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BOISBRIAND – Gilles Bouchard nous arrête avant même que l’on ait terminé notre phrase. Il se met à rire, puis répond exactement à la question qu’on allait lui poser. Celle qu’on lui demande assez souvent depuis sa nomination comme entraîneur adjoint de la formation canadienne pour le prochain Mondial junior.

Était-ce dans ses plans de s’impliquer de nouveau avec Hockey Canada quand il a accepté de revenir comme entraîneur-chef dans la LHJMQ, avec le Phoenix de Sherbrooke?

« Non, ce n’était pas prévu, a-t-il amorcé. Je l’avais en tête, mais je n’avais aucune idée de ce qui se passerait. J’avais beaucoup de choses à faire pour repartir mes affaires avec Sherbrooke. Je me concentrais vraiment là-dessus, mais c’est sûr que j’y pensais un peu. »

Après cinq saisons passées comme adjoint à Benoit Groulx avec le Crunch de Syracuse, dans la Ligue américaine, le pilote de 52 ans en avait déjà beaucoup sur la planche. Il voulait d’abord implanter sa philosophie avec le Phoenix, puis se reconnecter au circuit au sein duquel il a œuvré comme entraîneur-chef et directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda de 2013 à 2018.

Or, un appel du commissaire Mario Cecchini a fait tomber un premier domino alors que la saison du Phoenix venait à peine de prendre son envol. Bouchard lui a confirmé son intérêt, puis Scott Salmond – le vice-président des opérations hockey et des équipes nationales – lui lâchait un coup de fil, dès le lendemain.

Le processus de nomination a suivi son cours, et voilà que le natif de Normandin est sur le point de faire ses valises pour le camp de sélection, en banlieue de Toronto, et pour le tournoi qui aura lieu à Göteborg, en Suède. Il épaulera Alan Letang en compagnie des autres adjoints Shaun Clouston et Scott Walker.

« Quand j’ai quitté les Huskies pour aller diriger à Syracuse, on allait me confier les rênes de l’équipe des moins de 18 ans et me nommer adjoint pour le Mondial junior de 2018, a-t-il expliqué. Je ne savais pas si on reprenait à partir de là à mon retour, ou si le processus recommençait. Je ne me suis pas fait d’attentes.

« Ils ont aimé ma manière de fonctionner par le passé et ils ont décidé de me faire confiance. Moi, je laisse aller les choses et je fais confiance au destin. »

Ça lui a manifestement souri. Mais une fois la nomination confirmée, il a fallu se mettre au boulot.

Bouchard s’est envolé vers Calgary à la fin du mois d’octobre pour rencontrer ses homologues et établir les bases avec l’état-major. Puis, dès son retour à Sherbrooke, il s’est mis à éplucher le contenu vidéo qui lui était fourni sur certains joueurs pour se familiariser avec eux et donner ses impressions.

Reconnecter

Cinq ans passés loin des circuits juniors, ce n’est pas une éternité, mais c’est suffisant pour perdre contact avec les joueurs de cette tranche d’âge. Le défi est donc double pour le pilote d’expérience.

« Quand je suis revenu, je ne connaissais plus un gars dans la Q, a-t-il fait valoir. Il a fallu que je m’adapte et que je me familiarise avec la Ligue. Maintenant, je dois faire ça à travers le Canada (rires). Je regarde des clips et j’apprends à les connaître. Ça va se faire progressivement. Ça fait partie du processus. »

Un processus qui s’entame avec un poste d’adjoint, et qui pourrait éventuellement se transformer en des occasions plus importantes. Au sein de Hockey Canada si les choses se déroulent bien, certes, et peut-être aussi à d’autres niveaux.

« Il faut toujours voir ça comme une porte qui peut s’ouvrir, a-t-il conclu. Je ne suis pas le premier à faire un pas en arrière pour revenir dans un rôle d’entraîneur-chef (dans le junior) et j’aime bien ça. Le fait que je suis revenu ne veut pas dire que je ne repartirai pas. Je prends ça une journée à la fois. »