Kraken Make Playoffs

Après avoir terminé au dernier rang de la section Pacifique à sa première saison de la LNH, le Kraken de Seattle connaît une progression fulgurante, si bien qu'il sera des séries éliminatoires pour la première fois de son existence ce printemps.

Il s'agit d'un des plus gros revirements de situation de l'histoire de la LNH, mais pour l'entraîneur-chef Dave Hakstol, ce n'est que le début.
« Nous n'allons pas être contentés par cette présence en séries », a dit Hakstol après que la victoire de 4-2 du Kraken contre les Coyotes de l'Arizona, jeudi, qui lui permettait d'obtenir son laissez-passer. « Tout le monde était nouveau dans ce vestiaire il y a un an et 10 mois, mais nous avons grandi un peu. Et nous venons d'ajouter un bloc à notre fondation en obtenant cette place en séries. »
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Hakstol est d'avis que cette progression rapide s'explique par le fait que même si l'équipe ne possède pas d'expérience en séries, plusieurs de ses joueurs sont des habitués du hockey de printemps.
Le Kraken possède des joueurs qui faisaient partie des sept dernières équipes championnes de la Coupe Stanley, et huit des neuf dernières éditions gagnantes. Seattle sera la première équipe à compter deux gardiens vainqueurs de la Coupe Stanley (Philipp Grubauer, en 2018 avec Capitals de Washington, et Martin Jones, en 2014 avec les Kings de Los Angeles) dans sa formation lors de sa première présence en séries éliminatoires.
« Quand tu regardes dans ce vestiaire et que tu constates la qualité des personnes et la qualité de joueurs de la Ligue nationale de hockey, ça donne confiance à tout le monde », a souligné Hakstol.
En plus des deux gardiens, le Kraken compte sur cinq autres vainqueurs de la Coupe Stanley : Andre Burakovsky en 2022 (Avalanche du Colorado) et 2018 (Capitals), Yanni Gourde en 2021 et 2020 (Lightning de Tampa Bay), Vince Dunn et Jaden Schwartz en 2019 (Blues de St. Louis) et Justin Schultz en 2017 et 2016 (Penguins de Pittsburgh).
« Avant de la remporter, nous avions échappé plusieurs séries qui avaient été âprement disputées, a expliqué Schwartz. Tout le monde doit être dans le même bateau, tout le monde doit élever son jeu d'un cran. Tout le monde doit tout donner et jouer de la bonne façon, en plus de croire en nous. Ça peut vraiment aider. »
Le Kraken venait à peine de se qualifier pour les séries que des joueurs comme Schwartz partageaient leur expérience des séries avec leurs coéquipiers qui ne se sont jamais retrouvés dans une telle situation.
« Ça m'a pris six années avant de finalement participer aux séries, et c'est à ce moment que tu réalises que le niveau de jeu s'élève pour tout le monde », a expliqué l'attaquant Jordan Eberle, qui a pris part à 62 matchs éliminatoires avec les Oilers d'Edmonton et les Islanders de New York. « C'est vraiment plus intense. Chaque fois que tu commets une erreur, on dirait que la rondelle se retrouve dans ton filet, et l'inverse est aussi vrai. C'est pour ça que tu joues au hockey. »
Le Kraken a une fiche de 44-26-8 cette saison, une belle amélioration par rapport de celle de 2021-22, qui était de 27-49-6. Il s'agit de la plus grande progression pour le nombre de victoires (17) et de points (36) pour une concession de la LNH à sa deuxième saison.
Depuis 1968-69, le Kraken, les Golden Knights de Vegas et les Flames d'Atlanta sont les trois seules équipes d'expansion à avoir atteint les séries éliminatoires à leur deuxième année d'existence.
Seattle a été en mesure d'y parvenir malgré l'absence d'un attaquant faisant partie de la crème de la LNH. Il compte toutefois trois joueurs qui ont atteint le plateau des 60 points en Eberle (61), Jared McCann (66) et le défenseur Vince Dunn (64). L'attaquant Matty Beniers occupe le premier rang des pointeurs de la LNH chez les recrues avec 56 points. Treize joueurs ont marqué au moins 10 buts, un sommet parmi les clubs de la Ligue.

Le Kraken a fait preuve de constance cette saison et n'a jamais perdu plus de trois matchs consécutifs. Sa fiche est positive à domicile (19-16-4) tout comme à l'étranger (25-10-4), ce qui lui permet d'occuper la première place de quatrième as dans l'Association de l'Ouest, en plus de n'être qu'à quatre points des Kings de Los Angeles et du troisième rang de la section Pacifique.
« Ce n'est que le début », a dit Hakstol.
Les joueurs ont non seulement hâte de disputer des matchs éliminatoires, mais aussi de permettre à Seattle de revoir du hockey de séries pour la première fois depuis une éternité.
Après tout, Seattle a été la première équipe américaine à remporter la Coupe Stanley, quand les Metropolitans de Seattle s'étaient imposés en 1916-17, une année avant la formation de la LNH.
Il faut remonter au 29 mars 2019 pour voir une équipe de Seattle disputer un match des séries de la Coupe Stanley, quand les Canadiens de Montréal avaient affronté les Metropolitans au Seattle Ice Arena.
« Il n'y a rien de mieux que le temps des séries, a souligné Schwartz. C'est le meilleur moment de l'année. C'est tellement excitant à regarder. La première ronde est tellement intéressante parce que tout le monde pense qu'il a une chance de gagner. Tout le monde pense qu'il a les bons joueurs pour y parvenir. Ce sera une première pour nous à Seattle, et ce sera complètement fou. »