DEMIDOV BADGE LEPAGE

MONTRÉAL – Ça n’aura pris qu’un geste d’obstruction et un coup de bâton pour allumer Ivan Demidov comme un rond de poêle lors de ce match entre les Canadiens de Montréal et les Hurricanes de la Caroline.

À un point tel qu’on s’est tous demandé quelle mouche l’avait piqué. Cette mouche s’appelait Sean Walker.

« J’étais un peu fâché, a expliqué le timide attaquant. Ça m’a donné de l’énergie. »

Sur un jeu complètement anodin en deuxième période, le défenseur des Hurricanes lui a d’abord bloqué le chemin – un jeu à la limite de la légalité – avant de le frapper derrière la jambe avec son bâton alors que le jeune russe retraitait au banc en douleur. Demidov a grimacé longuement avant de finalement retrouver ses esprits.

Avant de se donner des airs de l’incroyable Hulk, devrait-on dire.

Moins d’une minute plus tard, il était de retour sur la patinoire avec le couteau entre les dents. Il a frappé Walker dès qu’il en a eu la possibilité et s’est ensuite moqué de trois joueurs – Logan Stankoven, Taylor Hall et Jackson Blake – en jonglant avec la rondelle entre ses patins.

« J’ai toujours été bon au soccer, a-t-il rigolé. Ce sont des habiletés que j’aime. »

Un petit tour au banc pour prendre son souffle, et il est ensuite revenu avec encore plus de force. Il s’est alors moqué du pauvre Jalen Chatfield au moins quatre ou cinq fois comme s’il jouait avec sa nourriture.

CAR@MTL: Demidov sert plusieurs tasses de café à Chatfield

« Demi, il n’a pas peur, a observé l’entraîneur Martin St-Louis. Parfois, il va chercher des rondelles difficiles. C’est une game d’émotions. Comme joueur, quand je me faisais frapper, parfois ça mettait du gaz sur le feu. C’est ce que ça prend à travers une longue saison, et pendant un match, pour aller chercher un autre niveau.

« C’est réel, ce n’est pas forcé. C’est créé. Je pense que Demidov a ça en lui. »

À la lumière de ce qui s’est passé mardi, il n’y a aucun doute qu’il a ça en lui. Parce qu’il ne s’est pas arrêté là. Il en a remis quelques couches en troisième. Il s’est moqué de K’Andre Miller une première fois pour s’échapper, mais a été stoppé par Frederik Andersen.

Quelques minutes plus tard, il refaisait le coup – encore contre le pauvre Miller – et il enfilait l’aiguille. Son 15e but de la saison faisait 4-2 avec moins de sept minutes à faire au match, et fermait les livres en quelque sorte.

« J’ai trouvé qu’il a été meilleur au fil du match, a vanté le capitaine Nick Suzuki. On pouvait le voir pourchasser la rondelle en échec avant et gagner ses batailles. On sait tous qu’il peut réaliser des jeux, mais il travaille très fort pour récupérer la rondelle. »

Le plus encourageant dans tout ça, c’est que Demidov est parvenu à tirer son épingle du jeu contre une des équipes qui appliquent le plus de pression dans la LNH – un style qui l’avantage, selon St-Louis.

« Ils sont très physiques et très rapides, a analysé le principal intéressé. C’était difficile de se sortir de cette pression. J’ai essayé de me trouver de l’espace au fil du match. J’ai seulement fait de mon mieux. »

En pleine course aux séries, c’est de cette version de Demidov dont le CH a besoin. La version fâchée, bien sûr.