Slafkovsky Laflamme

BROSSARD – Dans le but de retrouver le compas qu’ils n’ont plus dans l’œil, les joueurs des Canadiens de Montréal ont tiré sur des gardiens imaginaires à l’entraînement, mercredi.
 
Des gardiens en toile offrant des ouvertures aux quatre coins du but, comme les enfants utilisent pour jouer dans la rue. Des shooter tutor, dans la langue de Shakespeare.
 
L’objectif de la séance plutôt ludique était que les joueurs visent juste.
 
C’est que depuis quelques matchs, le CH tire trop souvent à blanc. Des joueurs comme Josh Anderson, aucun but en 16 matchs, Rafaël Harvey-Pinard, pas de but en 13 parties, et Alex Newhook, aucun but à ses 13 derniers matchs, peinent à retrouver leur touche de marqueur.

« Ça joue dans la tête de quelques joueurs », a avoué l’entraîneur Martin St-Louis, au lendemain de la courte défaite de 2-1 contre les Flames de Calgary.

« Ç’a été une séance plus statique. Nous avons travaillé sur des touches de rondelle alentour du filet. »

On a opté pour des gardiens en toile afin de ne pas soumettre le trio de gardiens en chair et en os à la mitraille.
 
« Avec ces cibles d’entraînement, les ouvertures sont grandes. Les gars n’ont pas besoin de viser dans une toute petite ouverture », a fait remarquer St-Louis, avec la gestuelle à l’appui.
 
L’entraîneur a par ailleurs expliqué qu’on cherche également à bien gérer l’énergie des joueurs, qui est mise à rude épreuve de ce temps-ci en raison du volume élevé de matchs.

Cela dit, St-Louis a fait remarquer que ses troupiers ont joué du très bon hockey dans leurs quatre derniers matchs, tout en ne montrant qu’une fiche de 2-2 pour leurs efforts.

« C’est une de nos meilleures séquences de quatre matchs depuis longtemps, peut-être même depuis mon arrivée en poste, a-t-il argué. Nous générons suffisamment de chances de marquer pour gagner des matchs. Défensivement, nous sommes là. Les unités spéciales continuent de s’améliorer.

« L’explication réside dans un manque de confiance et de malchance », a-t-il soumis.

Les Canadiens (7-7-2) tenteront de regagner de la confiance suivant deux défaites, jeudi (19h HE; RDS, TSN), à l’occasion de la visite au Centre Bell des champions de la Coupe Stanley, les Golden Knights de Vegas (12-3-1). Après un départ en trombe, les Golden Knights ont perdu de la vitesse en ayant subi trois défaites dans leurs quatre plus récentes sorties.

« Les gars sont déçus du résultat du match contre les Flames, c’est normal, mais nous continuons d’avancer. Et nous n’avancerons pas en ayant une attitude négative à cause d’un manque de résultats. Les gars savent qu’ils font bien les choses. Notre seule difficulté, c’est de mettre la rondelle dans le but. Quelques joueurs doivent débloquer à l’attaque. »
 
‘Slaf’, l’artiste

Il se passe rarement une journée dans l’entourage du Tricolore sans qu’on parle à l’entraîneur du jeune Juraj Slafkovsky. Le Slovaque âgé de 19 ans montre des signes d’éclosion dernièrement.

« À 19 ans, nous ne sommes pas sûrs exactement du produit fini, mais il possède de beaux atouts, a expliqué St-Louis. Nous essayons de le développer pour qu’il soit un joueur complet parce qu’il est capable d’en être un. Moi, j’avais de la misère à être un joueur complet. Je ne mesurais pas 6 pieds 4 pouces et je ne pesais pas 230 livres. Je jouais le style que je pouvais jouer avec les atouts que j’avais. Des joueurs comme ‘Slaf’, il n’y en a pas beaucoup.

« Il peut allier jeu physique et finesse », avait-il précédemment affirmé. « Il peut avoir de bonnes touches de rondelle dans la circulation dense, comme on le voit parfois faire. C’est un art ça, et ‘Slaf’ peut le faire. Nous nous attendons à ce qu’il s’impose physiquement, tout en étant capable de faire des jeux. »