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Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l'actualité chez le Rocket de Laval ainsi que dans l'ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l'antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.

La sixième saison du Rocket de Laval est maintenant chose du passé après l'élimination de l'équipe en deux matchs dans la série de barrage servant à qualifier une dernière équipe dans le « vrai » portrait des séries. Si ce résultat a été décevant, on retiendra surtout ce remarquable revirement de situation qui s'est produit à la mi-décembre et qui a vu le Rocket revenir dans le portrait des séries alors qu'on le croyait déjà éliminé.

Pendant cette séquence, plusieurs patineurs ont émergé en l'absence de certains joueurs importants qui se sont retrouvés à occuper des rôles clés en fin de saison chez les Canadiens de Montréal. Le hockey étant un sport d'opportunités, certains joueurs lavallois en ont profité pour améliorer leur sort et seront assurément dignes d'une meilleure entente contractuelle en vue de la saison prochaine.

Comme c'est le cas lors de chaque saison morte, de nombreux changements sont à prévoir à la formation. Mis à part les plus jeunes joueurs possédant des contrats de recrue dans la LNH valides pour trois ans, seul Brandon Gignac possède un contrat toujours valide de la Ligue américaine en vue de la saison prochaine.

Voici nos lauréats du Rocket de Laval cette saison.

Joueur par excellence : Anthony Richard (60 MJ, 30-37-67, plus-10)

Richard voulait faire la différence cette saison en s'entendant avec les Canadiens sur un contrat à deux volets. Dès le départ au camp d'entraînement, il a laissé entendre qu'il convoitait la chance de jouer en séries à Laval, lui qui avait vécu l'expérience inverse l'année précédente dans le chandail du Crunch de Syracuse. Le Trifluvien a été productif du début à la fin de la saison en évitant la plupart du temps les périodes creuses et il se mérite la palme du joueur par excellence de la saison assez aisément.

Richard aura aussi laissé une impression favorable lors de ses 13 matchs à Montréal, lui qui n'avait joué que deux parties en carrière dans la LNH avant cette saison. Au bilan de fin de saison, le rapide patineur a exprimé le souhait de revenir pour une deuxième saison dans l'organisation puisque le CH lui offre potentiellement la meilleure chance de devenir un régulier dans la LNH, alors que le temps commence à presser à 26 ans.

À tous les niveaux, il s'agit de la meilleure saison de sa carrière chez les professionnels et il sera intéressant de voir quel genre d'entente il parviendra à décrocher en vue de l'an prochain. Il semble acquis qu'il obtiendra une entente garantie à un seul volet dans la LNH.

Mentions honorables : Corey Schueneman et Cayden Primeau

Recrue de l'année : William Trudeau (60 MJ, 7-20-27, plus-8)

Une saison remarquable à tous les points de vue pour Trudeau, qui a su faire écarquiller les yeux de bon nombre d'observateurs en raison de la qualité de son jeu en deuxième moitié de saison. Trudeau a réussi à transformer son statut incertain - on se demandait s'il allait retourner dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) - en celui d'acteur clé de la première paire en défensive du Rocket lors des quatre derniers mois de la saison.

Le rappel de Justin Barron à Montréal à la mi-décembre s'est avéré providentiel pour Trudeau, qui a immédiatement monté en grade à partir de ce moment. Quand Nicolas Beaudin est tombé au combat le 8 janvier, c'est aussi le jeune homme de 20 ans qui a pris les bouchées doubles en se retrouvant le quart-arrière du jeu de puissance. Il y est demeuré pour une bonne partie de la seconde moitié de saison, lui qui n'avait même jamais occupé ce rôle pendant ses trois saisons dans la LHJMQ avec les Islanders de Charlottetown.

La progression constante de ce choix de quatrième tour (113e au total) des Canadiens en 2021 est telle qu'il n'est pas impossible de le voir disputer des matchs dans la LNH dès la saison prochaine. Il sera assurément un pilier du Rocket en 2023-2024.

Mentions honorables : Pierrick Dubé, Xavier Simoneau, Lucas Condotta

Joueur le plus amélioré : Peter Abbandonato (66 MJ, 11-35-46, plus-2)

Abbandonato a été essentiel aux succès du Rocket lors des deux dernières saisons. Chaque fois, le Lavallois était confiné à un rôle de soutien en début de saison avant de s'élever dans le top-6 dès que les rappels et les blessures s'invitaient en cours d'année.

Abbandonato a certainement bien répondu à la commande cette année et sans lui, il y a fort à parier que le Rocket n'aurait pas été en mesure de se qualifier pour les séries. Lors du match d'ouverture en octobre, il n'était pas de la formation de Jean-François Houle, alors qu'on lui a préféré les Mitchell Stephens, Alex Belzile, Gignac et Jan Mysak pour pourvoir les quatre postes de joueurs de centre. À la fin de la saison, Abbandonato s'est retrouvé au deuxième rang des pointeurs avec 46 points, soit 26 de plus que son sommet précédent dans la Ligue américaine.

Seule ombre au tableau dans le cas d'Abbandonato : sa vilaine disette en fin de saison, alors qu'il n'a pas été en mesure d'amasser le moindre point à ses sept derniers matchs de la saison régulière et lors des deux parties éliminatoires du Rocket malgré un rôle accru sur un trio offensif et sur le jeu de puissance. Il cherchera sûrement une première entente de la LNH en carrière cet été, mais parviendra-t-il à l'obtenir à Montréal, alors que plusieurs espoirs sont attendus en attaque chez le Rocket l'an prochain? Rien n'est moins sûr.

Mentions honorables :Joël Teasdale, Jesse Ylonen, Lucas Condotta

Quatrième étoile : Corey Schueneman (62 MJ, 6-17-23, plus-13) - Pierrick Dubé (44 MJ, 16-16-32, plus-10)

Allons-y pour deux joueurs dans cette catégorie, puisqu'ils ont été tous les deux aussi importants aux succès du Rocket afin qu'il se qualifie en séries.

Dans le cas de Schueneman, il a été le roc d'une défensive dépouillée de plusieurs de ses vétérans de l'année dernière. Xavier Ouellet, Louie Belpedio et Tobie Bisson ont été des pertes importantes, et on a dû donner de très grosses responsabilités à Schueneman, qui les a remplies au meilleur de ses capacités. Deux autres vétérans, Otto Leskinen et Madison Bowey, ont été limités à 24 et 35 matchs, respectivement, en raison de blessures. C'est aussi à Schueneman qu'on a donné le mandat d'assurer les arrières de Trudeau, un jeune prometteur, mais inexpérimenté, pour une bonne partie de la saison en plus de le faire évoluer du côté droit régulièrement. Il s'est très bien acquitté de sa tâche.

Pour ce qui est de Dubé, c'est Houle qui a le mieux résumé l'importance qu'il occupait dans son équipe en fin de saison. L'entraîneur du Rocket disait de lui avant le début des séries que « tout le monde joue bien avec Dubé. » Il pouvait se permettre de le déplacer un peu partout dans sa formation, et celui-ci était en mesure de marquer des buts importants. L'arrivée fracassante d'Emil Heineman en fin de saison peut être en partie attribuable à Dubé, qui était son partenaire de trio. Âgé de 22 ans, Dubé a encore beaucoup de temps pour progresser et peut espérer un contrat de la LNH dans les prochains mois en raison de la qualité de son jeu.