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LAS VEGAS - Il y a quelques mois à peine, William Carrier aurait eu bien du mal à s'imaginer vivre une soirée comme celle qu'il a vécue sur la glace du T-Mobile Arena, mardi.

Blessé au bas du corps au début du mois de mars, les médecins lui avaient dit de faire une croix sur sa saison et de concentrer ses énergies sur sa réadaptation en vue de la prochaine campagne. Au lieu de ça, il a déjoué les pronostics en devançant son retour et il est désormais un champion de la Coupe Stanley.

« C'est beaucoup de travail, a-t-il commenté, à chaud sur la glace. Les gars, on ne le réalise pas encore. On était tellement concentrés jusqu'à la dernière seconde. On va le réaliser quand on va commencer à célébrer. »

Les Golden Knights de Vegas venaient à peine de décrocher le premier championnat dans la jeune histoire de l'équipe à leur deuxième présence en finale, et les membres de la famille de l'attaquant venaient le rejoindre au compte-gouttes sur la patinoire déjà bondée de gens.

« C'est fou, c'est un rêve, a lancé sa mère Marlène Boucher avec de l'émotion dans la voix. Quand il était jeune, le plafond de sa chambre était tapissé des logos de toutes les équipes de la Ligue. Son rêve ultime, c'était la Coupe et ce soir, il l'a.

« La journée que notre gars a été repêché, on savait que c'était la première étape et qu'il y en avait d'autres devant lui. C'est un rêve qui se réalise, il n'y a pas de mots pour décrire ça. »

Parmi ces étapes, il y a bien sûr eu la blessure qui a bien failli mettre un terme à sa campagne, mais aussi une première grande déception, il y a cinq ans presque jour pour jour. Carrier faisait partie des six membres de l'édition originale des Knights qui se sont inclinés contre les Capitals de Washington en finale, en 2018.

Carrier discute du championnat des Golden Knights

« Will a toujours su évoluer année après année, a vanté son père André. Il a été résilient dans tout ça. C'est un gars physique qui brasse et qui se blesse parfois un peu. Mais il continue d'avancer. Le mot résilience, pour se rendre jusque-là, c'est réellement ça qui fait sa force. »

Un geste qui signifie beaucoup

L'entraîneur Bruce Cassidy a d'ailleurs souligné l'apport des membres originaux, mardi, en envoyant Jonathan Marchessault, Reilly Smith, William Karlsson, Brayden McNabb et Shea Theodore sur la glace pour amorcer ce match historique.

Il n'y avait pas de place pour Carrier, qui occupait un rôle plus secondaire lors de cette première année.

« Je me suis excusé à William Carrier puisque j'avais de la place pour un seul ailier gauche, a rigolé le pilote après la rencontre. Mais je trouvais ça cool pour les gars. Ils sont là depuis le début. Ils ont construit la fondation de cette équipe. J'ai beaucoup de respect pour eux. »

Bien humble, l'attaquant montréalais n'en tiendra pas rigueur à son entraîneur. Carrier et ses compagnons de trio Nicolas Roy et Keegan Kolesar sont sautés sur la glace dès la présence suivante, eux qui ont donné le ton à chacun des matchs de cette finale face aux Panthers de la Floride.

« On était proches et on tournait autour du pot depuis quelques années, a souligné Carrier. On l'a finalement eu. J'ai beaucoup de respect pour tous les gars qui étaient ici à l'origine. »