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MONTRÉAL – Le ton de voix de Brendan Gallagher ne mentait pas. 

Après le match face aux Ducks d’Anaheim, dimanche, le vétéran des Canadiens de Montréal n’en menait pas large devant la meute de journalistes. Il savait bien qu’il serait questionné sur son retranchement de la formation, la veille. 

Certes, il y avait d’une part l’amertume de cette défaite sur un but tardif en troisième période, mais il y avait aussi les sentiments affectés d’un athlète fier qui n’a pas totalement digéré le fait d'être laissé de côté pour la première fois de sa carrière. 

« C’est évidemment une déception quand ton numéro n’est pas appelé, a murmuré Gallagher. C’est une situation que je n’avais jamais vécue, mais j’ai simplement tenté de composer avec ça du mieux que je le pouvais. 

« Je savais que je serais de la formation ce soir, alors je devais me préparer en ce sens. Je ne suis pas fâché. Il n’y a rien que l’on puisse faire quant aux décisions (des entraîneurs). Il faut simplement être professionnel et te préparer pour le moment où ton tour viendra. »

C’est ce qu’il a fait. Gallagher a d’ailleurs mentionné qu’il était resté à l’écart samedi dans l’optique de ne pas nuire à ses coéquipiers. 

« Je voyais que ma situation pouvait devenir une distraction, alors je voulais laisser les gars avoir leur espace, a-t-il expliqué. Je suis ici depuis assez longtemps, j’ai vu d’autres gars passer par là. Comme je l’ai dit, ce n’était pas un bon sentiment de me faire dire que je n’allais pas être en uniforme, mais il faut jouer avec les cartes qu’on te donne. C’était ma situation ce week-end, alors j’ai fait ce que j’ai pu pour être prêt ce soir. »

Gallagher avait vu son temps de glace diminuer dans les derniers matchs. Mercredi, à Ottawa, il n’avait passé que 8:48 sur la glace, son deuxième plus faible total cette saison.

« Si l’entraîneur t’appelle dans son bureau pour avoir une conversation, tu dois simplement accepter la situation, a poursuivi Gallagher. Nous avons tous la responsabilité ici d’être des professionnels. Nous savons ce que ça représente de jouer ici. Ça n’a pas changé. Tu tentes de tirer avantage de chaque occasion qui se présente à toi. Je n’ai pas obtenu cette occasion hier. Alors j’ai tenté de me préparer pour le match d’aujourd’hui. »

Le petit ailier droit n’est pas nécessairement ressorti du lot dimanche, mais il a été fidèle à Brendan Gallagher. Coriace, déterminé, et hargneux autour du filet.

« C’était bien de le revoir. Il fait ses trucs habituels : il travaille fort, il fonce au filet, et j’ai aimé le jeu de son trio, a soulevé le capitaine Nick Suzuki. Ils étaient efficaces. [Gallagher] était affamé ce soir. »

« J’ai trouvé qu’il a travaillé fort, a renchéri l’entraîneur Martin St-Louis. Il a été fidèle à ce que Gally est [sur une patinoire]. Il a été très combatif. »

Dans une équipe poussée par les jeunes, le rôle de Gallagher va inévitablement tendre à diminuer. Mais le vétéran sait ce qu’il peut apporter, et il croit fermement qu’il peut encore avoir un impact à sa façon. 

« Quand je suis en uniforme, je pense que je peux changer l’énergie et le momentum à certains moments dans un match, que ce soit en échec avant ou autour du filet, a-t-il noté. Je dois répéter de bonnes présences en affichant de la constance. 

« J’ai encore confiance en mes moyens pour marquer des buts. Les occasions se feront peut-être plus rares, alors je dois essayer d’avoir un impact sur le match d’une autre façon. »