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La Coupe Stanley a 125 ans cette semaine

Elle a changé de forme et d'apparence au fil des années, mais elle continue de marquer l'imaginaire

par Shawn P. Roarke / Directeur éditorial NHL.com

À une époque, il fallait défrayer un coût fixe afin d'obtenir la Coupe Stanley.

En 1892, le trophée avait une valeur estimée de 10 guinées, ce qui est l'équivalent d'un peu moins de 50 dollars américains.

C'est le généreux Sir Frederick Arthur Stanley, Lord Stanley de Preston et fils du comte de Derby, qui a payé le trophée original en forme de bol qu'il envisageait de présenter au « Championnat de hockey du Dominion du Canada ». Cela devait être un rappel de son temps en tant que gouverneur général du Canada.

Aujourd'hui, la valeur de la Coupe Stanley, qui fêtera ses 125 ans le 18 mars, est jugée comme inestimable. Elle ne se mesure pas par les unités monétaires traditionnelles, mais plutôt par les sacrifices d'une fraternité toujours croissante et pourtant exclusive de joueurs qui l'ont revendiquée.

Comme de récentes publicités l'ont illustré de façon romancée, la Coupe Stanley, sous toutes ses formes, exerce un pouvoir presque mystique. Elle fait sourire les hommes les plus stoïques, fait pleurer les plus insensibles et rend muets même les plus bavards.

Depuis ses débuts modestes comme un bol de 7,28 pouces de hauteur par 11,42 pouces de diamètre jusqu'au statut plus-grand-que-nature qu'il a atteint aujourd'hui comme sans doute le plus célèbre trophée sportif dans le monde, la Coupe Stanley a toujours marqué l'imaginaire de ceux qui ont concouru pour l'obtenir.

Sa puissance suprême est pleinement affichée à la fin de chacune des finales de la Coupe Stanley depuis qu'un dignitaire de la LNH - le commissaire Gary Bettman depuis 1993 - a commencé à remettre le trophée au capitaine de l'équipe gagnante.

Immanquablement, la Coupe Stanley est acceptée avec impatience et puis soulevée sans effort - en dépit de sa combinaison indécente de hauteur (35,25 pouces) et de poids (34,5 livres) - vers le ciel. En quelques secondes, le capitaine chanceux est entouré par ses coéquipiers désireux de toucher l'objet de leur affection jusqu'alors non récompensée. 

« Il y a tellement de bonnes choses liées à notre sport, le hockey, mais les plus grandes sont certes son histoire et sa tradition. Sans aucun doute, la Coupe Stanley est probablement le plus grand trophée dans tout le sport », a déclaré Wayne Gretzky.

'La Merveille', capitaine de la dynastie des Oilers d'Edmonton gagnants de la Coupe Stanley quatre fois en l'espace de cinq saisons entre les années 1984 et 1988, a reçu le trophée en premier à chacune des fois que les Oilers l'ont gagné.

Il a passé sa juste part de temps avec le butin de la victoire ultime des séries éliminatoires et il sait mieux que la plupart ce que la pièce d'argenterie signifie pour ceux qui la gagnent.

« Ce n'est pas une mince affaire de faire inscrire votre nom sur la Coupe Stanley. Il faut de la chance. C'est ce qui fait que c'est tout un exploit parce que c'est très difficile de la remporter », a déclaré Gretzky en septembre, au moment où la ligue confirmait son implication dans les célébrations du Centenaire à titre d'ambassadeur.

« Comme vous le constatez aujourd'hui, en raison de la parité qui existe entre les 30 équipes, c'est vraiment difficile. Donc, quand vous arrivez à le soulever, c'est vraiment quelque chose d'exceptionnelle. »

Le trophée a toujours été davantage que l'amalgame de nickel brillant et d'alliage d'argent dont il est maintenant fabriqué. Les rêves des jeunes et les réalisations des plus âgés dans sa poursuite l'ont toujours caractérisé autant que son apparence voyante.

« C'est difficile d'avoir plus fière allure que la Coupe Stanley », a affirmé le défenseur Ian Cole des Penguins de Pittsburgh qui a pu passer une journée complète avec la Coupe Stanley - une tradition qui a vu le jour en 1993 -- à la suite de la conquête des siens en juin dernier.

« C'est une question de voir ses rêves se réaliser et de pouvoir les partager avec tout le monde », a déclaré le capitaine des Penguins Sidney Crosby, au moment où il a apporté le trophée à Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, pour la deuxième fois, afin de le partager de nouveau avec sa famille et ses amis.

Depuis la création du trophée en 1892, son apparence et son importance ont augmenté de façon exponentielle. Il a subi des changements cosmétiques et il porte les cicatrices et les imperfections de 125 ans de vie parfois tumultueuse, mais il est toujours parfait aux yeux des joueurs et des fans à travers le monde.

Le trophée qui a été remis pour la première fois au Club de hockey de Montréal de l'Association de hockey amateur du Canada en 1893, sans qu'on ait tenu de séries éliminatoires, est bien différent de celui que les Penguins ont remporté au SAP Center de San Jose le 12 juin 2016, au terme de quatre éprouvants tours éliminatoires qui ont suivi une saison régulière de 82 matchs.

De 1983 à 1907, le titulaire de la Coupe Stanley a été déterminé par des jeux de défi impliquant les meilleures équipes amateurs au Canada. En 1908, le sport devenant plus codifié et populaire, la première équipe professionnelle a participé à la compétition pour la Coupe, qui était encore régie par un système de défis et qui a de nouveau été remportée par les Wanderers de Montréal, formés majoritairement de joueurs amateurs.

