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GÖTEBORG, Suède – Coiffés minutieusement et armés de leurs plus beaux sourires, les joueurs de la formation canadienne ont foulé la patinoire du Scandinavium de Göteborg, jeudi, pour procéder à la traditionnelle photo d’équipe.

Pour Samuel St-Hilaire, il s’agissait peut-être bien de la seule occasion qu’il aura d’immortaliser sa participation au Championnat mondial junior. Après deux matchs, le gardien québécois n’a toujours pas vu d’action dans le tournoi et rien n’indique qu’il sera utilisé si Mathis Rousseau continue de faire aussi bien. 

Malgré le rôle ingrat qu’il occupe, le Beauceron semblait dans un très bon état d’esprit quand il s’est présenté dans la zone mixte pour discuter avec nous.

« Ça va vraiment bien, a-t-il affirmé d’entrée de jeu. Je n’ai pas encore joué, mais c’est juste de la belle expérience. J’apprends vraiment beaucoup à force de côtoyer tous ces gars-là. Je grandis en tant que personne depuis le début, et ça paraît. C’est juste du positif. »

Plusieurs s’attendaient à le voir affronter la Lettonie, mercredi, puisque Hockey Canada a l’habitude de donner un match contre une équipe plus faible au deuxième gardien en ronde préliminaire. Pour lui permettre de se délier les jambes, d’abord, mais aussi pour lui faire vivre l’expérience complète.

« C’est sûr que j’étais prêt pour un départ, mais je ne me suis pas fait d’attentes, a souligné le principal intéressé. Je me tiens toujours prêt. On ne sait jamais ce qui peut arriver. »

Cette année, l’approche semble différente. On n’a aucune idée des plans du personnel d’entraîneurs pour le reste du tournoi, mais Rousseau a exprimé plusieurs fois son désir de voir beaucoup d’action, question de garder le rythme et de rester dans sa bulle. 

Il sera sans doute encore d’office, vendredi, pour le plus gros test du Canada contre la Suède. Il faudra ensuite voir s’il prendra congé contre l’Allemagne, le 31 décembre, avant d’amorcer la ronde éliminatoire. Mais il y a fort à parier qu’il ne voudra pas être inactif lors des deux jours précédents les quarts de finale.

« C’est de l’expérience, a justifié Rousseau. Ces matchs peuvent sembler moins importants, mais ce sont eux qui te donnent un petit avantage à la fin du tournoi. Je veux le filet. C’est du temps de plus sur la glace, différents scénarios de jeu. Ce sont ces répétitions qui vont payer dans les gros moments. 

« Il y a un respect entre Sam et moi. Si c’était l’inverse, je respecterais Sam de vouloir le filet. Les deux on est compétitifs et on veut jouer. On se respecte et on sait qu’on est tous les deux capables de faire la job. »

Les deux portiers sont d’ailleurs cochambreurs et leur relation semble très amicale pour deux gars qui ne se connaissaient pas, il y a trois semaines à peine. Seul le ménage de leur chambre semble faire défaut.

« On est rendu vraiment de bons amis, on a une bonne chimie et ça fait en sorte qu’on est plus confortables là-dedans, a évoqué St-Hilaire. Mathis fait vraiment bien jusqu’à date et il faut qu’il continue sur sa lancée. Mon travail, c’est de l’appuyer là-dedans et de l’encourager. »

Gars d’équipe

À travers ça, St-Hilaire tente de profiter le plus possible des répétitions dont il bénéficie à l’entraînement – quand il y en a. Il a disputé des moitiés de matchs lors du calendrier préparatoire, mais son dernier vrai départ remonte au 8 décembre, avec le Phoenix de Sherbrooke.

« (L’inactivité) ne change pas grand-chose, a-t-il assuré. Je suis un gardien de caractère, et c’est dans les moments de pression que je suis à mon meilleur. Je suis ici avec le Canada et mon niveau de confiance ne fait que grimper dans les entraînements. Si j’ai un départ, je ne serai pas racké. »

Et pour ce qui est de l’aspect humain, il ne faudrait pas trop s’inquiéter. St-Hilaire savoure l’expérience et la vit avec ses parents, qui ont fait le voyage jusqu’en Suède.

« Sam n’a pas l’air de faire pitié pantoute, a rigolé l’adjoint Gilles Bouchard, qui le dirige à Sherbrooke. Il est de bonne humeur et tout est sous contrôle. On parle d’un gars qui ne pensait même pas être invité au camp et qui est ici parmi les meilleurs gardiens au Canada. Les choses vont quand même bien. »