L'attaquant a beau être dans la fleur de l'âge à 18 ans, on a notre petite idée sur la raison qui explique que ses jambes soient un peu plus lourdes après les trois premiers matchs des siens au Championnat mondial junior.
Comme l'Allemagne a été jusqu'ici limitée à neuf attaquants et seulement 14 patineurs en raison d'une éclosion de COVID-19, Stuetzle ne réchauffe pas souvent le banc des siens. Il a enregistré un sommet personnel contre la Slovaquie, mais il avait déjà beaucoup joué contre la Finlande (26:01) et face au Canada (22:12). Son équipe ne peut tout simplement pas se passer de lui.
« Stuetzle est tellement rapide et habile avec la rondelle et il voit bien le jeu, a vanté son coéquipier Florian Elias. Chaque fois qu'il a la rondelle, on sait qu'il nous a vus et qu'il peut nous refiler la rondelle. J'apprends beaucoup de lui, sur la patinoire et dans le vestiaire. Il est discret, mais il tire tout le monde vers le haut. »
Tout ça alors qu'il n'avait pas disputé de match depuis le mois de mars, qu'il revenait d'une opération à la main et d'une quarantaine de 11 jours dans sa chambre d'hôtel à Edmonton. Pas exactement le scénario de rêve. Le troisième choix au total du dernier encan de la LNH a tout de même déjà cinq points, dont trois buts, au compteur.
« Tout le monde sait que de s'entraîner dans une chambre d'hôtel n'est pas la même chose que de se préparer sur la patinoire, a-t-il fait valoir. Mais je crois que nous nous en sommes tirés assez bien parce que tous les gars ont pris leur entraînement au sérieux et que nous avons adopté une attitude positive. »
Et ça paie. Malgré le virus qui l'a frappée de plein fouet, une raclée de 16-2 aux mains du Canada et la surutilisation de ses meilleurs éléments, la troupe de Tobias Abstreiter peut encore espérer terminer au troisième rang du groupe A et atteindre les quarts de finale - un objectif qui semblait hors de portée, il y a quelques jours à peine.
Sans l'apport de Stuetzle, l'Allemagne se préparerait sans doute déjà à disputer la ronde de relégation. Parce que s'il avait fait écarquiller les yeux, l'an dernier, il ne fait qu'en rajouter une couche, cette année. Cette fois avec l'étiquette de troisième choix au total et les attentes qui y sont reliées.
Ça ne le dérange visiblement pas.
« J'ai toujours aimé jouer avec de la pression, donc ce n'est pas une grosse affaire, a-t-il rétorqué. C'était la même chose l'année dernière parce que je voulais être repêché le plus rapidement possible. J'aime jouer souvent et qu'on me fasse confiance dans les dernières minutes ou en prolongation. C'est ce qui me motive chaque match. »
Bonne préparation
Le charismatique Allemand a encore du pain sur la planche au CMJ avant de pouvoir se concentrer sur la prochaine étape de sa carrière, mais il est assez clair qu'il vit des moments enivrants. Outre ses succès sur la glace, il vient de s'entendre avec les Sénateurs pour trois ans, et il est à quelques jours de faire ses débuts dans la LNH.
Plus gros, plus rapide et plus puissant grâce aux nombreuses heures qu'il a passées à pousser de la fonte pendant la pandémie, Stuetzle a bien confiance de se présenter à Ottawa avec l'étoffe d'un joueur prêt à laisser sa marque.