Dunn est devenu l'un des visages de l'organisation du Kraken
Le défenseur a établi un record personnel avec 63 points après avoir changé sa perspective sur le hockey

© Steph Chambers/Getty Images
« Il fait tout pour nous en ce moment », a affirmé l'attaquant Jaden Schwartz, un coéquipier de Dunn dans chacune des six saisons disputées par le défenseur de 26 ans. « Tout le monde à travers la Ligue commence à voir son potentiel et à réaliser à quel point il est bon. J'ai la chance d'en être témoin depuis longtemps. Il est extraordinaire. »
Le Kraken aussi surprend tout le monde. L'équipe tente d'atteindre les séries éliminatoires de la Coupe Stanley à sa deuxième saison. Seattle aura l'occasion de s'approcher de son objectif en accueillant les Coyotes de l'Arizona jeudi (22 h 30 HE; HULU, SN NOW, ESPN+). Le Kraken occupe la première place de quatrième as donnant accès aux séries dans l'Association de l'Ouest, cinq points devant les Jets de Winnipeg et sept points devant les Flames de Calgary.
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Dunn a passé les quatre premières saisons de sa carrière avec les Blues de St. Louis, remportant la Coupe Stanley en 2019 après sa deuxième saison dans la LNH. Deux ans plus tard, les Blues ont choisi de le rendre disponible au repêchage d'expansion.
Seattle a mis le grappin sur lui, et c'est ce qu'il souhaitait. Il se sentait mûr pour un nouveau départ.
« Ça m'a enlevé un poids des épaules », a-t-il dit.
Sa première saison avec le Kraken a été semblable à ses précédentes. Il a égalé son record personnel avec 35 points (sept buts, 28 passes), alors que l'équipe a connu une première campagne décevante.
Mais un déclic s'est produit chez Dunn avant le début de la présente saison. Il refuse d'entrer dans les détails, affirmant que ce n'est « rien de très grave », mais il affirme tout de même qu'un événement a changé sa perspective du hockey, sa façon d'approcher les entraînements et de voir la routine dans la LNH.
« Certaines choses se sont produites en dehors de la patinoire, des situations personnelles, et j'ai réalisé que je suis chanceux de faire ce que je fais », a mentionné Dunn.
Dunn est d'avis qu'il a laissé les mauvais côtés de la vie de joueur de hockey l'atteindre, ce qui nuisait à la carrière pour laquelle il a travaillé si fort. Il s'est fait un devoir de modifier sa perspective, et ça l'a aidé de plusieurs façons différentes.
« J'essaie juste d'être heureux, a affirmé Dunn. J'étais parfois un peu misérable et je ne le réalisais pas. J'étais égoïste. Certains jours, je me disais que je n'avais pas envie de m'entraîner. Mais j'ai réalisé qu'il y a des choses beaucoup plus difficiles dans la vie que se présenter à l'aréna chaque jour et avoir du plaisir à le faire. »
Ceux qui côtoient Dunn ont remarqué un changement cette saison, un désir d'être le joueur qu'il a toujours eu le potentiel de devenir. Il est 10e chez les défenseurs de la LNH avec 63 points (13 buts, 50 mentions d'aide), un sommet en carrière.
« Le mérite va à Vince », a dit le directeur général du Kraken Ron Francis. « Il est arrivé l'an dernier et il n'était peut-être pas là où il aurait dû être. Il y a un processus pour apprendre et pour mériter la confiance des entraîneurs, et aussi pour que ces derniers méritent ta confiance. Je trouve qu'il a travaillé fort pour y arriver.
« Dans le vestiaire et sur la glace, il a été extraordinaire pour nous. Il est un élément important de nos succès cette année. C'est génial de le voir gagner en maturité comme personne et comme joueur sur la glace. »
Dunn s'est aussi fait un devoir d'être reconnaissant pour son travail, ses amis, sa famille, la ville, son équipe et ses coéquipiers. Et ces derniers sont impressionnés par les résultats.
« C'est facile pour les gens de voir ce qu'il fait sur la glace en termes de minutes additionnelles, de jeu responsable en défensive, de production offensive, a mentionné l'entraîneur Dave Hakstol. Mais c'est plus difficile de constater ce qu'il fait à l'arrière-scène avec sa présence, sa capacité à gérer différentes situations, bonnes ou mauvaises, sa capacité à toujours passer au prochain jeu de la bonne façon.
« La confiance de Dunn a vraiment augmenté et il fait sentir sa présence match après match, et ce, sur de longues périodes. »
SEA@SJS: Dunn fait mouche en prolongation
Ce n'est pas comme si les bases n'y étaient pas à St. Louis ou que les Blues ne voyaient pas le potentiel, les habiletés, la vision, la robustesse.
« Je le savais, a dit son ancien coéquipier et bon ami Samuel Blais. J'ai toujours su qu'il avait la capacité de connaître une saison comme celle-là. »
De son côté, Dunn croit que la clé est l'opportunité qu'on lui a donnée et la confiance qu'affiche le Kraken envers lui.
Il a été en mesure de transposer ça sur la glace.
« Je ne pense pas qu'on m'ait vraiment donné ma chance auparavant, j'ai peut-être même évolué dans l'ombre, même quand j'excellais ou que je jouais mieux que d'autres joueurs, a dit Dunn. Je sais que le côté des affaires peut rendre les choses un peu compliquées dans le sport que nous pratiquons et je comprends ça.
« Mais je savais aussi que j'avais encore beaucoup de choses à démontrer. J'ai simplement tenté de tirer avantage de ce qui m'est offert et d'avancer. Il n'y a aucune raison qui ferait que je ne puisse pas continuer de m'améliorer. Je sais que je peux en donner encore plus. »
C'est pourquoi Blais s'empresse de dire à quel point Dunn aime Seattle, à quel point il aimerait signer un nouveau contrat lorsqu'il deviendra joueur autonome avec compensation cet été.
Il gagne en maturité. Il comprend ce dont il a besoin, sur la glace et dans le gym, mentalement, émotionnellement et physiquement. Comme l'a souligné son partenaire en défense Adam Larsson : « Je pense qu'il a amélioré chaque aspect de son jeu cette année. C'est plaisant de le voir grandir, sur la glace comme à l'extérieur. »
Dunn sait maintenant à quel point il peut être bon.
Et à quel point c'est plaisant.
Il sait que rien de tout ça n'était garanti.
« Je suis plutôt chanceux d'avoir tout ce que j'ai dans ma vie, a reconnu Dunn. Il n'y a aucune raison qui fait en sorte que je ne sois pas heureux presque tout le temps. Je sais que tout le monde connaît de mauvaises journées et traverse des périodes difficiles, mais en même temps, je vis mon rêve et je suis très chanceux en ce sens.
« Quand tu aimes ton sport, il te le rend bien en retour. Je crois vraiment en ça. »
\Avec la collaboration des correspondants indépendants de NHL.com Lou Korac et Paul Delos Santos*

















