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CMJ: La fin du conte de fées des Suisses

Après avoir éliminé la Suède, la troupe de Christian Wohlwend repart de Vancouver les mains vides

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

VANCOUVER - N'allez pas dire aux joueurs de l'équipe suisse que le travail acharné peut avoir le dessus sur le talent. Ils risquent de ne plus croire en l'adage.

Comme ce fut le cas tout au long du Championnat mondial junior - à part peut-être un faux pas face à la Finlande en demi-finale - les Suisses ont absolument tout donné, mais n'ont pu venir à bout de la puissante formation de la Russie, s'inclinant 5-2 dans le match pour l'obtention du bronze. 

Après avoir connu un lent début de match au cours duquel elle a dû patienter 8:05 avant de décocher un premier tir au but, la troupe de Christian Wohlwend a retrouvé la même foi qui lui avait permis d'éliminer la Suède en quarts de finale.

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Elle a réduit l'écart à 2-1 puis à 3-2, mais n'a jamais pu créer l'égalité. Après un avantage numérique obtenu en tout début de troisième période et alors que tout semblait pointer vers le but égalisateur, les Russes ont fait 4-2 sur leur premier tir de l'engagement - une échappée de Kirill Slepets.

« On aurait dû gagner, on pouvait gagner », a déclaré le défenseur Simon Le Coultre. « On a commencé le match doucement, mais au deuxième tiers, on a retrouvé le momentum. Le match aurait pu tourner des deux côtés.

« À la fin du premier tiers, on s'est regroupés, on s'est remis ensemble. On s'est dit qu'on jouait pour une médaille. Il fallait tout donner, il fallait être fiers de nous. C'est ce qu'on a su faire, mais ils ont marqué le quatrième et ça nous a coupé les jambes. »

Ce petit regain d'énergie au premier entracte n'est pas venu sans l'aide du fougueux Wohlwend. Le pilote a dû réveiller les siens en élevant légèrement son ton de voix comme on peut l'imaginer.

« L'équipe dormait, a-t-il dit sans détour. Je ne sais pas si nous avions trop de respect envers l'occasion qui se présentait à nous. J'ai dû élever la voix un peu dans le vestiaire et leur donner de l'énergie. Ensuite, nous avons fini par dominer une grande nation de hockey 36-24 aux tirs. »

Le vent a tourné, mais au final, le talent aura eu le dessus. Les Suisses ont travaillé fort, mais ils n'ont pu profiter de trois avantages numériques en troisième - dont un de quatre minutes - pour s'approcher des Russes à nouveau.

« Ils ont de bien meilleurs joueurs que nous », a avancé Wohlwend avec sa franchise habituelle. « Mais nous avons travaillé plus fort qu'eux en deuxième et en troisième. À la fin, tu as besoin de talent pour marquer des buts. Nous en avons inscrit deux, mais ce ne fut pas assez.

« Quand tu n'as pas autant de joueurs qui ont du talent, tu peux mettre Mike Babcock derrière le banc et il ne ferait pas la différence. Les entraîneurs ne font jamais la différence. Jamais, jamais. Les joueurs font la différence, et quand tu veux gagner des matchs, tu as besoin du talent supplémentaire et il doit venir des joueurs. »

Tournoi historique

Même si la Suisse n'a pu repartir de Vancouver avec une première médaille au CMJ depuis 1998, elle peut être fière du parcours qu'elle a connu. Les joueurs n'ont peut-être pas de médailles au cou, mais ils ont gagné le respect des amateurs canadiens, qui les ont soutenus jusqu'au bout.

« Ça reste quand même historique, ce qu'on a réussi à faire », a relativisé l'attaquant Valentin Nussbaumer, auteur d'un but. « On a connu de bons matchs de groupe. Ce match de quart, il restera gravé dans beaucoup de mémoires. Ce n'est pas tous les jours que tu vas éliminer la Suède.

« C'est dommage de finir sur une défaite de 6-1 en demi-finale et sur une autre de 5-2 dans le match pour le bronze. Aujourd'hui, les émotions seront hautes, mais demain avec du recul, on ne sera pas contents, mais ce sera quelque chose d'historique. »

Les joueurs auront une dernière rencontre d'équipe avant que tout le monde reparte de son côté pour conclure sa saison respective. Ils ne le réalisent pas pour le moment, mais la prestation qu'ils ont livrée a envoyé un message fort aux autres nations. La Suisse n'est plus très loin derrière.

« C'est dur de se quitter sur une fin comme ça, a dit Nussbaumer. Si on avait gagné, ç'aurait été une fin parfaite. On aurait sûrement fêté ce soir. C'est sûr que ça va laisser quelques traces. Je pense qu'on a quand même fait un sacré tournoi.

« On avait une belle ambiance d'équipe cette année, on avait beaucoup de sérieux et d'envie de bien faire. »

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