MILAN – Juraj Slafkovsky restait au bout du banc de la Slovaquie avec le soigneur derrière lui. Un sac de glace dans le cou, le numéro 20 regardait ses coéquipiers sur la glace du Santagiulia Arena. Deux fois, il a bondi de son banc pour célébrer un but de son pays.
Cette scène, qui s'est déroulée sur 33 secondes, représentait une belle illustration de cette victoire de 6-2 de la Slovaquie contre l’Allemagne mercredi après-midi à Milan.
À LIRE AUSSI : CH : Les coéquipiers de Slafkovsky impressionnés, mais pas surpris | La Slovaquie élimine l’Allemagne et passe en demi-finale
« C’était de la glace formidable », a dit Slafkovsky dans la zone mixte après la rencontre. « Un sac de glace peut tout guérir. Je crois que je placerai encore un sac de glace sur mon cou à notre prochain match. Et j’espère que nous marquerons encore deux buts. »
Au début de la deuxième période, les attaquants Milos Kelemen et Oliver Okuliar ont assommé leurs rivaux en marquant deux buts en seulement 33 secondes. Ils ont tous les deux déjoué le gardien Phillip Grubauer après une mauvaise gestion de la rondelle de l’équipe allemande en zone neutre.
Juste avant ces deux buts, les Slovaques retenaient leur souffle. Slafkovsky, le cœur et l’âme de cette équipe Cendrillon à ce tournoi, venait de se frapper la tête contre la bande. L’ailier des Canadiens de Montréal s’était retrouvé coincé entre les défenseurs Moritz Seider et Fabio Wagner. Il a trébuché contre le patin de Seider et dans sa chute, il s’est fait légèrement frapper par Wagner. Étendu sur la patinoire, il se tenait la tête.
Il y a toutefois eu plus de peur que de mal pour Slafkovsky. Il n’a pas raté une seule présence dans ce match des quarts de finale.
« Au prochain match, je ne voudrai pas me frapper encore la tête », a-t-il répliqué avec son sourire habituel. « Mais je testerai encore le sac de glace! »
« Je ne sais pas comment le décrire, mais je me suis comme tourné la cheville, a-t-il expliqué d’une façon plus sérieuse dans une autre mêlée de presse. J’ai chuté contre la bande et j’étais un peu ébranlé, mais le sac de glace a tout réparé. »
Avec une victoire en poche et un billet pour les demi-finales aux Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, un peu tout le monde pouvait rire de ce jeu en deuxième période.
« Slaf est un assez gros joueur », a rappelé le gardien Samuel Hlavaj qui a bloqué 25 des 27 tirs de la bande à Leon Draisaitl. « Je pense qu’il peut encaisser une ou deux grosses mises en échec. Mais je voulais le voir se relever. J’avais un peu peur puisqu’il est une pièce essentielle à notre équipe. Il va bien, alors tout est beau. »
En quarts de finale, Slafkovsky a écrit son nom sur la feuille de pointage à une seule reprise. Pour une première fois à Milan, il n’a pas eu besoin de transporter l’attaque sur ses épaules. Les attaquants Pavol Regenda (un but, deux passes), Dalibor Dvorsky (un but, une aide) et Okuliar (un but, une mention d'aide) ont pris le relais contre l’Allemagne.
Slafkovsky a récolté son septième point (trois buts, quatre passes) à ce tournoi lors du sixième et dernier but de la Slovaquie contre l’Allemagne. Avec un peu plus de trois minutes à jouer dans ce match, l’ailier de 21 ans a sorti la rondelle de son territoire pour ensuite la remettre à son joueur de centre, Adam Ruzicka, qui a ensuite repéré le capitaine Tomas Tatar.
Tatar a marqué dans un filet désert.
« Je trouvais ça important de ne pas être celui qui décoche le tir, a blagué Slafkovsky. Je voulais bouger la rondelle. Mais je pense aussi que Tuna n’avait pas encore marqué aux JO. Je le cherchais sur la glace. J’étais heureux quand il a marqué. Est-ce qu’il a pris un bon tir? Je crois que c’était dans le centre du filet. Alors c’était bien. »



















