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Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l'actualité chez le Rocket de Laval, ainsi que dans l'ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l'antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde
Le Rocket de Laval est officiellement en congé (forcé?) jusqu'au 29 décembre au moins, date de son prochain match à l'horaire face au Crunch de Syracuse. On ne sait toujours pas, au moment d'écrire ces lignes comment, où et quand le match aura lieu ni de quelle manière la Ligue américaine de hockey parviendra à sauver sa saison.

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D'ici à ce qu'on en sache davantage sur la marche à suivre en vue des 48 derniers matchs prévus au calendrier du Rocket, allons-y d'une analyse approfondie des différents acteurs de cette saison 2021-2022. Pour avoir une juste évaluation du rendement de chacun, seuls les joueurs ayant disputé au moins neuf rencontres se retrouvent dans ce palmarès.
(A) Laurent Dauphin (18 PJ, 11 B, 5 A, 16 PTS, moins-6)
Il aurait été très difficile de trouver plus méritant que Laurent Dauphin quand il a été rappelé à Montréal le 3 décembre. Ses succès à Laval se sont poursuivis chez les Canadiens et il est peut-être même en train de gagner un poste à temps plein dans la LNH pour la fin de la saison. Jean-François Houle lui a donné énormément de responsabilités et le Repentignois a bien répondu avec un effort colossal à chaque match. Au moment de son rappel, Dauphin était deuxième dans la LAH avec 11 buts marqués, un apport plus que considérable.
(A) Tobie Paquette-Bisson (24 PJ, 2 B, 10 A, 12 PTS, plus-4)
En voilà un qui ne cesse d'impressionner depuis la saison dernière. La progression de Paquette-Bisson est fulgurante depuis janvier dernier alors qu'il n'a jamais cessé de prendre du galon chez le Rocket. En plus d'être la plupart du temps l'arrière le plus fiable dans son territoire tous les soirs, le Blainvillois se fait davantage confiance offensivement et il est déjà sur le point de doubler ses statistiques offensives comparativement à la saison dernière. Un contrat de la LNH est une forte possibilité à ce point-ci pour le grand gaucher. LA révélation de la saison à Laval.
(A-) Jesse Ylönen (17 PJ, 4 B, 10 A, 14 PTS, moins-3)
Ylönen a tardé un peu à se mettre en marche cette année, surtout sur le jeu de puissance. Voilà qui l'empêche d'obtenir une note aussi élevée que ses deux coéquipiers. Au moment d'être rappelé, le Finlandais revendiquait neuf points à ses 10 derniers matchs. Lui aussi n'avait rien volé pour se retrouver à Montréal. Ylönen possède de beaux atouts pour s'établir un jour dans un rôle offensif dans la LNH. Il devra toutefois réussir à trouver le fond du filet plus régulièrement sur l'avantage numérique alors que l'adversaire se méfie un peu plus de son puissant tir frappé. Belle progression.
(A-) Xavier Ouellet (17 PJ, 3 B, 8 A, 11 PTS, moins-4)
Ouellet connaissait sa meilleure saison avec le Rocket au moment de se blesser au genou le 27 novembre. On ne connaît toujours pas la durée exacte de son absence, mais plus elle durera, plus le Rocket s'ennuiera de ce pilier à la ligne bleue. Le capitaine du Rocket rend de précieux services à l'équipe depuis son arrivée dans l'organisation puisqu'il agit comme mentor auprès des jeunes arrières, comme ça a été le cas pour Gianni Fairbrother cette année. Le soldat ultime.
(A-) Cayden Primeau (16 PJ, Fiche de 8-6-1, 2 JB, 2.77, .912%)
Cayden Primeau a franchi une nouvelle étape dans sa carrière. Il devait être utilisé davantage comme un gardien numéro 1 dans le hockey professionnel et c'est exactement ce qui s'est produit au cours des dernières semaines. Rares ont été les mauvaises performances de Primeau cette année. Jean-François Houle en a fait son gardien de confiance incontesté et il est le deuxième gardien le plus utilisé de la LAH à ce point-ci, en plus d'avoir obtenu trois départs à Montréal. Il n'est âgé que de 22 ans, il ne faudrait pas l'oublier.
(B+) Rafaël Harvey-Pinard (24 PJ, 5 B, 9 A, 14 PTS, plus-10)
La statistique du différentiel n'est pas toujours révélatrice, mais elle l'est dans le cas de Harvey-Pinard. S'il n'a pas toujours eu les résultats escomptés près des filets adverses depuis le début de la saison, il est tout de même un as de la défensive et c'est un aspect souvent insoupçonné dans le jeu du Jonquiérois. Harvey-Pinard est un métronome, l'effort est là à chaque match. Au moment de l'interruption des activités, il avait amassé cinq points à ses trois derniers matchs.
(B+) Brandon Gignac (20 PJ, 3 B, 8 A, 11 PTS, plus-4)
Gignac est en train d'écrire une très belle histoire cette saison. Après quatre ans dans l'organisation des Devils du New Jersey qui l'ont repêché au troisième tour en 2016, Gignac avait dû se contenter d'un contrat de la LAH avec le Rocket cette année. Il possède un coup de patin impressionnant et le trio qu'il forme avec Kevin Roy et Danick Martel présentement est l'une des raisons des succès de l'équipe depuis le début décembre.
