Martin St-Louis ne débarque pas à Montréal avec le curriculum vitae d'un entraîneur d'expérience qui a connu du succès aux quatre coins de la LNH. Mais il arrive derrière le banc des Canadiens avec un plan bien établi qu'il mûrit depuis déjà de nombreuses années.
Hughes a décidé de parier sur St-Louis
L'ancien joueur vedette est l'homme que le directeur général voulait pour inculquer une culture gagnante chez le Tricolore

Il ne lui manquait que l'occasion de le mettre en application, et voilà qu'elle s'est présentée il y a une dizaine de jours, à un moment où il sentait que sa famille était prête à relever le défi avec lui.
À LIRE AUSSI: Les Canadiens congédient Dominique Ducharme
« Pour moi, ç'a toujours été un rêve d'être entraîneur dans la LNH. Je savais que j'allais faire ça un jour. La seule chose que je ne savais pas, c'était à quel moment. », a raconté le nouveau pilote par intérim du Tricolore en conférence de presse, jeudi matin.
« Quand (le directeur général) Kent Hughes m'a approché, je n'avais aucun doute que c'était le moment. Toute ma vie, j'ai cherché des opportunités. Je n'ai pas besoin de promesses, de ci ou de ça. Je lui ai dit de me donner une chance, et que j'allais lui montrer ce que je peux faire. »
C'est exactement la mentalité que l'ancien attaquant a eue tout au long de sa carrière. On a souvent douté de lui en raison de sa petite taille, et pourtant, il a gagné à peu près tous les honneurs individuels et collectifs qui existent. Jamais repêché, il est maintenant membre du Temple de la renommée.
Bien que son nouveau poste soit orné du titre intérimaire, on a rapidement compris que l'ancien joueur vedette n'était pas que de passage dans la métropole - il ne jouera pas au « professeur suppléant ». Il est l'homme que voulait Hughes pour inculquer une culture gagnante et repartir sur de bonnes bases. S'il fait le travail, l'entente à long terme ne sera qu'une formalité.
La tâche qui se dresse devant lui n'est pas mince. Les Canadiens s'enlisent depuis le début de la saison et occupent le dernier rang au classement général grâce à huit petites victoires et une récolte de 23 points en 45 matchs.
« Je ne veux pas dire que nous voulons établir une nouvelle culture, mais nous voulons établir la culture que nous désirons, a expliqué Hughes. Il est l'incarnation parfaite de celle-ci. Je le connais depuis longtemps et j'ai entendu tous ceux qui disaient qu'il ne parviendrait jamais à la LNH.
« Il n'a jamais cessé de leur prouver le contraire. C'est le moment pour notre équipe de montrer au monde du hockey et aux partisans que nous n'allons pas simplement plier bagage. Nous savons que nous ne participerons pas aux séries cette année, mais nous voulons une équipe compétitive.
« Nous voulons une équipe avec une culture forte, et Martin est l'exemple parfait de ce que nous voulons accomplir ici. Pas seulement pour cette saison, mais aussi pour l'avenir. »
Ne lui reste plus qu'à transposer ce qu'il était en mesure d'accomplir et d'incarner sur la patinoire derrière le banc d'une équipe de la LNH. Sur ce point, son expérience se résume à quatre années au sein d'une équipe pee-wee et à une moitié de saison comme consultant avec les Blue Jackets de Columbus.
« Je sais que je n'ai aucune expérience comme entraîneur, a-t-il reconnu. J'en ai beaucoup sur le banc, dans un vestiaire et sur la patinoire. Il n'y a pas un joueur que je ne sais pas comment il se sent. J'ai joué dans les mineures, sur la quatrième et la troisième ligne, sur le top-6 et dans une équipe étoile.
« J'ai le pouls de ce que les gars traversent et je peux les aider. Que ce soit de diriger des adolescents ou des hommes, le hockey c'est le hockey. Il faut gérer les personnalités et les attentes. Je n'ai pas peur de cette marche et je sais que je vais m'améliorer tous les jours. »
Changement nécessaire
Dès son arrivée en poste, le vice-président des opérations hockey Jeff Gorton avait confirmé que l'entraîneur Dominique Ducharme allait au moins terminer la saison derrière le banc. Une affirmation qui avait été réitérée par Hughes lors de sa nomination, il y a quelques semaines.
Or, voyant que les défaites - même les varlopes - s'accumulaient à un rythme effréné, les deux hommes en sont venus à la conclusion qu'un changement était nécessaire.
« Plus ça avançait, et plus notre façon de jouer se détériorait, a plaidé Gorton. Il reste 37 matchs, pas cinq. Il y a beaucoup d'enseignement et de développement à faire sur cette période. On avait décidé récemment que Dominique ne serait pas de retour l'an prochain, alors on voulait profiter des matchs restants pour amorcer le travail. »
St-Louis a rencontré ses ouailles pendant une dizaine de minutes en matinée, et il dirigera son premier match en soirée contre les Capitals de Washington. Il a la ferme intention d'inculquer sa philosophie de fil en aiguille, mais sa première mission sera de raviver la flamme, manifestement éteinte depuis fort longtemps.
« Je devrai les inspirer, les motiver et je crois que c'est l'une de mes forces, a-t-il dit avec aplomb. C'est la LNH, tu dois tout donner chaque soir pour aider l'équipe à gagner. Il faut qu'ils retrouvent l'excitation de jouer au hockey. »
Si l'on se fie à Gorton, ça semble être parti du bon pied.
« Vous auriez eu des frissons si vous aviez entendu son discours aux joueurs, a affirmé le v.-p. hockey. Il dégage une certaine énergie qui se ressent. Il veut ce travail. On dit qu'il est entraîneur par intérim, mais il met tout en jeu. Il a passé sa vie à faire mentir ses détracteurs et les joueurs ont ressenti ça rapidement. »

















