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Claude Julien a beau être passé sous le bistouri pour une angioplastie, il y a moins de 24 heures, l'entraîneur-chef des Canadiens de Montréal n'a visiblement pas pu s'empêcher d'être un téléspectateur fort attentif pour le deuxième match de la série opposant son équipe aux Flyers de Philadelphie.

Et ce qu'il a vu lui a probablement bien plu. Dirigée temporairement par son adjoint Kirk Muller, sa troupe a livré sa prestation la plus complète de la saison pour facilement battre l'équipe de l'heure 5-0 et niveler les chances dans la série.

« J'avais d'autres choses auxquelles penser pendant le match, donc je n'ai pas regardé mon téléphone avant la fin, a raconté Muller. Il a été l'un des premiers à nous féliciter pour cette grosse victoire. Je suis sûr qu'il regarde en ce moment, alors Claude, cette victoire est pour toi et ta famille. »

Il y a fort à parier que le pilote montréalais ne voudrait pas de toute cette attention. Tout ce qui lui importe habituellement, c'est le rendement de sa formation, et il a été servi à ce chapitre.

Les joueurs des Canadiens ont amorcé le match en force et ils n'ont jamais regardé derrière. Ils ont imposé leur rythme et ont complètement dominé les Flyers, un peu comme ils l'avaient fait au cours de la deuxième période du premier match. Cette fois, cependant, ils ont maintenu la cadence pendant 60 minutes.

Les quatre trios jouaient avec vitesse et la troupe d'Alain Vigneault a eu de la misère à toucher à la rondelle au premier engagement. Le pilote québécois a résumé ça simplement : « Ils nous ont botté le derrière. »

« C'est sûr qu'on a une vitesse incroyable quand tout le monde se met à la tâche », a expliqué l'attaquant Jonathan Drouin, qui a récolté une aide. « Tout le monde patinait, tout le monde était sur la rondelle. C'est dur à affronter pour eux, même s'ils sont un peu plus gros de l'autre côté.

« Ils gagnent peut-être des batailles dans les coins, mais je pense que quand on a la possession de la rondelle, on leur crée des problèmes. Les défenseurs n'aiment pas quand on est intenses en échec avant et ça crée des revirements. Si on peut continuer à faire ça toute la série, on va être en bonne position. »

Au-delà de l'aspect émotif de cette victoire « pour Claude », les joueurs l'ont aussi emporté grâce au système de jeu que l'entraîneur prône depuis son arrivée à Montréal, en 2017. Ils ont joué avec vitesse et intensité, certes, mais ils ont surtout fermé le jeu et été très hermétiques dans leur propre territoire.

Même si Carey Price a signé le jeu blanc avec 30 arrêts, c'est probablement la victoire au cours de laquelle il a le moins eu son mot à dire jusqu'ici en séries.

« C'est une bonne équipe de l'autre côté, nous les respectons et nous savons à quel point ils sont bons, a fait valoir Max Domi. Nous devons toutefois nous concentrer sur notre plan de match. Quand nous patinons et que nous pouvons compter sur tout le monde, nous sommes très durs à affronter.

« C'est seulement un match, mais c'est un énorme pas dans la bonne direction. »

Domi répond présent

Si le plan de match de l'équipe est demeuré le même, ç'a été une autre histoire au chapitre de la composition de la formation. Muller n'a pas hésité à prendre sa place comme entraîneur-chef et a procédé à des changements avant la rencontre.

Le jeune Jake Evans a pris la place de Dale Weise sur le quatrième trio tandis que Domi a obtenu une promotion à l'aile du troisième trio en compagnie de Drouin et de Jesperi Kotkaniemi, auteur de deux buts. Le no 13 a répondu positivement en récoltant trois aides, ses trois premiers points des séries.

« C'est un pressentiment que j'avais », a répondu Muller, quand on lui a demandé s'il avait discuté de ces changements avec Julien. « Ç'aurait pu ne pas fonctionner. Nous avons demandé à certains gars d'élever leur niveau de jeu et ils l'ont fait. Ç'a rendu mon travail plutôt facile.

« Tout le monde a bien joué aujourd'hui. Nous voulions que tout le monde contribue et s'implique dans le jeu. Ç'a été une vraie victoire d'équipe. »