En 1910, l'Association nationale de hockey, ancêtre de la LNH, a pris possession de la Coupe Stanley et elle a amorcé la tradition d'une série de championnat inter-ligues à la fin de la saison, en compétition contre l'Association de hockey de la côte du Pacifique. Pendant ce temps, les fiduciaires de la Coupe Stanley ont également jugé que les équipes basées aux États-Unis étaient admissibles pour lutter pour l'obtention de la Coupe.

En 1916, les Rosebuds de Portland de l'Association de hockey de la côte du Pacifique ont été la première équipe américaine en lice, s'inclinant lors de la rencontre décisive d'une série trois-de-cinq face aux Canadiens de Montréal de la NHA.

La saison suivante, les Metropolitans de Seattle sont devenus la première équipe américaine championne de la Coupe, battant les Canadiens en quatre matchs.

La LNH a vu le jour la saison suivante et son gagnant a affronté le champion des diverses incarnations des ligues professionnelles de l'Ouest de 1918 à 1926. En 1925, les Cougars de Victoria de la Ligue de hockey de l'Ouest canadien sont devenus la seule équipe à vaincre une équipe de la LNH pour les grands honneurs. Ils ont remporté la finale trois-de-cinq 3-1 face aux Canadiens. La saison suivante cependant, les Cougars ont perdu en finale face aux Warriors de Montréal. C'était la dernière fois qu'une équipe en provenance de l'extérieur de la LNH avait lutté pour l'obtention du trophée. 

Depuis 1927, la Coupe Stanley a été l'apanage des équipes de la LNH. En 1947, la LNH a conclu un accord avec les fiduciaires de la Coupe Stanley, qui accordait le contrôle de la Coupe à la ligue en lui permettant de rejeter les défis de d'autres ligues et équipes.

Chemin faisant, le trophée a changé radicalement de 'look' tout en s'implantant progressivement comme le trophée le plus difficile à gagner dans le sport nord-américain.

Le simple bol s'est graduellement métamorphosé en un trophée de trois pieds de haut en grande partie en raison d'une décision prise en 1924 permettant l'inscription des noms des joueurs de l'équipe championne de chacune des saisons. Ce qui a conduit à l'ajout de bandes au-dessous du bol afin d'abriter ces noms.

En 1939, on a donné à la Coupe Stanley une forme standardisée comme un long cigare. En 1948, il a été remodelé comme un trophée de deux pièces avec une large base en forme de baril ainsi qu'un bol et un collier amovibles.

Le style actuel du trophée, avec un bol assis sur trois bandes à gradins ainsi qu'avec un collier et cinq bandes uniformes à la base, a été présentée pour la première fois en 1958.

Le design de la Coupe a été légèrement amélioré en 1963, à la demande du président de la LNH Clarence Campbell, qui estimait que la Coupe avec les cinq bandes originales était devenue trop fragile pour être présentée à l'équipe gagnante à chaque printemps.

C'est ce trophée qu'on utilise encore de nos jours.

Une réplique de la Coupe Stanley a été frappée en 1993. Elle demeure au Temple de la renommée du hockey, n'étant exposée que lorsque la véritable Coupe part en tournée.

La Coupe Stanley reste le seul trophée du sport professionnel où figure le nom de chacun des membres de l'équipe gagnante. En conséquence, des bandes sont retirées pour faire de la place à de nouveaux champions, tout en gardant le trophée à sa taille actuelle.

Jusqu'à maintenant, deux bandes ont été supprimées avec une autre qui devrait être retirée après le couronnement de l'équipe championne en 2017. Les bandes retirées rejoignent le bol original au Temple de la renommée du hockey.

La pratique d'inscrire les noms sur le trophée a non seulement ajouté au prestige du trophée, en plus de la touche personnelle. Il y a également donné un caractère très particulier.

Les erreurs de gravure répertoriées au fil des années figurent parmi les nombreuses idiosyncrasies chéries du trophée.

Le gardien Turk Broda est représenté deux fois pour les Maple Leafs de Toronto de 1941-42, une fois comme TURK BRODA et une autre comme WALTER BRODA, qui était son prénom. Le gardien Jacques Plante a remporté la Coupe cinq années d'affilée avec Montréal de 1956 à 1960, qui est le record de championnats de suite par une équipe. Son nom a été gravé différemment à chaque fois. Les Bruins de Boston, champions en 1971-72, sont devenus les Bruins de BQSTQN.

La liste des Oilers d'Edmonton en 1983-84 comporte une chaîne de 16 X, utilisée pour frapper le nom de Basil Pocklington, le père du propriétaire Peter Pocklington. Basil Pocklington n'avait aucun poste officiel avec l'équipe. En 1996, l'attaquant Adam Deadmarsh de l'Avalanche du Colorado a été le dernier joueur à avoir son nom mal orthographié (ADAM DEADMARCH). On a apporté la correction plus tard, une première dans l'histoire de la Coupe. 

Comme le dit Gretzky, l'histoire et la tradition du hockey, en particulier la Coupe Stanley, le plus ancien trophée de sport nord-américain, font d'être un champion dans la LNH l'ultime réalisation sportive, un accomplissement qui touche tous ceux qui le vivent de proche.

« C'est un honneur, c'est un privilège et c'est génial de vivre les célébrations de près, uniquement que pour voir l'émotion brute et la passion que les joueurs affichent pour le sport, pour voir aussi tout ce qu'ils sont passés au travers et le sentiment qui les anime d'étreindre la Coupe Stanley », a déclaré le commissaire Bettman. « C'est une joie pure. »

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