(B+) Terrance Amorosa (9 PJ, 1 B, 5 A, 6 PTS, plus-5)
L'échantillon est petit dans le cas d'Amorosa avec seulement neuf matchs joués, mais il faut admettre qu'il s'agit de toute une surprise jusqu'ici. Faute de temps de jeu, le Rocket l'avait retourné chez les Lions de Trois-Rivières pendant quatre matchs. Depuis son rappel, on l'utilise sur une paire très fiable avec Louie Belpedio. Cet ancien de l'Université Clarkson est méconnu, mais il commence sérieusement à se faire un nom. Tellement qu'il sera impossible à déraciner au retour de certains éléments à la ligne bleue.
(B) Jean-Christophe Beaudin (11 PJ, 1 B, 5 A, 6 PTS, 0)
Beaudin s'est lui aussi retrouvé à accepter un contrat de la LAH après avoir passé quelques saisons dans l'organisation des Sénateurs. Bon patineur, Beaudin a rendu de fiers services au Rocket que ce soit au poste de joueur de centre ou à l'aile droite. Malheureusement, une blessure au bas du corps l'a privé d'un mois de temps de glace. Depuis son retour, le Rocket s'est ressaisi et il n'est pas étranger à ces succès.
(B-) Lukas Vejdemo (22 PJ, 6 B, 7 A, 13 PTS, 0)
Le Suédois connaît une curieuse saison alors qu'il est nettement plus productif sur les patinoires adverses (huit points) qu'à la maison (cinq points). Chose certaine, depuis que Dauphin a été rappelé à Montréal, Vejdemo s'est retrouvé avec un rôle accru, surtout pour des mises au jeu importantes à prendre en territoire défensif. Son manque d'aptitudes offensives l'empêche trop souvent de réellement menacer les filets adverses.
(B-) Alex Belzile (16 PJ, 4 B, 7 A, 11 PTS, moins-5)
Belzile a une très belle capacité d'auto-évaluation. Malgré qu'il ait amorcé la saison dans la formation inaugurale des Canadiens, on lui a préféré Poehling, Dauphin et Ylönen avant qu'il n'obtienne une autre chance dans la LNH. De son propre aveu, « il ne jouait pas du gros hockey » à son retour à Laval, en plus de se montrer indiscipliné à l'occasion. Ça se replace drôlement bien pour lui. Depuis le 1er décembre, Belzile a 7 points en autant de matchs et le voilà de retour à Montréal.
(B-) Louie Belpedio (24 PJ, 4 B, 4 A, 8 PTS, plus-1)
On n'a pas beaucoup parlé du droitier américain depuis le début de la saison. Il est un des seuls joueurs sous contrat avec les Canadiens à ne pas avoir obtenu un rappel depuis le début de la saison tout en étant en santé. Aussi étonnant que ça puisse paraître, Belpedio joue son meilleur hockey depuis la blessure de Xavier Ouellet. C'est comme si ce leader naturel avait pris davantage sa place dans la formation. De plus, il existe une chimie naturelle présentement entre lui et Amorosa.
(B-) Brandon Baddock (23 PJ, 2 B, 4 A, 6 PTS, 0)
Peut-on vraiment en demander plus au robuste attaquant albertain? Baddock ne reculera devant personne dans une Ligue américaine toujours un peu plus robuste que la LNH. Baddock avait amorcé la saison en force avec quatre points à ses quatre premiers matchs, mais c'est le calme plat à ce niveau depuis. Son temps de glace a aussi diminué alors qu'on le retrouve à la gauche du quatrième trio.
(B-) Kevin Roy (21 PJ, 6 B, 7 A, 13 PTS, plus-2)
Roy a semblé avoir quelques difficultés à s'ajuster à son nouvel environnement lavallois, son entraîneur l'ayant retranché de sa formation à trois reprises depuis le début de la saison. Roy a dû mériter une place plus avantageuse dans la formation en repartant du quatrième trio avant de se trouver une place appréciable à la droite de Martel et de Gignac. Le natif de Greenfield Park a des mains en or et une belle capacité à distribuer la rondelle sur le jeu de puissance. On n'a pas encore vu le meilleur de sa part cette année.
(C+) Danick Martel (22 PJ, 4 B, 6 A, 10 PTS, plus-3)
Le Drummondvillois aimerait avoir de meilleurs résultats sur la feuille de pointage depuis le début de la saison. Son histoire ressemble beaucoup à celle de Kevin Roy, même s'ils ont un style de jeu très différent. Le fait de les réunir a eu un effet salvateur sur les deux joueurs. Au cours des dernières semaines, Roy et Gignac ont mérité leur part de points, alors que Martel a été un peu plus discret. Ça ne veut rien dire, car le petit numéro 18 a eu autant son mot à dire dans le succès du trio. On se serait tout de même attendu à plus que quatre buts dans son cas.
