WPG_Morrissey

Josh Morrissey a un nouveau surnom qui en dit long sur la saison qu'il connait avec les Jets de Winnipeg : « Norrissey ».

Le joueur de 27 ans a établi un nouveau sommet en carrière avec 39 points, au premier rang chez les Jets. Ses 33 passes représentent aussi un record personnel, et il a obtenu au moins une aide dans 26 des 33 matchs des Jets cette saison. Sa mention d'aide dans une défaite de 3-2 contre les Bruins de Boston, jeudi, lui a permis d'amasser au moins un point dans une 11e rencontre consécutive (un but, 13 passes), ce qui fait de lui le neuvième défenseur dans l'histoire de la LNH à réussir une séquence aussi longue.
À LIRE AUSSI : Sénateurs: Contrat de quatre ans et 18,4 millions $ pour Zub | Table ronde : Qui serait à l'honneur si on renommait les trophées?
Il est l'une des raisons principales qui expliquent pourquoi les Jets (21-11-1) occupent le deuxième rang de la section Centrale.
Morrissey a affirmé que ses succès sont attribuables à une discussion qu'il a eue durant la saison morte avec Rick Bowness, nommé entraîneur des Jets le 3 juillet.
« Dès le premier appel que j'ai eu avec lui, il m'a mis au défi d'en faire plus, de me pousser et de continuer à transporter mon jeu à un niveau supérieur, a raconté Morrissey. Je me souviens d'avoir raccroché et de m'être dit que c'est exactement ce que tu veux d'un entraîneur. Tu veux qu'il te fasse confiance et te fasse jouer, mais tu veux aussi sentir qu'on croit que tu peux améliorer ton jeu.
« Ça m'a motivé pour le reste de l'été et le début de la saison. Il m'a encouragé à être plus agressif, comme il le fait avec le reste de notre brigade défensive. Il veut que nous soyons plus impliqués dans le jeu. »
Morrissey est l'un des trois joueurs des Jets avec 14 points en avantage numérique, un sommet (les attaquants Kyle Connor et Pierre-Luc Dubois sont les deux autres). Il amasse en moyenne 1,18 point par partie, au troisième rang parmi les défenseurs de la LNH derrière Erik Karlsson, des Sharks de San Jose (1,24) et Rasmus Dahlin, des Sabres de Buffalo (1,19).
On parle de lui comme d'un prétendant au trophée Norris, remis annuellement au meilleur défenseur de la LNH, d'où le surnom.
« Les partisans de notre équipe semblent vraiment l'avoir adopté. Je trouve ça drôle, a dit Morrissey. C'est un honneur de voir son nom être mentionné dans cette catégorie, que ce soit juste pour le plaisir ou même si des gens le pensent vraiment. »
Ses coéquipiers, eux, y croient.
« Ils contribuent aux deux extrémités de la patinoire et il joue de grosses minutes », a mentionné l'attaquant recrue Cole Perfetti. « Son jeu défensif parle pour lui-même, mais en plus, c'est difficile pour un défenseur de noircir la feuille de pointage dans cette ligue. Ses statistiques sont assez impressionnantes. C'est génial d'avoir un joueur comme lui au sein de l'équipe. Il est doué offensivement et il patine tellement bien. Il peut se porter en attaque et être le premier en repli défensif. C'est plaisant de jouer avec lui, et ç'a l'air facile pour lui sur la glace. »
Bowness a mis Morrissey au défi en se basant sur ce qu'il avait vu de lui comme entraîneur et entraîneur adjoint des Stars de Dallas de 2018 à 2021, et comme adjoint avec le Lightning de Tampa Bay de 2013 à 2018.
« Comme je lui ai dit, je me souviens que lorsque nous venions jouer ici pendant quelques années, il faisait partie de notre plan de match en tant qu'équipe adverse. […] Son coup de patin est digne de l'élite, tout comme son sens du jeu. Il a de très bonnes habiletés, et je voulais voir ces choses-là, a expliqué Bowness. Je lui ai dit que je voulais voir le Josh Morrissey contre qui j'avais dirigé pendant quelques années et qui m'avait grandement impressionné.
« Je sais qu'il est là quelque part, et nous allons travailler ensemble pour le faire ressortir. »
Les changements dans le jeu de Morrissey ont été remarqués par les adversaires des Jets également.

OTT@WPG: Morrissey manoeuvre bien avant de marquer

« Par rapport aux quelques fois où nous l'avons affronté, il est très agressif, il n'a pas peur de s'avancer et de mettre de la pression sur les ailiers pour garder la rondelle en territoire offensif, et il est très efficace pour le faire », a souligné l'attaquant des Blackhawks de Chicago Patrick Kane. « Il semble faire du très bon travail sur le jeu de puissance sur la première unité. Nous parlions de lui l'autre jour. On dirait vraiment qu'il a franchi une autre étape comme joueur. »
Produire offensivement n'est rien de nouveau pour Morrissey. Il a établi un sommet en carrière avec 12 buts chez les Jets lors de la saison 2021-22 et il a connu plusieurs bonnes campagnes offensives avec les Raiders de Prince Albert, dans la Ligue de hockey de l'Ouest (WHL). Il a notamment inscrit 73 points (28 buts, 45 aides) en 2013-14, après avoir été repêché au 13e rang par les Jets en 2013.
« Il avait besoin que je ne sois plus dans le portrait. C'est peut-être la clé pour lui », a lancé à la blague le défenseur des Rangers de New York Jacob Trouba. Ce dernier et Morrissey ont formé une paire défensive pendant la majeure partie des saisons de Trouba avec Winnipeg (2015 à 2019).
« Nous parlions après les matchs et nous essayions d'apprendre l'un de l'autre. C'est important pour des jeunes joueurs d'avoir un coéquipier et un partenaire qui vit la même chose que toi, a indiqué Trouba. C'est plaisant à voir. Ça fait longtemps que l'on attendait ça de sa part, car il a tout le talent et les habiletés. Je suis heureux que les morceaux du casse-tête se mettent en place pour lui. »
Morrissey attire de plus en plus l'attention, ce qui pourrait lui valoir un honneur individuel à la fin de la saison. Mais le principal intéressé ne pense même pas au Norris.
« Ma philosophie n'a pas changé, a-t-il assuré. J'essaie de m'améliorer chaque jour. Nous avons connu un bon début de saison comme équipe, ce qui aide tout le monde sur le plan individuel. Il reste encore tellement de temps à la saison et il y a tellement d'éléments sur lesquels je dois continuer à travailler pour devenir meilleur. Être dans cette conversation et avoir cet objectif est une bonne chose. Je dois me motiver à atteindre ce niveau de jeu. »
\Avec la contribution du correspondant indépendant NHL.com Darrin Bauming.*