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Sécurité et intégrité.

Voilà les deux mots à retenir du plan de reprise de la saison 2019-20 dévoilé par le commissaire de la LNH Gary Bettman, mardi.

La LNH a mis sa saison en pause, le 12 mars, en raison des inquiétudes entourant le coronavirus. La LNH et l'Association des joueurs de la LNH (AJLNH) seront prudentes quant à la relance des activités, que ce soit en franchissant chacune des phases du plan ou en choisissant le lieu des matchs. Toutes les précautions seront prises à chacune des étapes du plan, en testant notamment les joueurs chaque soir lorsque l'action reprendra. Il s'agit de 25 000 à 30 000 tests qui coûteront des millions de dollars, a expliqué le commissaire Bettman.

Et si ça fonctionne, il ne faudra pas mettre d'astérisque à côté du nom de l'équipe championne de la Coupe Stanley. Pourquoi pas un point d'exclamation? La LNH n'a pas fait face à une situation semblable depuis 1919, alors que la Coupe Stanley n'avait pas été décernée en raison de la grippe espagnole, et ce format est unique dans toute l'histoire de la LNH. C'est peut-être l'épreuve la plus difficile dans toute l'histoire de la Ligue.

Vingt-quatre équipes. Deux villes hôtesses. Les quatre meilleures équipes de chaque association s'affronteront dans un tournoi à la ronde pour déterminer l'ordre parmi elles pour la première ronde des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, alors que les autres formations croiseront le fer dans une série trois de cinq pour participer aux séries éliminatoires. Les deux premières rondes des séries seront jouées au format trois de cinq ou quatre de sept. Les deux derniers tours se feront au meilleur de sept matchs.

Le gagnant émergera de tout ça après avoir vécu dans une bulle, subi des tests tous les jours et avoir joué des rencontres sans l'énergie des partisans pendant des semaines (à moins que la situation change). Tout ça après des semaines d'isolement et d'entraînement volontaire en petits groupes ainsi qu'un camp d'entraînement obligatoire. Qui voudra le plus gagner? Dans ce contexte, la question n'a rien d'un cliché.

« Évidemment, nous vivons des moments sans précédent », a mentionné le commissaire Bettman. « Tout plan de retour au jeu, par définition, ne peut pas être parfait, et je suis certain que, en fonction de l'équipe que vous soutenez, il y a des choses que vous souhaiteriez voir être faites différemment.

« Mais nous croyons avoir mis sur pied un plan qui inclut toutes les équipes qui avaient une chance légitime de se qualifier pour les séries éliminatoires quand la saison a été mise en pause. Ce plan couronnera un champion de la Coupe Stanley qui le mérite, après être sorti gagnant d'un parcours éliminatoire unique dans l'histoire de la LNH. »

La LNH et l'AJLNH n'ont pas annoncé une date pour le début des entraînements volontaires en petits groupes, encore moins pour les camps d'entraînement obligatoires et le début des matchs, mais elles espèrent que les entraînements pourront commencer en juin, que les camps pourront se mettre en branle en juillet et que des parties pourront être disputées à la fin du mois de juillet ou au début du mois d'août.

Les deux parties n'ont pas non plus statué sur l'identité des villes hôtesses, même si le commissaire Bettman a identifié des villes candidates qui incluent Chicago, Columbus, Dallas, Edmonton, Las Vegas, Los Angeles, Minneapolis/St. Paul, Pittsburgh, Toronto et Vancouver.

C'est parce qu'elles veulent conserver un peu de flexibilité dans une situation en évolution constante.

Le commissaire Bettman a ajouté que la Ligue est impatiente de revenir au jeu, mais rien ne sera fait jusqu'à ce que des professionnels de la santé et les autorités lui assurent que c'est sécuritaire. Les villes hôtesses seront choisies en fonction des conditions relatives à la COVID-19, de la disponibilité des tests et de la législation des gouvernements. Tout ça pourrait évoluer dans les prochaines semaines.

Le commissaire adjoint Bill Daly a indiqué que les équipes testeraient les joueurs au moins deux fois par semaine durant la phase d'entraînements en petits groupes et que le volume de tests augmenterait durant les camps d'entraînement. La Ligue gérera ensuite le protocole une fois que les équipes seront arrivées dans les villes hôtesses et testera les joueurs chaque soir pour donner les résultats avant leur départ de l'hôtel le lendemain matin, au cas où quelqu'un devrait se placer en isolement. Daly affirme que des tests positifs isolés ne feraient pas dérailler le plan, mais la LNH ne peut se permettre que la maladie se propage dans ses rangs.

Ce ne sera pas une mince tâche pour les équipes, la Ligue ou les joueurs.

« Je ne pense pas que les joueurs étaient inquiets de ça », a déclaré le directeur général de l'AJLNH Don Fehr. « Je pense qu'ils auraient été inquiets si de telles mesures de protection n'avaient pas été mises en place. Ils font partie de la communauté et savent ce qui se passe actuellement dans le monde. Ils veulent s'assurer d'être protégés, mais ils veulent aussi que ce soit le cas pour leur famille et tous ceux qu'ils vont côtoyer. »

Autre détail important : la LNH compte limiter à 50 le nombre de personnes qu'une équipe pourra faire voyager et limiter le personnel de soutien présent lors des matchs. Elle pourrait utiliser un système international de télédiffusion et faire en sorte que les journalistes ne soient pas sur place.

Alors qu'une ville hôtesse accueillera les équipes de l'Association de l'Est et l'autre, les équipes de l'Association de l'Ouest, l'aspect géographique n'aura pas d'importance, sauf pour un élément bien précis. La LNH pourrait ne pas faire jouer une équipe dans sa propre ville pour ne pas donner l'impression que celle-ci possède un avantage compétitif sur les autres. Il n'y aura pas de partisans dans les estrades, et de toute façon, la LNH ne permettrait pas aux joueurs de retourner à la maison.

Sécurité et intégrité.

C'est difficile d'imaginer le commissaire Bettman décerner la Coupe Stanley sans partisans présents avec les cris des joueurs qui résonnent dans un aréna vide. Mais à un moment où la distanciation physique est importante, peut-être que ça pourrait contribuer à rassembler les gens.

« Ça voudrait dire que le monde commence à revenir à la normale, et c'est quelque chose que tout le monde veut, a dit Fehr. Nous ne devons pas oublier ça. »