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SUMMERLIN, Nevada - Les joueurs des Golden Knights de Vegas ont déjà joué 103 matchs depuis le début de la saison. Le 104e ne sera pas bien différent des autres, à la seule exception qu'ils auront la chance de terminer la soirée avec la Coupe Stanley au bout des bras. Rien que ça.

Pour le reste, tout sera pareil. Ou presque.

« Ce sont de grosses émotions, a avoué l'attaquant Nicolas Roy. Tu rêves de jouer dans un match comme celui-là, d'avoir la chance de gagner la Coupe. On essaie de rester dans le moment, de se préparer comme si c'était un autre match. Mais on va y penser, c'est sûr. Ça va être difficile de dormir ce soir. »

La troupe de Bruce Cassidy s'est forgé une confortable priorité de 3-1 dans la finale face aux Panthers de la Floride. Elle aura une première occasion de fermer les livres devant ses partisans, lors du cinquième match mardi, pour signer un premier triomphe dans la jeune histoire de la concession.

« Le seul sentiment qu'on a aujourd'hui, c'est qu'on mène 3-1 dans la série, a résumé Jonathan Marchessault. C'est plaisant et c'est un bon 'boost' d'énergie. On est dans une belle situation et on a travaillé fort pour être là. Une fois que c'est dit, il faut aborder le prochain match comme les autres. »

Reste que le contexte est légèrement différent.

Tous les joueurs ont passé la journée de dimanche à trier les demandes de billet sur le volet et à organiser les vols d'avion de leurs proches, qui ne veulent rien rater de l'action. Puis, il y a aussi la pression qui vient avec les attentes désormais bien tangibles des partisans. Eux aussi veulent assister à ce grand moment.

Il fallait les entendre crier « We want the cup! » et « One more win! » pendant l'entraînement des Knights, lundi à Summerlin, pour comprendre qu'ils voient probablement plus loin que les joueurs.

« Depuis le début de la finale, je n'y pense pas, a martelé Marchessault à qui l'on tentait de soutirer un peu d'émotions. Il y a des gens qui sont en ville pour ça, mais ce soir, c'est une soirée comme les autres. Je vais faire un souper avec ma femme et mes enfants. Ça va être ça. C'est un match comme les autres. »

On peut quand même imaginer que le niveau d'excitation et de nervosité grimpera de quelques crans d'ici à ce que le Québécois et ses comparses sautent sur la glace du T-Mobile Arena. À quelques pas de là, les gardiens de la Coupe s'affaireront à la faire reluire pour sa sortie annuelle - juste au cas.

Pour éviter de se perdre dans ces pensées intrusives et ces montagnes russes d'émotions, les joueurs préfèrent se rabattre sur leur routine. Après 103 jours de match, ils commencent à avoir une bonne idée de ce qu'ils doivent faire pour sortir en force et connaître du succès.

« Il y a des gars qui vont se laisser aller dans leurs pensées, mais ce n'est pas mon cas, a expliqué William Carrier. On tombe dans une routine en cours de saison et ça nous fait tous du bien de revenir à ça, sinon on ne sait pas trop comment s'enligner. »

Quand le cadran sonnera, mardi matin, ce pourrait quand même être le début de la journée dont ils rêvent depuis la première fois qu'ils ont enfilé les patins. Il ne faudrait pas perdre ça de vue.

« Les gars vont peut-être plus rêver demain matin en se levant et en se disant que ce soir, on a l'occasion de gagner la Coupe Stanley, a conclu Carrier. Ça va se passer demain matin. »