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Encore quelques jours avant que le Canada n’amorce la deuxième défense de son titre au Championnat mondial junior, à Göteborg, en Suède. Que quelques jours avant le plus beau hockey de l’année!

La troupe unifoliée a eu besoin de la prolongation pour remporter l’or lors des deux dernières éditions, contre la Finlande en 2022 puis face à la Tchéquie en 2023, et la tâche ne s’annonce pas plus facile, cette année. S’ils décrochaient un troisième titre consécutif, ce serait la première fois depuis leur série de cinq triomphes entre 2005 et 2009.

À l’approche du premier match du Canada contre la Finlande, le 26 décembre, plusieurs questions restent en suspens et nous tentons d’y répondre, juste ici.

Qui part favori?

On ne laissera pas planer le suspense bien longtemps : Non, ce n’est pas le Canada.

Nous y reviendrons un peu plus loin, mais la troupe dirigée par Alan Letang n’affiche pas le punch qu’on a l’habitude de voir au sein de cette équipe. Concentrons-nous donc sur les véritables favoris : les États-Unis.

Il est bien difficile de trouver des failles dans cette équipe américaine. Du duo de gardiens, formé par Trey Augustine et Jacob Fowler, à l’attaque, menée par Cutter Gauthier et Will Smith, en passant par la défensive guidée par un certain Lane Hutson, tout semble en place pour une première conquête depuis 2021.

La profondeur de cette formation sera la clé. Inutile de tenter d’identifier le proverbial quatrième trio ou le duo d’arrières plus vulnérable, il n’y en a pas. La route vers l’or n’est pas tout à fait pavée d’avance, mais sur papier, il serait fou de penser que cette équipe ne disputera pas la finale, le 5 janvier.

La Suède pourra-t-elle conjurer le mauvais sort?

Vous l’aurez appris ici : la Suède connaîtra une excellente ronde préliminaire. C’est ce qu’elle fait toujours, ou presque. Elle pourrait même battre le Canada, le 29 décembre, et s’assurer du premier rang du groupe A parce qu’elle a le talent et la profondeur pour le faire, cette année.

Mais il est difficile de faire confiance aux Suédois à ce tournoi – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a préféré favoriser les États-Unis, plus haut.

La Suède a participé à la finale à six occasions au cours des 16 dernières années, et ne l’a emporté qu’une seule fois, en 2012. De 2006 à 2020, l’équipe aux trois couronnes avait pourtant remporté 54 matchs consécutifs dans la ronde préliminaire. Ça s’est rarement traduit en or.

Cette année, les Suédois auront le soutien de la foule – une première depuis 2014. Ils forment une équipe menaçante et comptent sur une brigade défensive qui sera difficile à percer. Voyons voir ce que ça donnera.

Qui se lèvera à l’attaque pour le Canada?

C’est peut-être parce qu’on a pris l’habitude de voir un joueur de la trempe de Connor Bedard mener l’attaque canadienne – il a inscrit neuf buts et récolté 23 points en sept matchs, l’an dernier – mais le groupe de cette année semble manquer légèrement de punch à l’approche du tournoi.

Le prêt de Matthew Poitras par les Bruins de Boston ne fera assurément pas de tort. Le jeune homme a inscrit cinq buts et huit aides à ses 27 premiers matchs dans la grande ligue, alors il devrait être en mesure de se démarquer contre son groupe d’âge.

Pour le reste, il y a du talent, mais aussi plusieurs points d’interrogation. Macklin Celebrini est électrisant, mais il n’a que 17 ans. Matthew Savoie, Jordan Dumais et Easton Cowan ont le potentiel d’allumer une attaque, mais ils ne sont pas les plus imposants. Bref, il y a toujours un « mais ».

Les dirigeants l’ont répété tout au long du camp de sélection, ce sera un travail collectif. Le Canada devra obtenir l’apport de tout un chacun pour espérer prolonger son règne.

Quelle nation a le potentiel de causer la surprise?

La Slovaquie était à un petit but d’ébranler les colonnes du temple quand elle a forcé la tenue de la prolongation contre le Canada, lors des derniers quarts de finale. Son rêve s’était arrêté net quand Connor Bedard a pris les choses en main pour sauver les meubles en supplémentaire.

La formation slovaque a perdu seulement quelques plumes – le défenseur Simon Nemec en tête de lice – depuis le dernier tournoi. Pour le reste, le noyau offensif sera pas mal le même et sera composé de neuf joueurs appartenant à des équipes de la LNH, dont Filip Mesar, des Canadiens de Montréal.

Il ne faudrait pas non plus oublier qu’elle comptera sur Adam Gajan, le gardien par excellence du dernier tournoi. Ce dernier avait maintenu un taux d’efficacité spectaculaire de ,936 en quatre matchs.

Dans un groupe B où la seule grosse puissance sera les États-Unis, la Slovaquie peut aspirer au deuxième rang et obtenir un affrontement favorable en quarts de finale contre l’équipe qui terminera en troisième place du groupe A – potentiellement la Finlande. Tout est donc possible.

À quoi s’attendre de la Finlande?

Avec la Suède, la Finlande risque de présenter l’autre défi du Canada en ronde préliminaire – sans vouloir manquer de respect à l’Allemagne et à la Lettonie. Ce ne sera toutefois pas un défi à la hauteur de celui qu’elle présentait dans les dernières années.

Il y a des absents de marque chez les Finlandais : l’attaquant Joakim Kemmel, qui domine dans la Ligue américaine, ainsi que les défenseurs Aron Kiviharju, l’un des bons espoirs pour le prochain encan de la LNH, et Jesse Nurmi, tous les deux ennuyés par des blessures.

Il reste que cette équipe sera intéressante à observer. Peut-être moins au chapitre des résultats – quoique cette équipe est toujours combative – mais surtout pour ceux qui gardent un œil attentif sur les espoirs admissibles au prochain repêchage.

Konsta Helenius devrait piloter le premier trio, lui qui produit à un train d’enfer dans la Liiga, et qui obtiendra du même coup l’occasion de s’imposer comme l’un des meilleurs espoirs de sa cuvée. Emil Hemming, un imposant attaquant, sera aussi à surveiller.

Quel genre de tournoi connaîtra LE trio américain?

L’amateur moyen ne sait peut-être pas qui l’on désigne avec ces lettres majuscules, mais il y a fort à parier qu’il fera rapidement sa connaissance. Commençons par le début : LE trio américain est composé par Gabriel Perreault, Will Smith et Ryan Leonard – tous des choix de première ronde au dernier encan.

Les trois complices ont été jumelés dès leur arrivée avec l’équipe des moins de 18 ans du programme national de développement de USA Hockey (NTDP). Ils ont terrorisé les gardiens adverses tout au long de la dernière saison, et ont tous décidé de poursuivre l’aventure à Boston College, dans la NCAA, cette année.

On dit souvent que la clé du succès au Mondial junior se trouve dans la capacité d’adaptation rapide des joueurs d’une équipe à leurs nouveaux coéquipiers. Dans ce cas-ci, il ne devrait pas y avoir de problème.

Ils produisent tous à un rythme supérieur à un point par match à leur première campagne dans les rangs universitaires américains, ce qui devrait servir de sérieux avertissement pour les autres nations. À leur première participation au CMJ, ils devraient être en mesure de laisser leur marque.