MONTRÉAL – Même s’ils avaient voulu faire croire que l’écrasante défaite subie la veille était loin derrière eux, ou déjà oubliée, les représentants des Sabres de Buffalo auraient eu toute la misère du monde à aligner leur langage corporel avec leurs pensées, lundi matin.
Le revers de 6-2 encaissé aux mains des Canadiens au Centre Bell, dimanche, a visiblement laissé des traces qui prendront plus de 12 heures avant de s’effacer.
« Je ne crois pas qu’on veuille oublier le sentiment qui nous habitait hier soir », a lancé l’attaquant Alex Tuch, sans l’ombre d’un sourire dans une somptueuse salle d’hôtel du centre-ville de Montréal. « C’était assurément mon pire match défensif des séries. Je n’oublierai pas ça.
« Mais on tire seulement de l’arrière 2-1 dans la série. Il faut sortir en force (mardi). Il n’y a pas d’excuses. On doit simplement être bien meilleurs. »
Tuch n’est pas le seul dans cette situation. On pourrait commencer à faire la nomenclature des joueurs qui en arrachent chez les Sabres depuis deux rencontres – le Tricolore a dominé 11-3 à la marque – mais on dira plus simplement que la majorité de l’équipe peut faire mieux.
L’entraîneur Lindy Ruff a d’ailleurs profité d’une porte ouverte par un éminent collègue par rapport au rendement du gardien Alex Lyon pour y mettre son pied avec fracas.
« Je maintiens ce que j’ai dit (après le match) : Alex n’avait rien à voir avec cette défaite, a amorcé le vétéran pilote. Il a fait plusieurs bons arrêts, dont certains à bout portant. J’aurais aimé pouvoir changer quelques attaquants et quelques défenseurs pendant le match, mais je n’ai pas cette option. »
On peut donc penser que Lyon sera renvoyé dans la gueule du loup, même s’il affiche une moyenne de buts alloués de 3,74 et un taux d’efficacité de ,879 depuis le début de la série face au CH. À la lumière des propos de Ruff, il y aura probablement des changements à l’effectif, mais les Sabres semblent convaincus que la réponse se trouve à l’interne.
Ils ont évidemment parlé de resserrer le jeu défensif devant Lyon, de faire preuve de plus de discipline et de revenir à leur style de jeu. Étonnamment, Tuch s’est aventuré sur un terrain plus glissant.
« On s’inflige en grande partie nos problèmes, a-t-il amorcé. Ce sont nos décisions, notre désir (de gagner) et notre niveau de compétition qui ont fait défaut. On doit tous se regarder dans le miroir et revenir au style de jeu que nous pouvons jouer, et qui nous a permis de connaître du succès. »
Mais comment une équipe qui a attendu 15 ans pour revenir en séries, qui est désormais au deuxième tour et qui joue dans une ambiance aussi électrisante que celle du Centre Bell, peut-elle avoir un manque au chapitre du niveau de compétition à ce temps-ci de l’année?
« Ça ne devrait pas être le cas. Ça ne devrait pas, a répliqué Tuch, qui a pris le blâme pour son mauvais repli défensif sur le but de Zachary Bolduc. L’enjeu est grand, et parfois la frustration prend le dessus. Comme je l’ai dit, on doit se regarder dans le miroir, sauter sur la glace et travailler plus fort. »


















