brisebois, Guy Carbonneau, Vincent Damphousse et Chris Nilan avaient été nommés ambassadeurs de l'équipe, rôle qu'occupaient déjà Yvan Cournoyer, 10 fois gagnant de la Coupe Stanley, et Réjean Houle, le directeur des anciens Canadiens.
Pendant des décennies, des légendes de l'équipe ont joué le rôle d'ambassadeurs comme les regrettés Maurice Richard, Jean Béliveau, Henri Richard et Guy Lafleur.
Les six ambassadeurs actuels sont une extension de la marque des Canadiens, une célébration du passé historique de l'équipe et une promotion de leur présent et de leur avenir.
« C'est un grand honneur, quand je pense que des personnes comme Maurice, Jean, Henri et Guy l'ont été avant moi, a mentionné Brisebois. Quand je jouais pour les Canadiens, je n'aurais jamais rêvé occuper un rôle comme celui-là, et voilà que j'ai reçu cette bonne nouvelle en juillet. Je remercie Geoff Molson pour sa confiance. »
Un événement corporatif tenu au Centre Bell le 24 octobre dernier a réuni l'équipe de direction, d'anciens gagnants de la Coupe Stanley, les membres de l'équipe actuelle et plusieurs commanditaires. Ce soir-là, une semaine après que les Canadiens eurent vaincu les Penguins de Pittsburgh 3-2, Brisebois s'est assuré de discuter avec les défenseurs ainsi qu'avec l'entraîneur adjoint Stéphane Robidas, qui est responsable des défenseurs.
« J'ai demandé aux défenseurs comment ils s'étaient sentis contre Pittsburgh lorsqu'ils ont affronté [Sidney] Crosby et [Evgeni] Malkin, a-t-il raconté. Les jeunes m'ont répondu que ç'avait été super, mais que c'était un peu intimidant au début.
« Je leur ai dit de ne jamais être intimidés par un adversaire, parce que si vous êtes sur la même glace qu'eux, c'est parce que vous méritez d'être là. J'espère que le message a porté ses fruits. Je leur ai aussi dit que quand j'ai amorcé ma carrière dans la LNH, j'étais confronté à [Wayne] Gretzky, [Mario] Lemieux, [Mark] Messier, [Jaromir] Jagr… tellement de bons joueurs. Ce fut une conversation très plaisante. »
Brisebois a aussi bien aimé discuter avec Robidas, qui a patrouillé la ligne bleue de Montréal avec lui entre 2000 et 2002.
« Stéphane m'a dit qu'il était très chanceux de miser sur d'aussi bons jeunes joueurs qui veulent apprendre et qui possèdent une très belle éthique de travail, a confié Brisebois. Je lui ai dit qu'avec ce noyau, les Canadiens allaient former une très bonne équipe dans trois, quatre ou cinq ans. »
Comme c'est le cas pour la plupart des observateurs, Brisebois est agréablement surpris par les cinq premières semaines de la saison des Canadiens. Et comme ce fut le cas pour Cournoyer, Houle et les regrettées légendes qui ont occupé le poste d'ambassadeur, il a appris qu'il était plus agréable de parler des Canadiens lorsque l'équipe gagne.
« Je crois vraiment que Martin est un élément important de leurs succès, a avancé Brisebois. Lorsqu'il était joueur, il était passionné par son sport. Il se préparait pour chacun des matchs, et pour cette raison, il s'améliorait à chacun des matchs. Je pense que c'est ce qu'il enseigne à l'équipe en ce moment, et les joueurs adorent leur entraîneur.
« Au début de la saison, tout le monde s'attendait à une autre année difficile. Jusqu'ici cependant, c'est une équipe très agréable à regarder. Il s'agit d'un groupe qui est en train de bâtir quelque chose. »