Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l'actualité chez le Rocket de Laval ainsi que dans l'ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l'antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.
Nicolas Beaudin était rendu à la croisée des chemins dans l'organisation des Blackhawks de Chicago et il voyait la transaction qui l'a fait passer aux Canadiens de Montréal en début de saison comme salutaire afin de relancer sa jeune carrière. Après des débuts en dents de scie, le nouveau départ qu'il a obtenu commence à rapporter des dividendes.
Marcotte : Nicolas Beaudin est passé de la parole aux actes
Notre chroniqueur nous parle de la progression du défenseur québécois et de sa participation à la coupe Spengler

par
Anthony Marcotte
Chroniqueur LNH.com
Le choix de première ronde des Blackhawks en 2018 (27e au total) avait connu des débuts prometteurs dans la LNH en 2020-21 avant de voir son étoile pâlir, au point d'être retranché dans quelques matchs des séries éliminatoires de la Ligue américaine l'an dernier. Il s'est toutefois rapidement rendu compte que les choses n'allaient pas automatiquement devenir plus faciles avec sa nouvelle organisation.
Beaudin a en effet dû se montrer patient à son arrivée avec le Rocket de Laval. La troupe de Jean-François Houle se retrouvait avec un système de rotation à neuf défenseurs. Cette abondance de personnel, dont la majorité possédait des ententes de la LNH avec les Canadiens, ne lui a pas permis de prendre son rythme, et il s'est retrouvé dans les gradins plus souvent qu'à son tour.
Le 18 novembre contre les Monsters de Cleveland, à son quatrième match avec Laval, Beaudin s'est fait prendre en défaut à trois reprises. Trois infractions que les Monsters ont utilisées pour marquer trois fois avec l'avantage numérique dans un gain facile de 7-3 à la Place Bell. On ne peut certainement pas parler d'une situation idéale pour entrer dans les bonnes grâces d'un nouvel entraîneur!
« On ne peut pas permettre de se retrouver aussi souvent sur le banc des pénalités », pestait Houle après le match, au cours duquel son équipe avait accordé cinq buts à court d'un homme. « S'il (Beaudin) veut jouer plus souvent, il va falloir qu'il soit pas mal plus discipliné. »
Le natif de Châteauguay a finalement été retranché de la formation à six reprises lors des 12 premiers matchs du Rocket après la transaction, conclue le 26 octobre. Par la suite, quelques blessures ont décimé la brigade défensive à Laval, Justin Barron a obtenu un rappel dans la LNH, le défenseur Alex Green a été échangé aux Wolves de Chicago et la chance de jouer de grosses minutes à la ligne bleue s'est enfin présentée pour Beaudin. Plus discipliné et régulier dans son effort, Beaudin n'a fait que progresser depuis pour se retrouver à la tête du premier jeu de puissance de l'équipe.
« J'ai toujours joué avec confiance, ça fait partie de mon jeu, expliquait Beaudin. Pour ça, il faut que j'obtienne beaucoup de responsabilités pour me sentir à l'aise sur la glace. Depuis qu'il y a eu des blessés, j'ai saisi ma chance et je veux continuer dans ce chemin-là. »
Dès son arrivée avec le Rocket, on a senti le jeune homme heureux d'obtenir un changement d'air. De toute évidence, l'intention est là d'essayer de faire mentir l'organisation qui l'a repêché afin de faire sa place éventuellement dans la LNH. Avant d'être blanchi de la feuille de pointage le 6 janvier, Beaudin était sur la plus longue séquence de matchs avec au moins un point chez les défenseurs de la LAH avec six. Une séquence qui lui a permis d'enrichir ses statistiques personnelles de neuf points supplémentaires.
« Depuis que j'ai été échangé, l'objectif est de montrer aux Blackhawks qu'ils ont fait une erreur de me laisser partir, a catégoriquement lancé Beaudin. J'obtiens une chance de montrer que je suis capable de dominer dans la Ligue américaine avant de monter au prochain niveau. Il faut que je continue de pousser, et c'est plaisant de pouvoir aider l'équipe à gagner comme on le fait dernièrement. »
Visiblement, l'excellent rendement de Beaudin n'a pas manqué d'impressionner son entraîneur.
« Il joue du bon hockey », disait Houle le 4 janvier, après une victoire de 6-3 des siens face au Moose du Manitoba. « Je trouve qu'il se démarque quand il transporte la rondelle et repère ses coéquipiers en contre-attaque. Il apporte quelque chose de différent à notre brigade défensive. »
Malheureusement pour Beaudin, il n'aura pas l'occasion de poursuivre sur sa lancée à court terme. Blessé au haut du corps en troisième période lors de la dernière sortie du Rocket dimanche dernier à Toronto, il est rentré à Montréal pour des examens approfondis. La durée de son absence n'a toujours pas été révélée par l'équipe. Le Rocket se retrouve donc en sérieuse difficulté en défensive, alors que cinq patineurs se retrouvent sur la liste des blessés.
Une expérience enrichissante à la coupe Spengler
C'est à Davos en Suisse que Beaudin a eu l'occasion de passer la période des Fêtes en représentant le Canada lors de la prestigieuse coupe Spengler. Malgré les insuccès de son équipe, qui a subi trois défaites successives pour se faire montrer sèchement la porte de sortie dans le tournoi, Beaudin a apprécié au plus haut point son expérience.
Ça n'arrive pas tous les jours d'avoir la chance de porter le chandail de son pays dans une compétition internationale. Le défenseur avait toutefois besoin d'être libéré par les Canadiens afin d'y participer.
« La décision de participer à la coupe Spengler a été prise environ trois semaines avant mon départ pour la Suisse, a confirmé Beaudin. À ce moment, je devais sauter mon tour régulièrement, et les Canadiens ont cru bon de me laisser y aller quand les recruteurs du Canada ont communiqué avec mon agent. Quand je me suis mis à jouer plus souvent et à produire, je me suis mis à douter, mais il était trop tard pour reculer. »
Un entraîneur dans la Ligue américaine doit constamment ménager la chèvre et le chou. D'un côté, il veut donner les moyens à son équipe de gagner des matchs tout en pensant au développement de ses joueurs. C'est un peu dans cette situation que le Rocket s'est retrouvé en laissant partir un joueur devenu essentiel au rendement de l'équipe.
« Je ne suis pas certain qu'on l'aurait laissé partir en sachant d'avance qu'on en aurait autant besoin », a admis Houle pendant la période des Fêtes, alors que son équipe était criblée par les blessures. « En même temps, on le sait que c'est une superbe opportunité pour Nicolas de montrer ce qu'il est capable de faire à l'international. On veut toujours le meilleur pour nos joueurs, et je pense sincèrement que c'est une belle occasion pour lui. »

















