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La majorité des Américains visitent la France pour goûter à sa culture et sa cuisine.

Noa Diop y est allée pour le hockey.

La défenseure native de Chicago âgée de 15 ans a pris la direction de la France la dernière saison pour jouer au Pôle France Féminin, le complexe d'entraînement de l'équipe nationale de hockey féminin situé en banlieue de Paris.

Elle s'y est inscrite afin de poursuivre son rêve de jouer dans l'équipe nationale de France et de représenter le pays un jour aux Jeux olympiques.

« Je me trouvais dans une académie avec plusieurs des meilleures joueuses de France, alors c'était extrêmement exigeant, a affirmé Noa. Je pensais que ce serait une très bonne occasion, et que ce soit extrêmement agréable de vivre là pendant un an et de pouvoir jouer avec l'équipe nationale. J'espère aussi participer aux Jeux olympiques. »

Noa a quitté Chicago pour la France en août 2022, alors qu'elle avait 14 ans, et elle est retournée chez elle à la mi-juin. Elle retournera en France cette semaine pour participer à un tournoi opposant la France à la Hongrie, l'Italie et la Slovaquie à Vaujany dans les Alpes françaises du 9 au 11 novembre.

Elle espère que ce tournoi et son travail acharné au complexe d'entraînement lui permettront de décrocher un poste au sein de l'équipe française qui prendra part au Championnat du monde de hockey féminin des moins de 18 ans de la FIHG, qui se tiendra à Egna, en Italie, du 6 au 12 janvier 2024. La France affrontera l'Autriche, le Danemark, la Hongrie, l'Italie et le Japon dans le groupe A du tournoi.

« Je reste en contact avec l'entraîneur de l'équipe nationale des moins de 18 ans et avec l'entraîneur de l'académie au cas où ils auraient besoin de vidéos ou de quoi que ce soit d'autre, a-t-elle expliqué. Aux États-Unis, je m'entraîne très souvent avec mon équipe et nous avons plusieurs tournois, alors je peux ainsi me préparer et maintenir mon niveau. »

Noa, qui a reçu une bourse de 3 000$ du Black Girl Hockey Club en automne 2022, évolue avec la formation des moins de 16 ans du Windy City Storm à Chicago.

Afin d'être admissible pour l'équipe nationale française, elle a dû y déménager afin de satisfaire les exigences de la Fédération internationale de hockey sur glace pour les joueuses de hockey féminin qui changent de citoyenneté ou qui en obtiennent une autre, et qui veulent jouer pour la première fois dans un tournoi de la FIHG en représentant un nouveau pays.

Selon les règlements de la FIHG, les joueuses doivent jouer sur une base régulière pour au moins une saison de hockey et être membres de leur nouvelle association nationale pour au moins huit mois consécutifs (240 jours) pendant cette période.

Sébastien Roujon, l'entraîneur du complexe d'entraînement de l'équipe nationale féminine, a déclaré que Noa représentait un bel ajout pour le programme et qu'elle a laissé une impression positive sur ses entraîneurs et ses coéquipières.

« Elle a un bon sens de hockey, elle est très agressive, elle gagne des batailles pour la rondelle, a décrit Roujon. Sa compétitivité est incroyable. »

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En février, Noa a reçu le trophée Marion Allemoz, remis chaque mois par l'académie à la joueuse qui démontre la meilleure attitude et la meilleure éthique de travail sur la glace et en dehors.

Le trophée est nommé en l'honneur d'Allemoz, une ancienne capitaine de l'équipe nationale féminine et la première Française à jouer au hockey féminin professionnel en Amérique du Nord à titre de membre des Canadiennes de Montréal de la Ligue canadienne de hockey féminin entre 2016 et 2018.

« Pendant le mois de février, en plus de sa contribution à la première victoire de l'équipe française féminine des moins de 16 ans contre la Hongrie, Noa a démontré toutes les qualités d'une joueuse d'élite, tout en conservant un grand sourire », a souligné l'ancien gérant du complexe d'entraînement, Jean-Baptiste Chauvin. « Si elle continue à travailler, Noa deviendra certainement une joueuse respectée dans les équipes françaises. »

L'amour que porte Noa à la France provient de son historique familial. Elle possède la double citoyenneté américaine et française grâce à son père, Ibrahima Diop, qui possède la triple nationalité sénégalaise, française et américaine, et par sa mère, Natalie Kissinger, une Américaine originaire du Wisconsin.

Noa fréquente une école internationale française aux États-Unis et elle parle couramment la langue. Cela dit, la décision de lui permettre de jouer en France n'a initialement pas été facile à prendre pour ses parents et par les responsables du complexe d'entraînement.

« Noa est mon premier enfant, a déclaré son père. Nous avons d'abord tenté d'y déménager nous aussi, mais la logistique s'est avérée très complexe. Je voulais m'assurer qu'elle allait être en sécurité, maintenant que maman et papa n'allaient plus être à proximité. »

Les responsables du complexe d'entraînement se demandaient comment une joueuse américaine allait s'adapter au jeu et à la vie dans un pays étranger.

« Ce n'est pas tous les jours que tu reçois un appel d'une mère américaine qui te dit, "Bon, ma fille a une double citoyenneté, et elle veut jouer pour la France" », a admis Chauvin.

« Ces joueuses veulent habituellement évoluer avec USA Hockey, nous le comprenons. C'était un peu surprenant, mais une fois que l'on apprend à connaître Noa et sa famille, on comprend à quel point la France est très importante pour eux. »

Noa a avoué avoir eu un peu le mal du pays quand elle est arrivée au complexe, mais ce sentiment s'est rapidement dissipé, remplacé par l'excitation liée au fait de vivre de nouvelles expériences.

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Les inquiétudes de ses parents ont également été dissipées, en partie parce que Noa possède de la famille à Paris à qui elle pouvait rendre visite.

« C'était en fait une belle occasion pour elle d'apprendre à mieux les connaître, a ajouté son père. Nous avons eu l'occasion de fêter l'Action de grâce là-bas, et son cousin français a ainsi eu la chance de vivre une tradition américaine. »

Alors que Noa poursuit sa quête de se joindre à l'équipe nationale française, elle espère que les Bleues se qualifieront pour les Jeux de 2026 à Milan et Cortina d'Ampezzo. La France occupe présentement le 13e rang du classement des équipes féminines de la FIHG.

« Ce serait une chance exceptionnelle de pouvoir jouer aux Jeux olympiques, a-t-elle dit. Et l'endroit où ces Jeux auront lieu représente une destination que j'ai toujours rêvé de visiter. De pouvoir y aller pour pratiquer le sport que j'aime depuis que j'ai sept ans, ce serait formidable. »