(C+) Jean-Sébastien Dea (24 PJ, 8 B, 4 A, 12 PTS, moins-5)
On peut glisser le nom de Dea dans les déceptions de la saison chez le Rocket à ce point-ci. Le Lavallois a été inégal dans ses performances, surtout sur la route où il n'a que trois points en 11 rencontres. Son ratio de points par match est nettement en deçà de ce qu'il nous a habitué dans la Ligue américaine, que ce soit à Wilkes-Barre/Scranton, Springfield ou Rochester. Dea est toutefois beaucoup plus menaçant autour des filets adverses dernièrement et il n'est pas impossible qu'il explose en deuxième moitié de saison.
(C+) Gabriel Bourque (24 PJ, 4 B, 4 A, 8 PTS, moins-11)
Il faut absolument mettre un bémol à côté du nom de Bourque, même si je suis convaincu qu'il ne souhaiterait pas qu'on le fasse. Le Rimouskois a été rattrapé par son absence des patinoires l'an dernier, même s'il fournit un effort remarqué à tous les matchs. Il faut aussi mettre de côté ses 413 parties en carrière dans la LNH, car Bourque remplit exactement le même rôle dans la LAH. Il sera toujours le premier à sauter sur la glace dans les situations corsées en défensive, et ça ne changera pas. Bourque sera un joueur très important dans la dernière ligne droite de la saison.
(C+) Gianni Fairbrother (16 PJ, 1 B, 5 A, 6 PTS, moins-9)
Le jeune défenseur en est un autre qui a dû rater sa part de matchs en raison d'une blessure. Il aura besoin d'un peu de temps avant de retrouver ses repères. Il a beaucoup de beaux atouts dans son jeu. Sa robustesse saute aux yeux alors qu'il n'hésitera jamais à donner une percutante mise en échec. Fairbrother possède aussi une belle mobilité et une bonne relance de l'attaque. Il doit par contre se méfier de la pression en zone défensive et limiter ses revirements.
(C+) Tory Dello (17 PJ, 0 B, 3 A, 3 PTS, plus-2)
Le Rocket avait mis sous contrat le défenseur droitier cet été pour ajouter de la profondeur à sa ligne bleue. Dello ne vous fera jamais lever de votre siège, c'est un défenseur fiable dans son territoire dans la plus simple expression. Mais, de temps à autre, tu as exactement besoin de ce genre de joueur quand la pression est forte et qu'il faut protéger une avance d'un but en fin de rencontre. On a vu Dello être utilisé à plusieurs reprises dans ce genre de situation.
(C) Corey Schueneman (19 PJ, 2 B, 5 A, 7 PTS, moins-1)
Le défenseur gaucher ne connaît pas une saison aussi solide que ce qu'il avait montré l'an dernier. On se souviendra que Schueneman avait décroché un contrat de la LNH en bonne et due forme pour 2021-2022 en cours de saison. En l'absence de Xavier Ouellet, il a été devancé dans la hiérarchie à gauche par Tobie Paquette-Bisson, notamment. Il doit absolument limiter les revirements, ce qui a vraiment été son talon d'Achille cette année. Il peut assurément être meilleur.
(C) Alexandre Fortin (13 PJ, 1 B, 2 A, 3 PTS, moins-3)
Ce ne sont pas des moments faciles pour Fortin depuis quelques années. Après avoir vu son étoile pâlir dans l'organisation des Blackhawks, ça a été très ardu pour lui avec les Eagles du Colorado, le club-école de l'Avalanche, la saison dernière. Le Blainvillois devait se contenter du rôle de 13e attaquant en début de saison, mais n'a pas vraiment su saisir sa chance quand une vague de rappels est arrivée. On lui a même préféré Peter Abbandonato, rappelé de Trois-Rivières, dans les derniers matchs avant la pause.
(C) Carl Neill (10 PJ, 0 B, 1 A, 1 PT, moins-1)
Neill se classe de peu dans notre palmarès en raison d'un faible nombre de matchs joués. Il devait initialement amorcer la saison à Trois-Rivières, mais quelques blessures et rappels ont changé sa destinée. Neill n'a pas mal fait, loin de là, chaque fois que Jean-François Houe l'a inséré dans sa formation. Il aura besoin de plus de temps pour s'ajuster aux rangs professionnels, lui qui jouait encore à Concordia il y a deux ans.
(C-) Michael McNiven (9 PJ, Fiche de 3-3-1, 1 JB, 3.95, .867%)
Les chiffres parlent pour eux-mêmes… McNiven connaît une saison difficile à tous les points de vue. Insatisfait de son utilisation, il s'était vidé le cœur devant les médias blâmant au passage son entraîneur de l'avoir laissé dans un match à Belleville alors qu'il souffrait de crampes. Depuis, il n'a rien fait pour revenir dans les bonnes grâces de son équipe. Pendant que Cayden Primeau était sur un rappel à Montréal, on lui a même préféré Kevin Poulin après une sortie laborieuse à Toronto. On souhaite un changement de décor pour McNiven, lui qui est le dernier porte-couleurs du Rocket à avoir fait partie de la formation inaugurale de l'équipe en 2017-2018.