« C’est évidemment une pilule difficile à avaler, mais nous avons tout de même la chance de gagner une médaille, a dit Martone, les yeux humides. Ce n’est pas du tout celle que nous voulions, mais nous devons nous lever et nous battre pour le bronze. »
Tij Iginla, en première période, et Zayne Parekh, en deuxième, ont inscrit les deux premiers buts des Canadiens sur le jeu de puissance. Cole Reschny a créé l’égalité 3-3 en début de troisième, une marque qui n’a tenu que 6:50 avant que la rencontre ne dégénère avec une avalanche de buts.
La formation unifoliée n’a en fait eu les devants que pendant 1:42 dans le match, tout ça au premier vingt. Chaque fois qu’elle montrait un signe de vie, les Tchèques remettaient leurs bottes de travail.
« Ils ont joué avec plus d’ardeur que nous pendant tout le match, a reconnu l’attaquant Michael Misa. Ils ont travaillé plus fort que nous. C’est simple comme ça. Il n’y a rien de plus à dire. »
Maxmilian Curran, Adam Titlbach et Adam Benak ont marqué les autres buts tchèques, qui ont dominé le match grâce à un échec avant soutenu, de la robustesse et du jeu défensif très solide. Le gardien Michal Orsulak s’est aussi distingué à quelques reprises – il a fait face à 24 lancers.
Devant la cage du Canada pour un deuxième match de suite, Jack Ivankovic a permis aux siens de rester dans le match pendant qu’ils cherchaient leurs repères, notamment lors d’une première très compliquée. Il a conclu sa soirée de travail avec 31 arrêts, dont 17 en troisième.
La troupe de Dale Hunter a dû se débrouiller sans les services de Brady Martin à partir de la fin de la première période quand ce dernier s’est blessé à l’épaule en frappant le gros défenseur Matyas Man. L’espoir des Predators de Nashville était la bougie d’allumage des siens depuis le début du tournoi.
« Ça fait mal de perdre un attaquant top-6 », a souligné Hunter, qui avait opté pour une formation à 12 attaquants et huit défenseurs. « Mais nous avions tout de même une excellente profondeur pour le remplacer. »
Il faudra voir s’il sera en mesure d’aider les siens, lundi, dans le match pour le bronze. On peut en douter.
Des occasions à revendre
Même s’il a eu toute la misère du monde à générer des chances en attaque à forces égales, le Canada a vu la porte s’ouvrir à plusieurs reprises en deuxième période, et il en a profité avec trop de parcimonie.
Il n’a inscrit qu’un but, celui de Parekh, lors d’un 5-contre-3 de 1:39 au cours duquel il a passé la majorité de son temps en territoire tchèque. Il faut dire que Michael Hage a touché deux fois le poteau pendant ce jeu de puissance, avant de voir la porte s’ouvrir bien grande.
L’espoir des Canadiens de Montréal a eu non pas une, mais deux chances de marquer sur un tir de pénalité qui lui a été octroyé alors qu’il restait un peu moins de deux minutes à faire à la période médiane. Il aurait à ce moment pu procurer aux siens une avance de 3-2.
Il a d’abord été enfargé par le gardien Orsulak à sa première tentative, et les officiels lui ont donné une deuxième chance. Il a tenté exactement la même feinte, sans même parvenir à tirer.
« Sur la première tentative, j’avais un filet désert et il m’a fait trébucher, a plaidé Hage. J’ai trouvé qu’il avait tellement mordu que je devais essayer la même chose. Il l’a bien lu, la deuxième fois. »
Ç’aura pris 73 secondes après ces chances en or pour que les Tchèques, galvanisés, reprennent les devants avec 42,8 secondes à écouler à la période médiane par l’entremise de Benak.
« Ç’a été un moment très difficile pour nous, a conclu Augusta. Il y en a eu plusieurs dans le match, où l’on croyait que la victoire nous échappait. Mais chaque fois, les gars ont gardé la même énergie et sont retournés au travail comme si rien n’était arrivé. Ç’a été un tournant. »