MONTRÉAL – « Non, je ne suis pas un héros. Je suis juste moi. Je suis juste un bouffon de gardien (goofy goalie) qui veut arrêter des rondelles. »
Encerclé par une dizaine de journalistes dans le vestiaire après ce gain de 6-2 contre les Sabres de Buffalo dimanche soir au Centre Bell, Jakub Dobes a rejeté l’hypothèse du collègue de NHL.com, Mike Zeisberger, qui lui demandait s’il avait le sentiment de se transformer en une sorte de héros culte à Montréal, une ville riche en bons gardiens.
« Vous pouvez me faire confiance. Je ne me considère pas comme un héros, a dit Dobes dans sa même envolée. Je retournerai à la maison ce soir. Je mangerai, je regarderai Games of Thrones et j’irai me coucher. Il n’y a rien d’héroïque dans cette routine. Quand c’est le temps de faire mon boulot, je ferai tout pour aider mon équipe à gagner. Je veux rendre cette franchise fière et nos partisans aussi. »
Dans ce troisième match contre les Sabres, Dobes n’a pas juste bloqué des rondelles (26 arrêts). Le Tchèque de 24 ans a résisté à une charge peu subtile de l’ailier Beck Malenstyn à mi-chemin en deuxième période et il s’est dressé comme un mur lors d’un désavantage numérique en troisième période à un moment où les Sabres cherchaient à revenir dans le coup.
En fin de match, après une mêlée entre Kaiden Guhle, Zachary Bolduc, Logan Stanley et Zach Benson, Dobes a absorbé une grande dose d’amour du public montréalais. Durant une pause publicitaire, un partisan a brandi un panneau rouge d’arrêt avec le nom de Dobes écrit en blanc. C’était un clin d’œil au printemps Halak de 2010.
Dobes a levé les yeux vers l’écran géant, apercevant la pancarte. Son sourire, qui se dégageait derrière son masque, a ensuite illuminé l’amphithéâtre. Il avait le même sourire lors de son entrevue d’après match au centre de la glace où il n’arrivait pas à répondre aux questions d’Élizabeth Rancourt puisque les partisans n’arrêtaient pas de hurler des « Doby, Doby, Doby. »
« C’est tellement agréable », a dit Dobes sur la réaction de la foule à son endroit. « Je suis juste content de voir que nos partisans ont du plaisir, tout comme nous. Je n’ai pas à me plaindre. Tout est bien. Nous devons maintenant relaxer ce soir et demain. Mais les Sabres reviendront plus forts au prochain match. Ils ont une bonne équipe. »
Dans toute cette folie de l’ambiance des séries à Montréal, Dobes garde son calme. Il a gagné au premier tour contre Andrei Vasilevskiy, l’un des meilleurs gardiens de sa génération, et il domine sa confrontation contre Alex Lyon après trois matchs au troisième tour.
« Dobes fait le travail, a affirmé Martin St-Louis. Ça ne me dérange pas ce qu’il fait entre les sifflets. Vous voyez plus d’affaires que moi à ce sujet! »
Après un sifflet, celui suivant le but de Juraj Slafkovsky lors de la punition à Malenstyn, Dobes a patiné en direction du banc des Sabres pour glisser quelques mots doux à des rivaux. Cette réaction spontanée n’a jamais sorti le numéro 75 de sa bulle.


















