PHILADELPHIE – Frederik Andersen est-il heureux de sa tenue depuis le début des séries éliminatoires de la Coupe Stanley?
« Pourquoi ne le serais-je pas? »
Bien malin celui qui osera contredire le gardien des Hurricanes de la Caroline là-dessus. Andersen est invaincu en huit matchs depuis le début du tournoi printanier et a aidé les siens à obtenir leur laissez-passer pour la finale de l’Est samedi, au terme de deux séries remportées par balayage.
Le cerbère danois n’a pas encore accordé plus de deux buts dans un même match, et a bloqué 191 des 201 tirs dirigés vers lui contre les Sénateurs d’Ottawa et les Flyers de Philadelphie. Il est présentement le meneur dans la LNH au chapitre de la moyenne de buts alloués (1,12), du taux d’efficacité (,950) et des jeux blancs (2; É1- Dan Vladar).
« Il est dans sa zone, a soutenu son coéquipier Jaccob Slavin. Il a eu l’air d’un mur de brique jusqu’à présent. Lorsqu’on a des moments de faiblesse devant lui, il est là pour fermer la porte à nos adversaires. On souhaite qu’il poursuive sur sa lancée. »
Andersen est devenu le cinquième gardien dans les 20 dernières années à remporter huit matchs de séries d’affilée après Chris Osgood (9 en 2008), Tuukka Rask (8 en 2019), Jonathan Quick (8 en 2012) et Dwayne Roloson (8 en 2011). Et il n’est que le sixième gardien de l’histoire de la LNH à avoir alloué deux buts ou moins à chacune de ses huit premières sorties d’un tournoi printanier. Jacques Plante (9 en 1969), Clint Benedict (9 en 1928), Jean-Sébastien Giguère (8 en 2007), Ed Belfour (8 en 1990) et Terry Sawchuk (8 en 1952) sont les autres.
« Je suis heureux d’amasser les victoires et aider mon équipe, a dit le principal intéressé. J’ai mis beaucoup d’efforts cette saison à simplement bien bouger devant mon filet. Ce fut la clé. »
Avant d’amorcer les séries, Andersen venait de connaître la pire saison régulière de sa carrière dans la LNH sur le plan statistique (16-14-5; 3,05; ,874). On se demandait même qui de l’inexpérimenté Brandon Bussi (31-6-2; 2,47; ,895; 2 bl.) ou lui allait obtenir la faveur de l’entraîneur Rod Brind’Amour en lever de rideau de la série contre les Sénateurs.
Andersen a finalement obtenu la palme en raison de son expérience, et il a répondu à l’appel en bloquant les 22 tirs d’Ottawa dans un gain de 2-0. Depuis, il facilite les décisions de Brind’Amour.
« Probablement personne n’aurait pu prédire ce scénario, a affirmé l’instructeur. On a amorcé les séries en se disant qu’on allait se servir de nos deux gardiens, car ils le méritaient. Mais pour l’instant, je n’ai aucune raison de changer de direction.
« [Frederik] joue incroyablement bien et on a besoin que ça se poursuive. »
Que fait-il donc de différent lors de ces séries?
« Je l’ignore, a répondu Brind’Amour. Son jeu semble toujours au même niveau. Tu ne sais jamais vraiment quand il dispute un bon ou un mauvais match. Mais ces dernières semaines, évidemment, il joue de très bons matchs. »
Andersen attribue le mérite à ses coéquipiers pour ses succès, arguant qu’ils limitent le nombre de chances de marquer auquel il fait face. Samedi, par exemple, les Hurricanes ont dominé les Flyers 40-17 au chapitre des tirs.
« C’est une question de possession de rondelle, a-t-il indiqué. On veut rendre la vie dure à nos adversaires. C’est la clé. On veut limiter leurs chances de marquer et en obtenir quelques-unes de notre côté. »
Et lorsque les Flyers ou les Sénateurs réussissaient à obtenir une chance de marquer, Andersen venait souvent à la rescousse de ses coéquipiers en effectuant l’arrêt. Selon NHL Edge, le Danois est le meneur depuis le début des séries pour le taux d’efficacité sur les chances de qualité (,925). Au deuxième tour, il n’a concédé qu’un but sur 24 chances de qualité (,958).
« La clé est de s’attendre à n’importe quoi, a mentionné le cerbère. Je ne regarde pas la qualité des chances. J’essaie simplement de rester dans le moment présent. Que j’aie accordé un but ou fait l’arrêt sur le dernier tir, je me concentre uniquement sur le prochain tir. »
Andersen a réservé son arrêt le plus important samedi à Garnet Hathaway, qui s’amenait à 2-contre-1 avec Luke Glendening en fin de deuxième période, alors que la marque était égale 1-1. Hathaway a accepté la passe de Glendening au poteau droit, mais s’est buté à la jambière gauche d’Andersen. Ce dernier venait de réussir un superbe déplacement pour frustrer l’attaquant des Flyers.




















