Quinn Hughes USA OT goal

MILAN – Quinn Hughes a envoyé la rondelle dans le filet adverse, cogné son bâton contre la surface glacée et reçu une accolade de Matt Boldy. Sous les airs de « Free Bird », le vieux succès de Lynyrd Skynyrd, l’équipe américaine s’est mise à célébrer son triomphe en quarts de finale des Jeux de Milano Cortina.

Le but de Hughes après 3:27 de prolongation procurait aux Américains une victoire de 2-1 contre la Suède au Santagiulia Arena. Qu’a donc ressenti le défenseur du Wild du Minnesota à ce moment précis, alors qu’il venait de jouer les héros?

« Du soulagement, tout simplement! », a-t-il répliqué.

La Suède avait forcé la tenue d’une prolongation quelques minutes plus tôt grâce à un but inscrit par Mika Zibanejad avec 1:31 à écouler à la troisième période. Soudainement, l’objectif de l’équipe américaine de remporter une première médaille d’or depuis 1980 (Jeux de Lake Placid) était en péril.

Finalement, ce rêve est toujours bien vivant, et ce, grâce à Hughes. Un joueur qui n’avait même pas pu participer à la Confrontation des 4 nations en février dernier en raison d’une blessure.

Les États-Unis affronteront la Slovaquie vendredi pour une place en grande finale (15 h 10 HE; Peacock, NBC, ICI Tele, CBC Gem, CBC [JIP], TSN [JIP], RDS2).

« Lorsque je l’ai vu commencer à célébrer, j’ai sauté très haut. C’était probablement mon plus grand saut depuis mon opération! », a lancé à la blague l’attaquant Matthew Tkachuk, qui a subi une intervention pour soigner une blessure aux muscles adducteurs et une hernie sportive en août dernier.

« On est sans doute une meilleure équipe avec Quinn, a ajouté Tkachuk. En fait, ce n’est même pas une question. Il joue de grosses minutes et il est une menace constante en zone offensive. »

Hughes avait obtenu une mention d’aide sur le premier but des États-Unis, celui de Dylan Larkin à mi-chemin en deuxième période. Par la suite, l’intensité a monté d’un cran. À l’image, en quelque sorte, d’un match no 7 de la finale de la Coupe Stanley.

Les Américains ont tenté de garder l’ascendant à l’aide de percutantes mises en échec et de savants jeux défensifs, mais les Suédois ont finalement réussi à s’inscrire au tableau en fin de troisième période. Zibanejad a accepté une passe transversale de Lucas Raymond avant d’envoyer le disque derrière Connor Hellebuyck avec 1:31 à écouler à l’engagement.

« On s’est ensuite ressaisi et on s’est préparé pour la prolongation, a raconté Hughes. Je sens qu’on a mis un accent sur l’attaque en prolongation. »

À VOIR: Faits saillants du match États-Unis/Suède

Le jeu à 3-contre-3 laisse davantage d’espace aux joueurs des deux équipes, mais représente aussi un jeu d’échecs où les occasions de qualité ne pleuvent pas.

« On a tendance à croire que ce sera offensif alors que c’est souvent le contraire qui se produit, a dit Tkachuk. Mais au bout du compte, ça ne prend qu’un gars qui réussit un jeu et ce fut Quinn aujourd’hui. »

Hughes a transporté la rondelle en territoire de la Suède, puis a patiné à gauche le long de la bande en évaluant ses options. Il a envoyé le disque à la pointe vers Matt Boldy, son coéquipier du Wild du Minnesota, puis s’est dirigé vers lui.

Boldy a immédiatement su ce qu’il devait faire.

« Je devais la lui redonner, a-t-il répondu. C’est le plan de match lorsqu’il est sur la glace. Il est tellement talentueux. Il réussit à créer des lignes de tir et des occasions de marquer. Quinn veut la rondelle. Il veut la transporter et faire la différence. C’est pourquoi il est un aussi bon joueur. »

Hughes, donc, a pris la rondelle et s’est dirigé dans le haut de l’enclave. Juste avant que Gabriel Landeskog puisse lui harponner le disque, il a décoché un tir qui a frappé l’intérieur du poteau droit et déjoué Markstrom.

« C’est l’un des meilleurs sentiments que j’ai vécus », a dit Brady Tkachuk, son coéquipier et ami proche. « Non seulement j’étais soulagé qu’on ait marqué le but, mais en plus, c’est Quinn qui venait de marquer. On a une autre preuve qu’il est l’un des meilleurs défenseurs de la LNH. »

Hughes a terminé le match avec un temps de jeu de 27:31, de loin un sommet d’équipe. Dans la LNH, il est employé 27:52 par rencontre en moyenne cette saison, un sommet également. Il a récolté six points (un but, cinq aides) en quatre matchs depuis le début du tournoi, à égalité au premier rang de son équipe avec le capitaine Auston Matthews (3-3—6).

« Je suis enchanté qu’il soit dans notre équipe. Il est une véritable bête, un joueur que tu veux voir avec la rondelle. Il s’est levé au bon moment », a affirmé Boldy.

Prochain défi pour Hughes et les États-Unis : la Slovaquie.

« Ce sera un test extrêmement, extrêmement difficile, a conclu Hughes. Ils sont sur une véritable lancée. Ils sont compétitifs. Ils sont rapides. Le nombre de vedettes par équipe importe peu. On joue tous avec l’énergie du désespoir. Chaque match est un match no 7.

« On devra être prêts, mais je suis persuadé qu’on le sera. »

Contenu associé