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MONTRÉAL – La première réponse de Lindy Ruff a donné le ton à un point de presse aussi succinct que divertissant, à quelques heures du quatrième match de la série face aux Canadiens de Montréal, mardi.

« Comment tu sais qu’il joue? », a rétorqué l’entraîneur des Sabres, l’air sévère, à un confrère de Buffalo qui a eu l’audace de lui poser une question sur le potentiel apport du défenseur Luke Schenn.

Certains pourraient arguer – avec raison – que les journalistes sportifs ne sont pas toujours les plus perspicaces. Mais dans ce cas précis, il n’était pas nécessaire d’être le 'pogo' le plus dégelé de la boîte pour récolter les indices quant aux éventuels changements à la formation des Sabres tout au long de la matinée, au Centre Bell.

En retard 2-1 dans la série, et dominé 11-3 dans les deux derniers matchs, Ruff devait faire un peu de jonglerie.

À l’entraînement, Ukko-Pekka Luukkonen occupait le filet du partant pendant qu’Alex Lyon et Colten Ellis se partageaient la tâche à l’autre bout de la patinoire. L’attaquant Konsta Helenius avait pris la place de Sam Carrick sur un trio, et Schenn remplaçait Logan Stanley sur le troisième duo de défenseurs.

Déjà à ce moment, la situation était assez claire. Comme si ce n’était pas assez, les trois ont discuté avec les médias à leur sortie de la patinoire, confirmant tous, à mots à peine couverts, qu’ils joueraient en soirée.

S’il s’agissait d’une grande mise en scène pour garder le secret, elle avait été savamment orchestrée.

« C’est le moment de l’année où la victoire est la seule chose qui importe, alors je suis excité de jouer, a commenté Luukkonen. […] C’est tout un aréna où jouer. Je vais tenter de me nourrir de l’énergie de la foule. »

Le portier finlandais en sera à son troisième départ du tournoi printanier, lui qui a dû céder son poste à Lyon dès le deuxième match de la série de premier tour contre les Bruins de Boston. Luukkonen a concédé sept buts sur 40 tirs en deux matchs à ce jour, et n’a pas joué depuis le 21 avril.

Reste que Lyon maintient une moyenne de buts alloués de 3,74 et un taux d’efficacité de ,879 en trois matchs face au CH. Il était peut-être temps d’essayer une autre formule.

« C’est ce qu’on est comme équipe, a simplement dit Ruff au sujet de l’alternance entre ses gardiens. C’est ce qu’on a fait tout au long de la saison. » 

On ne sait trop quelle mouche a piqué l’entraîneur des Sabres, mais il semble avoir la mèche courte depuis la défaite de 6-2 subie au dernier match. Si son vis-à-vis Martin St-Louis aime philosopher après les revers des siens en séries, Ruff rumine manifestement les mêmes sentiments.

Même les collègues de Buffalo étaient un peu surpris d’obtenir aussi peu de collaboration de sa part, qualifiant sa réaction de « bizarre ».

Quand on lui a demandé ce qu’il a vu de Schenn, qui attend son tour depuis le 15 avril : « C’est un gars qui a essayé de rester prêt à jouer », a répondu Ruff.

Au sujet d’Helenius, qui disputera son 10e match dans la LNH – son tout premier en séries : « C’est un jeune talentueux qui nous a aidés à générer de l’attaque. »

Et finalement, sur l’esprit du groupe à l’approche d’un match pivot.

« L’ambiance est géniale. L’ambiance est géniale, a-t-il martelé sans l’ombre d’un sourire. On a été mis au défi toute l’année. C’est un autre défi. On sait qu’on n’a pas joué notre meilleur match. On sait qu’on doit jouer notre meilleur match, ce soir. »

Au bout de trois minutes et 40 secondes, la séance de questions-réponses était terminée.