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Changement de rôle pour Maxim Lapierre

L'ancien attaquant de la LNH retrouve ses instincts offensifs avec le HC Lugano dans la Ligue nationale suisse

par Jean-François Giguère / Collaborateur LNH.com

Maxim Lapierre a toujours été reconnu comme une petite peste sur la patinoire. C'est ce qui lui a permis de percer dans la LNH et c'est aussi ce qui lui a ouvert des portes en Europe, d'abord en Suède, puis en Suisse, où il est installé depuis trois ans. Or, dans une ligue axée sur le jeu offensif comme la Ligue nationale suisse, Lapierre a décidé de se taire et de se laisser aller à l'attaque.

« Cette année, je pense que je n'ai parlé à personne sur la glace », a-t-il lancé lors d'un entretien avec LNH.com. « Plus je joue, plus je retrouve mes qualités offensives que j'avais mises dans le placard pendant mes années dans la LNH. »

À son arrivée en Suisse, Lapierre a vécu un certain choc. Le style de hockey pratiqué en Suède, où il a joué avec le MODO en 2015-16, se rapproche plus de ce qu'on connaît en Amérique du Nord avec des plans de match et des systèmes rigides. Quant au hockey suisse, il est basé davantage sur l'instinct et la rapidité.

« Ça donne des matchs spectaculaires, ouverts des deux côtés […] avec de bonnes foules dans de beaux arénas. J'ai été agréablement surpris quand je suis arrivé ici », a-t-il poursuivi.

La Ligue nationale suisse, qui compte 12 équipes, est la ligue qui attire les plus grandes foules en Europe depuis cinq ans. C'est d'ailleurs là que l'on retrouve la seule équipe à attirer plus de 16 000 spectateurs par match en dehors de la LNH. En 2016-17, le SC Berne a pu compter sur l'appui de 16 399 partisans par partie.

L'ambiance pendant les rencontres est comparable à celle que l'on retrouve dans les grands stades européens lors de matchs de soccer. Les gens chantent pendant toute la partie et agitent des drapeaux. Lapierre souligne que lorsque l'équipe va bien, cela crée une ambiance extraordinaire dans toute la ville, mais quand les choses vont moins bien, les partisans ne se gênent pas pour le dire aux joueurs.

Et les rivalités sont intenses. Lapierre défend les couleurs du HC Lugano, un club de la région italophone de la Suisse, depuis 2015-16 et selon lui, la rivalité entre Lugano et le HC Ambri-Piotta, l'autre club de cette même région, dépasse les grandes rivalités que l'on trouve chez nous.

« C'est un peu plus agressif [qu'en Amérique du Nord]. Ça se chamaille beaucoup dans les estrades. On a besoin de l'escouade antiémeute lors des matchs. Les gens prennent vraiment ça à cœur », a-t-il déclaré.

Le HC Lugano et Lapierre connaissent une bonne saison jusqu'à présent. L'équipe occupe le troisième rang de la ligue et Lapierre a inscrit 8 buts et 19 points en 23 parties, confirmant ainsi son regain de vie à l'attaque. 

Lapierre reconnaît que les attentes sont toujours élevées à Lugano, et que la lutte se fait souvent avec les mêmes organisations d'envergure, notamment celles de Zürich et de Berne.

Le hockey suisse en pleine progression

La Suisse progresse constamment sur la scène internationale et cela se reflète également dans la LNH, où les joueurs suisses sont de plus en plus nombreux. Lapierre croit que le système suisse plus axé sur le développement que sur les résultats est à l'origine de cette progression. 

De plus, chaque club possède son académie. Les jeunes se développent ensemble et quand ils arrivent dans les rangs supérieurs, ils sont déjà habitués à jouer ensemble depuis plusieurs années.

 « Dès le novice, [les jeunes] ont le même chandail et les mêmes entraîneurs jusque dans le junior, a expliqué Lapierre. Ici, on veut faire jouer le plus d'enfants possible à un jeune âge sans les mettre immédiatement dans une catégorie. On les laisse jouer entre eux. Sans enlever l'aspect compétitif, […] on donne la chance à tout le monde de faire ses preuves. » 

On ne pourrait pas parler du hockey en Suisse sans mentionner la Coupe Spengler. Relativement peu connue de ce côté-ci de l'Atlantique, il s'agit de la plus ancienne compétition internationale entre clubs de hockey après la Coupe Stanley. Elle se déroule chaque année entre Noël et le Jour de l'an à Davos. C'est d'ailleurs le HC Davos, l'équipe qui a remporté le plus de titres dans l'histoire de la Ligue nationale suisse et de la Coupe Spengler, qui invite les cinq autres clubs qui y participent. Le Canada y est représenté par une équipe formée des meilleurs joueurs canadiens évoluant en Europe.

« C'est une fierté en Suisse, mais c'est surtout un événement pour la famille pendant le temps des Fêtes. […] Ça commence comme un tournoi amical, mais après quelques matchs, ça devient plus sérieux. Le niveau monte et c'est un bon calibre de jeu », a révélé Lapierre.

Qualité de vie et stabilité

Grâce à ses paysages alpins à couper le souffle et à sa situation centrale en Europe, la Suisse offre une qualité de vie exceptionnelle. Avec un calendrier régulier de 50 matchs dans un aussi petit pays, le rythme de vie des joueurs de hockey y est également beaucoup moins intense qu'en Amérique du Nord.

Les équipes s'entraînent pendant toute la semaine, du lundi au vendredi, puis elles disputent la majorité de leurs matchs le vendredi et le samedi. 

« On est pratiquement toujours à la maison, a mentionné Lapierre. Le plus long voyage, c'est Lugano-Genève qui dure six heures en autobus et on le fait la journée du match. Je dors donc chez moi tous les soirs, et je vois mes filles tous les matins. »

Puisqu'il a déjà goûté au hockey en Suède, est-ce que Lapierre pourrait être tenté par une nouvelle aventure ailleurs en Europe ou dans la KHL dans un avenir rapproché?

« La raison pour laquelle je suis venu en Suisse, c'est pour la stabilité. J'avais des options pour aller en KHL, mais avec mes deux filles, c'était le temps d'avoir un horaire stable. Mon objectif est de rester à Lugano le plus longtemps possible. Si un jour on ne veut plus de moi ici, ce sera à moi de décider si je reviens à la maison ou si je continue un peu ailleurs », a-t-il conclu. 

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