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Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l’actualité chez le Rocket de Laval ainsi que dans l’ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l’antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.

Zachary Bolduc s’ajuste bien à sa nouvelle réalité de hockeyeur professionnel, mais l’attaquant des Thunderbirds de Springfield dans la Ligue américaine de hockey admet que son quotidien est bien différent de ce qu’il a connu auparavant.

Le choix de premier tour des Blues de St. Louis en 2021 (17e au total) a élu domicile dans un appartement qu’il loue seul à quelques pas du domicile des Thunderbirds, et il admet qu'il s'ennuie par moment du confort des familles de pension qui prenaient soin de lui pendant sa fructueuse carrière de quatre ans dans le hockey junior à Rimouski et Québec.

« Je me trouve des petits trucs de plus tous les jours, dit Bolduc en riant. C’est là que tu te rends compte à quel point tu es bien entouré (dans le hockey junior). J’ai eu la chance de jouer dans deux gros marchés (avec l’Océanic et les Remparts) et je vivais chez des gens extraordinaires. C’est un ajustement de vivre par moi-même. Le fait de cuisiner, de faire le ménage, le lavage... ce sont toutes des choses que je n’ai jamais faites avant. De semaine en semaine, ça devient de nouvelles habitudes. »

Le jeune homme de 20 ans avait déjà eu une petite idée de ce qui allait l’attendre au prochain niveau quand il avait rejoint les Thunderbirds au cours de leur long parcours en séries éliminatoires au printemps 2022. Après l’élimination des Remparts, il avait rejoint les T-Birds en pleine demi-finale contre le Rocket de Laval. Le cran démontré par cette excellente formation qui allait ensuite s’incliner en finale de la Coupe Calder aura laissé à Bolduc une impression très favorable.

« C’est cliché, mais je pense que c’est la préparation avant un match qui m’a le plus marqué, se rappelle-t-il. Les gars arrivent tôt à l’aréna pour des traitements ou encore pour bien se préparer pour l’entraînement. Les gars ont aussi le souci du détail. Ils prennent soin de leur équipement et de leur corps. J’essaie d’appliquer ces leçons cette année. »

Le natif de Trois-Rivières rejoint une formation qui établit une certaine base de succès depuis déjà quelques années. Les Thunderbirds surfent encore sur cette présence en finale et continuent d’occuper les sommets du circuit deux ans plus tard. Pourtant, le marché de Springfield, au Massachusetts, a vécu sa part de déboires à travers les années sur le plan des résultats sur la glace et au niveau administratif, changeant d’affiliation avec des équipes de la LNH à plusieurs reprises.

Avant la qualification de l’équipe en séries 2022, il fallait remonter à la saison 2014 pour constater la dernière présence du club en éliminatoires. À cette époque, l’équipe s’appelait les Falcons et était le club-école des Blue Jackets de Columbus. Par la suite, les Coyotes de l’Arizona et les Panthers de la Floride y ont jeté l’ancre pour y développer leurs espoirs avec des résultats mitigés sur la glace.

Bolduc se réjouit de prendre progressivement de plus en plus de responsabilités au sein d’une formation expérimentée qui occupe le quatrième rang de la section Atlantique en ce moment. Il connaît présentement ses meilleurs moments de la saison avec des points dans quatre de ses cinq derniers matchs.

« C’est sûr que c’est un jeu plus physique que dans le junior majeur, a reconnu Bolduc. Les gars sont plus gros et plus matures. On a des vétérans d’entre 26 et 30 ans dans notre équipe, qui jouent dans la ligue depuis plusieurs années. J’ai eu un départ au ralenti, mais malgré ça je sentais que je jouais de la bonne façon. Dernièrement, les choses commencent à tourner en ma faveur sur la feuille de pointage. »

Les Thunderbirds ont pour l’instant réussi à éviter les obstacles qui ponctuent habituellement une saison de la Ligue américaine. Depuis le début du calendrier, les Blues n’ont même pas eu besoin de rappeler qui que ce soit de leur club-école, une rareté dans une saison qui est déjà au mois de décembre. De plus, les Hurricanes de la Caroline ont donné un bon coup de pouce aux Thunderbirds en leur affectant l’attaquant Ryan Suzuki et le défenseur Dylan Coghlan puisqu’ils n’ont plus de club-école dans le circuit cette saison.

« On est un peu chanceux de ne pas avoir eu de rappel depuis le début de la saison, n’a pas le choix d’avouer Bolduc. Qu’on le veuille ou non, ça nous permet de développer une chimie sur nos différents trios. Depuis le début de la saison, je n’ai à peu près pas changé de partenaires de trio et je passe le plus clair de mon temps avec Suzuki et Hugh McGing, en plus de toucher à la deuxième vague du jeu de puissance. On commence vraiment à se trouver de plus en plus sur la glace. »

Le marqueur de 50 buts à ses deux dernières saisons dans la LHJMQ ne se met pas de pression supplémentaire afin d’obtenir un premier rappel dans la LNH dès cette année. Il sait qu’il a encore des étapes à franchir, et d’autres leçons à apprendre.

« Si tu poses la question à tous les joueurs dans ma situation, ils vont tous te répondre qu’ils souhaitent jouer dans la LNH le plus rapidement possible. C’est sûr que je veux réussir à le faire bientôt, mais sans brûler d’étapes. Je veux réussir à m’améliorer de jour en jour et garder ce rêve-là en tête chaque matin pour y arriver. »