EDMONTON- Olivier Rodrigue avoue qu'il commence à avoir fait le tour de la chambre d'hôtel qu'il occupe depuis un mois à Edmonton. Mais après avoir passé ses deux premières saisons professionnelles à traîner ses pénates à gauche et à droite, il ne se plaint pas d'avoir enfin un peu de stabilité.
Olivier Rodrigue aux premières loges
Le gardien québécois fait partie des <i>Black Aces</i> qui ont le privilège de vivre de près le parcours éliminatoire des Oilers

Surtout que ça lui permet en même temps de vivre une expérience enivrante. L'espoir des Oilers devant le filet fait partie des Black Aces et a vécu de près le parcours de l'équipe jusqu'en finale de l'Association de l'Ouest.
« C'est une belle expérience d'être au quotidien avec l'équipe et de vivre les voyages, a dit le gardien de 21 ans, rencontré dans les gradins du Rogers Place, dimanche. Ça m'impressionne de voir que les gars sont capables de performer comme ça malgré tout le voyagement. »
Le Chicoutimien a accompagné la formation albertaine sur la route pendant la première ronde - une série gagnée en sept matchs contre les Kings de Los Angeles - et a ensuite été relégué au groupe d'extras quand son homologue Stuart Skinner a rejoint l'équipe à la fin du parcours éliminatoire du club-école de Bakersfield.
Reste que l'état-major des Oilers démontre une belle confiance envers son choix de deuxième ronde en 2018 (62e au total) en lui permettant d'être un témoin privilégié d'un long printemps dans la grande ligue.
« Je sens qu'ils ont de l'intérêt pour moi, a observé l'ancien des Voltigeurs de Drummondville et des Wildcats de Moncton. Je suis encore jeune, ma carrière ne fait que commencer. Je suis vraiment content d'être ici, de prendre de l'expérience au quotidien autour de l'équipe et de voir des matchs de la LNH. »
Ç'a de quoi être rassurant pour Rodrigue après une saison au cours de laquelle il a partagé son temps entre Bakersfield, dans la Ligue américaine, et Wichita, dans la ECHL. Il a même effectué un petit séjour avec les Oilers en intégrant l'escouade de réserve à un certain moment. Quand on parlait de voyagement...
Avec un peu de recul, ce n'est pas exactement le parcours en pente ascendante que les espoirs de premier plan empruntent habituellement. Mais Rodrigue a gardé le cap sur l'objectif en se disant que c'était le bon chemin à prendre pour son propre développement.
« Étant donné que Skinner avait le poste de no 1 à Bakersfield, je savais que c'était important pour moi de jouer des matchs, a-t-il expliqué. Je ne veux pas rester sur le banc, je veux jouer. Le saut dans la ECHL était dans l'optique de jouer des matchs. C'est juste de l'expérience que j'ai mis dans mon sac. »
Rodrigue a disputé 13 matchs dans la Ligue américaine, et il a passé la majeure partie de sa saison à Wichita, au sein d'une équipe qui en arrachait un brin. Le portier a maintenu une fiche de 6-5-2, une moyenne de buts alloués de 3,57 et un taux d'efficacité de ,907.
« La ECHL, c'est difficile pour un gardien, a-t-il indiqué. C'est un peu moins défensif et plus axé sur l'attaque. Il y a un peu moins de structure, les formations changent toujours. Les chances de marquer de qualité sont plus nombreuses. Si je regarde les statistiques, ce n'est pas génial, mais c'était plus difficile collectivement.
« J'ai fait ce que je pouvais, et je vais continuer de me battre. Je ne vais jamais lâcher. »
Éprouvant
À ce stade-ci, le Québécois commence à être habitué au parcours cahoteux. Sa dernière année dans la LHJMQ s'est terminée avec l'annulation des séries éliminatoires, et il a dû s'exiler en Autriche pour jouer des matchs à sa première année professionnelle - en raison de la pandémie.
Il a disputé 23 matchs avec le club de la ville de Graz avant de revenir à Bakersfield en février 2021 pour faire ses débuts professionnels en Amérique du nord.
« Ç'a été un cirque, a-t-il lancé en riant. Ce sont des années quand même difficiles, pas juste pour moi mais pour tout le monde. Ça m'a permis de vivre d'autres expériences. J'ai réussi à progresser grâce à l'adversité que j'ai vécue. C'est ce qui a forgé mon caractère, ma personnalité et le joueur que je vais devenir. »
Il souhaite maintenant retrouver un peu de stabilité. Et il a un plan bien précis pour y arriver, la saison prochaine.
« Le poste de no 1 risque d'être disponible à Bakersfield, tout dépendant de ce qui va se passer devant le filet des Oilers, a-t-il avancé. Je devrai performer du mieux que je peux et forcer l'organisation à prendre des décisions en fonction de moi. Si le poste de no 1 est à prendre, mon but sera d'être l'homme de confiance. »

















