DASTOUS BADGE LEPAGE

MONTRÉAL – Charle-Édouard D’Astous n’a pas voulu vendre la mèche, vendredi matin, mais les indices accumulés ne mentent pas : il est rentré au vestiaire en même temps que ses coéquipiers du Lightning de Tampa Bay, et il a révélé que ses proches allaient être dans les gradins du Centre Bell.

« Ce n’est pas ma décision, mais je suis prêt, si j’ai à jouer ce soir », a lancé le défenseur québécois à quelques heures du sixième match de la série face aux Canadiens de Montréal.

À moins d’une surprise de taille, donc, le défenseur québécois sera de retour dans la formation juste à temps pour aider les siens à tenter d’éviter l’élimination. Le Rimouskois a regardé les quatre derniers matchs de la passerelle après avoir été sonné par une mise en échec de Josh Anderson au premier affrontement.

Il affirme avoir tiré des leçons de ce coup percutant derrière le filet.

« (Jake) Evans était dans mon dos, et il m’a poussé, s’est-il souvenu. Anderson est arrivé en même temps, alors ç’a fait comme un double contact. C’est malheureux, mais ça fait partie de la game. Anderson frappe beaucoup, mais ce n’est jamais avec l’intention de blesser.

« Je dois garder la tête haute. Nos attaquants peuvent aussi le ralentir un peu sur l’échec avant. »

Pendant son absence, Declan Carlile et Max Crozier ont pris la relève – avec des succès mitigés. Il a beau avoir de la profondeur, le Lightning retrouvera plus de stabilité à la ligne bleue en comptant sur D’Astous, qui a amassé six buts et 29 points en 70 matchs cette saison.

OTT@TBL: D'Astous crée l'égalité avec un tir vif

« Il a joué de l’excellent hockey pour nous depuis le début de la saison, a fait valoir l’attaquant Yanni Gourde. Il est très calme et patient avec la rondelle, et n’hésite pas à soutenir l’attaque quand l’occasion se présente. »

L’arrière de 28 ans aura donc une deuxième chance de jouer un premier match éliminatoire complet dans la grande ligue – il avait quitté après seulement 9:48 de temps de jeu, il y a 12 jours. Il sera aussi plongé dans l’ambiance du Centre Bell pour la première fois.

Sans rien enlever à la foule du Benchmark International Arena, le niveau de décibels est légèrement plus élevé dans l’amphithéâtre montréalais. Quand Martin St-Louis parle de chaos, il n’est pas loin de la vérité.

« Je suis un peu nerveux, je suis humain après tout, a lancé D’Astous. Si j’ai à jouer, j’ai super hâte et je suis prêt. […] Jouer au Centre Bell avec la foule, ce sera un moment exceptionnel. »

Cooper a d’ailleurs indiqué que le capitaine Victor Hedman deviendra une option « très bientôt », mais il a du même souffle confirmé qu’il ne sera pas en uniforme au sixième match.

L’avance, une denrée rare

Avec ou sans D’Astous, une chose ne changera pas : si le Lightning veut se donner plus de chances de ramener la série à la maison pour un match ultime, il devra jouer avec l’avance. En cinq matchs, la troupe de Jon Cooper n’a eu les devants que pendant 27:12, comparativement à 103:19 pour le Tricolore.

« C’est certain que ça ajoute un stress, mais j’accorde plus d’importance au timing des buts, a observé Cooper. Au dernier match, nous avons égalé la marque et nous avons donné un but 11 secondes plus tard. C’est inacceptable. Ce sont les changements de momentum qui sont un problème.

« La série a été très serrée. Je ne m’en fais pas trop avec ces chiffres, mais il est clair que c’est beaucoup mieux de jouer avec l’avance que l’inverse. »

À ses 20 derniers matchs, le Lightning n’a jamais eu l’avance après la première période. La dernière fois que c’est survenu, c’était dans une victoire de 6-2 face aux Canucks de Vancouver, le 19 mars.

« C’est sûr que marquer le premier but ou avoir l’avance peut avoir un impact sur la série, a conclu Gourde. Il faut bien commencer le match et nous concentrer sur les cinq premières minutes. Il faut se concentrer sur notre première présence, notre première bataille, notre première mise au jeu.

« Il faut prendre conscience des petits détails, exécuter notre plan de match et ne pas voir trop loin. »